La pop à la fraçaise de Vendetta

Obstinés les Vendetta ! Douze ans à "galérer" de caves en scènes. Il en aura fallu de la volonté à Sylvie Hoarau et à ses acolytes pour arriver à sortir ce premier album, Drôle d’idée. Les quatre Caennais dans le vent sont-ils le renouveau de la pop hexagonale ? Comme pour Dolly, Superbus ou Autour de Lucie, c’est une jolie fille qui est à la barre.

Sylvie et les garçons

Obstinés les Vendetta ! Douze ans à "galérer" de caves en scènes. Il en aura fallu de la volonté à Sylvie Hoarau et à ses acolytes pour arriver à sortir ce premier album, Drôle d’idée. Les quatre Caennais dans le vent sont-ils le renouveau de la pop hexagonale ? Comme pour Dolly, Superbus ou Autour de Lucie, c’est une jolie fille qui est à la barre.

Après French Kiss, leur premier baiser sucré-salé qui les fit repérer sur les ondes FM, les Vendetta nous emmènent cet été à La plage, titre sur lequel l’incontournable Calogero vient épauler le combo. Repéré l’an passé en première partie de Zazie, Vendetta aspire à être le réveil d’une certaine idée de la pop à la française. Pop dans le sens où ils cisèlent des chansons accessibles à tous, rock dans leur attitude d’aventuriers.
Un groupe où les trois garçons, Jérôme Maklès -basse-, Stéphane Dorey -guitare- et Grégory Maume –batterie-, épaulent la chanteuse Sylvie Hoarau, nouvelle égérie pop, qui écrit les textes comme des carnets intimes. Douze ans à trimer sur les scènes hexagonales, écumant les tremplins rock*, ça forge le caractère. D’abord pour le plaisir de jouer, puis pour tenter de se faire remarquer. Une persévérance qui finira par payer - fait rarissime - au bout de trois albums autoproduits. Un maxi sorti à l’automne dernier, l’album au printemps, duquel émerge également Viens, un duo avec le voisin montmartrois de la miss, Arthur H, qu’elle croisait dans les ruelles de la Butte sans trop oser l’aborder. Une rencontre entre la belle et la "bête" enregistrée dans l’ancien temple bouddhiste où habite Arthur. Drôle de lieu pour une drôle de rencontre.

Vendetta, c’est un drôle de nom pour un groupe. Drôle d’idée, n’est-ce pas un drôle de titre pour un premier album?
Vendetta, c’était le titre d’une de nos chansons. Cela peut paraître surprenant comme nom de groupe. En fait, c’est une chanson où je disais "Tu vas goûter ma vendetta, tu m’as laissé tomber comme une pauvre fille, et maintenant je vais me venger".Nous nous appelions Topaze à nos débuts, un mot qu’on avait trouvé au hasard du dictionnaire. Mais on ne le trouvait pas assez accrocheur. On avait cette chanson qui s’appelait Vendetta, et quand un journaliste a annoncé le groupe Vendetta avec le titre Topaze, on s’est dit: "Finalement, c’est pas mal comme idée. Cela fait six mois qu’on est à Paris, personne ne nous connaît. Si on changeait le nom du groupe". Et ce nom nous correspondait bien, avec ce côté obtus, têtu.
Drôle d’idée, le titre de l’album sous-entend que nous sommes un drôle de groupe. On a une histoire un peu particulière, avec Stéphane, le guitariste avec qui j’ai vécu six ans. C’est lui qui m’a mis à la musique, qui m’a dit à la maison: "Tu vas chanter". Et de fil en aiguille, je me retrouve leader d’un groupe. On s’est séparé, mais on a tenu à continuer tous ensemble.
On a toujours voulu tracer notre route sans se soucier de ce qu’on pouvait dire de nous. Avant de signer chez Universal, on avait une image de "looser" de la pop parisienne.

Vous avez collectionné les participations aux tremplins rock…
On a envoyé beaucoup de cassettes, postulé un peu partout, mais on n’a pas toujours été pris. C’était en quelque sorte une bonne école pour nous. On part du principe qu’un concert apporte toujours quelque chose. Parfois, l’ambiance n’est pas vraiment sympa entre les groupes, mais cela permet d’échanger des"plans" avec certains. Il faut néanmoins essayer de ne pas perdre d’argent, parce qu’on n’est ni payés, ni défrayés.

Il vous aura fallu trois albums autoproduits avant de vous faire connaître…
C’était pour nous un moyen important d’exister. Et il fallait bien faire des maquettes. Quant au public, après le concert, il cherchait souvent notre disque. C’est pourquoi cette démarche de l’autoproduction était importante pour nous. Et cela a fini par payer. Au bout du troisième, on a fini par signer dans une major. Pour une maison de disques, avoir un groupe qui "en veux", qui a déjà fait son petit bonhomme de chemin, c’est un plus. Mais ce n’est pas tout, il faut faire de bonnes chansons.

Cet album est une sorte de best of de ce que vous avez déjà réalisé…
Oui, on retrouve des morceaux que l’on fait depuis six ans. Il y en a quatre qui figuraient sur nos albums autoproduits. Après, ce sont des chansons que l’on fait depuis deux-trois ans. On sait bien qu’on n’aura pas tout ce temps pour réaliser notre deuxième album.

Vendetta Drôle d’idée (Barclay-Universal) 2004

*Concours qui perpétuent l’esprit "Golf Drouot", cette salle des Grands Boulevards où furent révélés Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc et consorts.