Elsa

Un certain temps, des lustres, des années lumières pour Elsa qu’on avait plus entendu sur une platine depuis 1996. Un bébé, quelques téléfilms, une rupture et un procès avec son ex-maison de disques plus tard, revoici donc mademoiselle Elsa avec un nouvel opus De lave et de sève. Plus la gentille «petite» Elsa comme le désigne l’imagerie populaire, mais une chanteuse qui compte bien renaître - comme le phénix - de la poussière de lave qu’elle laisse derrière elle.

De lave et de sève

Un certain temps, des lustres, des années lumières pour Elsa qu’on avait plus entendu sur une platine depuis 1996. Un bébé, quelques téléfilms, une rupture et un procès avec son ex-maison de disques plus tard, revoici donc mademoiselle Elsa avec un nouvel opus De lave et de sève. Plus la gentille «petite» Elsa comme le désigne l’imagerie populaire, mais une chanteuse qui compte bien renaître - comme le phénix - de la poussière de lave qu’elle laisse derrière elle.

Qu’est ce que cela vous fait d’être considéré encore comme la «Petite Elsa» à trente ans passé ?
(rires) D’abord, je crois que c’est très affectueux de la part de ceux qui me surnomment ainsi. Ensuite, je pense que les gens ne m’ont pas vu depuis longtemps et que, peut-être, en me voyant maintenant, ils n’auront plus cette image. C’est vrai qu’ils se sont arrêtés à cette figure d’adolescente et qu’après, il y a une sorte de flou. Pour ma part, il y a eu une envie de faire un break. Ce qui serait plus embêtant, c’est qu’aujourd’hui, en faisant un nouveau disque, j’ai toujours cette image. Là, il y aurait un problème. Mais rester dans le souvenir des gens après tant d’années, cela est énorme. Maintenant, je n’ai pas à me justifier du fait que j’ai grandi et changé, je crois que cela se voit.

Cette volonté de break avec la musique a été prolongée par vos démêlés avec votre ancienne maison de disque avec laquelle vous étiez en procès.
Quand on est pris dans un engrenage de procédure, on perd de son influx, de sa motivation, il m’est arrivé à un certain moment, de ne plus avoir envie de revenir à la musique. Quand ce n’est pas de son propre fait, c’est encore plus difficile à vivre, à accepter. J’étais extrêmement préoccupée par ces histoires et leur issue. On laisse pourrir le projet que tu apportes. On est considéré comme un produit et juste comme un produit. Il n’est pas question d’artistes et à la limite, il n’est même plus question simplement d’être humain. Je me suis même demandé si je n’allais pas arrêter et je me suis dit «Mais merde, je ne vais quand même pas abonder dans leur sens et me dire qu’ils m’auront foutu ma vie en l’air!». La maison de disques avec laquelle j’étais en procès avait viré Indochine, Marc Lavoine… et donc je me suis dit rétrospectivement que j’avais eu raison de m’entêter.

N’avez vous pas été tenté de vous réfugier dans le septième art ?
Dans le milieu du cinéma, ce n’est pas mieux parce que ce sont de plus en plus les télés qui financent les films et qui décident. S’il n’y a pas les têtes d’affiches qu’elles souhaitent, le projet ne se fait pas… C’est aussi dur… peut-être même plus dur en ce moment dans le cinéma que dans la musique.

Parlez-nous de vos collaborations sur cet album. Elles sont nombreuses. Franck Pilant comme chef d’orchestre parce que j’adore Aston Villa. Asher Ash, un auteur avec lequel j’avais travaillé sur mon précédent projet avorté et avec qui j’avais vraiment envie de continuer. Benjamin Biolay qui m’a apporté deux chansons Mon amour et Ne dis pas que tu m’aimes que j’ai tout de suite trouvé très bien. Et puis Etienne (Daho) avec lequel je chante L’or et la poussière. Etienne, c’est surtout quelqu’un que j’aime humainement et artistiquement. Je me retrouve pleinement dans ce qu’il fait, dans son écriture. C’est un être tellement doux. Il est la générosité même, il est fin, élégant.

Daho, c’est l’ancienne génération, maintenant. Biolay, la nouvelle vague. Que pensez vous de cette nouvelle vague de la chanson française ?
Je ne sais pas ce que c’est que la nouvelle vague. Aujourd’hui il y a tellement des choses différentes entre Overhead, Mickey 3D, Carla Bruni, Bénabar… où est la nouvelle vague ?
Moi, à la maison quand j’écoute de la musique, je vais plutôt vers le rock, mais pas français. Coldplay Radiohead, Joseph Arthur, Lénine. La musique française, je ne suis pas très fan. J’aime bien M pour ses influences anglo-saxonnes et Aston bien sûr.

Les Star Academy et Pop Star, vous êtes fans ?
Je trouve cela très légitime - quand on a envie de faire ce métier et sachant la difficulté que cela représente - de vouloir tenter sa chance dans ces émissions. Maintenant, c’est le système que je déplore. La manière de faire de la télé… C’est très difficile quand on a eu une période de gloire d’être lâché dans la nature. La descente peut être très violente et l’on ne les y prépare pas forcément. Il ne suffit pas de chanter les chansons des autres dans un château. Ça tout le monde peut le faire.
Je regrette surtout qu’il n’y ait plus d’émissions de variétés à la télé. Toutes les émissions où les artistes pouvaient vraiment s’exprimer, apparemment, n’intéressent plus. C’est fini le temps des Tararata…On dit que cela n’intéresse pas les gens. Faut voir…

Elsa De lave et de sève (Mercury / Universal) 2004