PRINTEMPS DE BOURGES 2005

Qui se plaindrait du retour du Printemps ? L'édition 2005 du festival qui a lieu à Bourges du 19 au 24 avril dose habilement les genres (hip hop, électro, rock, métal, chanson, fusion...), les générations (Françoiz Breut et Marianne Faithfull sur la même scène), les valeurs sûres (Anggun, De Palmas, Amadou & Mariam…) et les découvertes (Stress, Anaïs, Davy Sicard...), la mode anglo-saxonne (Kasabian, Interpol…) et les hungry young French (Vincent Delerm, Mathieu Boogaerts, Camille...). Suivez le guide RFI Musique pendant ces 5 jours de concerts et d'escapades.

Bouquet garni

Qui se plaindrait du retour du Printemps ? L'édition 2005 du festival qui a lieu à Bourges du 19 au 24 avril dose habilement les genres (hip hop, électro, rock, métal, chanson, fusion...), les générations (Françoiz Breut et Marianne Faithfull sur la même scène), les valeurs sûres (Anggun, De Palmas, Amadou & Mariam…) et les découvertes (Stress, Anaïs, Davy Sicard...), la mode anglo-saxonne (Kasabian, Interpol…) et les hungry young French (Vincent Delerm, Mathieu Boogaerts, Camille...). Suivez le guide RFI Musique pendant ces 5 jours de concerts et d'escapades.

      Le rendez-vous bucolique de la saison, le Printemps de Bourges, a toujours autant d'appétit. Programme pantagruélique, 5 jours pleins à craquer de concerts (140 artistes !), d'escapades, de rencontres, dans une ambiance de campus dédié à la musique : sept scènes dont une immense tente de 5.500 places, des stands frites et bière, des caf'concs ouverts tard dans toute la ville...

Le festival ne ménage pas ses effets ni ses efforts : sur la scène principale, le Phénix, du gros et du lourd deux soirs de suite, pour attirer le grand public, avec un plateau variété francophone le mercredi - Dahlia, Anggun et De Palmas - et un autre, world en majorité africain – Amadou & Mariam, Rokia Traoré, Tiken Jah Fakoly et Bernard Lavilliers -. Puis du son plus spécialisé mais avec toujours autant de valeurs sûres : un vendredi gospel/reggae – les grands pères de Ben Harper, les Blind Boys of Alabama, les revenants Steel Pulse, les agités ibériques Ska P, et l'outsider des charts allemands, Gentleman – et un samedi hip hop/fusion où les Français No Bluff Sound, Mass Hysteria et TTC devront assurer face au vétéran britannique Asian Dub Foundation et d'autres énervés, LCD Sound System et Millencolin.

Nouveauté par rapport à l'année dernière, deux soirées sont consacrées à des genres traditionnels : le tango et le chaâbi. Pour le premier, le guitariste de Gotan Project, l'Argentin Eduardo Makaroff, présente mercredi les poulains de son label Maňana, Di Giusto, Caceres et Melingo. De son côté, le spectacle "Chaâbi, Casbah blues daïmen maoudjoud" veut rajeunir la musique née dans la casbah d'Alger au début du XXème siècle. 

Les Français en escapade

 

 Portion congrue ? Au milieu d'une programmation plutôt branchée (hip hop, électro etc), quelques représentants de la nouvelle chanson française, Françoiz Breut, Florent Marchet et Keren Ann jouent dans une petite salle, La Hune. Le festival préfère une formule plus originale, "les Escapades", pour approcher de plus près d'autres noms qui font parler d'eux en ce moment : le public se promènera en bus pendant une journée en compagnie de Vincent Delerm, Mathieu Boogaerts, Albin de la Simone, Camille, Jean-Louis Murat etc. Au menu: petits vins de la région (Menetou, Sancerre…), haltes culturelles et digressions musicales.

Mais le coeur de la programmation française, ce qui fait l'originalité du Printemps de Bourges par rapport à d'autres festivals, c'est l'opération "Attention talent scène" qui repère toute l'année, grâce à un réseau régional, les artistes les plus prometteurs. Ce réseau, le Réseau Printemps, fête ses vingt ans cette année. Les artistes sélectionnés (plus de mille) ont eu leur chance, tous n'ont pas accédé à la notoriété, loin de là, mais certains ont fait leur chemin comme les Têtes Raides, Zebda, Paris Combo, Faudel, Jeanne Cherhal… Huit anciennes découvertes figurent à l'affiche officielle du Festival pour cet anniversaire : Dahlia (Bretagne - 2001), High Tone (Rhône-Alpes - 1999), Prohom (Rhône-Alpes - 2001), Nosfell (Ile-de- France - 2004), Gojira (Aquitaine - 2003), Gomm (Nord-Pas-de-Calais – 2004, programmé aussi aux Transmusicales de Rennes 2004), No Bluff Sound ( Ile-de-France - 2002) et Sayag Jazz Machine ( Ile-de-France - 2001).

Parmi les favoris de l'édition 2005 : Smooth, Présidentchirac (!), Anaïs, Stress... Epreuve du feu cette semaine!

Mardi 19 avril : éruption balkanique!

 

    Ouverture en fanfare avec le cinéaste et non moins rocker Emir Kusturica, accompagné de sa bande de musiciens allumés, The No smoking orchestra. Le prochain président du festival de Cannes (mai 2005) est un habitué des scènes françaises et ses concerts sont à l’image de ses films, bordéliques, chaleureux, drôles, avec une incroyable (mauvaise) foi dans la nature humaine : son punk rock balkanique, le unza unza, transforme le public en gigots dansants au-dessus de flammes très alcoolisées… Peut-on longtemps danser, boire et fumer ? Ne pas compter sur l’impétueuse Rona Hartner pour s’arrêter ! L’artiste roumaine révélée par le réalisateur Tony Gatlif (Gadjo Dilo et Je suis né d’une cigogne) fait la promo de Boum Ba Clash, son album électro tzigane concocté avec DJ Click. Programmée au Palais d'Auron en première partie d’Emir et ses sbires, la belle va sérieusement chauffer le plancher ! Et ceux qui en redemandent peuvent toujours terminer la soirée en compagnie des Nashville Pussy et leur psyho-rock obsédé ("in lust we trust"!). Les nostalgiques sous calmant, quant à eux, applaudiront le come back de Madame Nancy Sinatra, la fille du grand Franckie, dans une salle intimiste, La Hune.