UN SOIREE SOUS LES TROPIQUES

Jeudi soir, l'Afrique est à l'honneur sous la grande tente du Phénix : Amadou & Mariam, Rokia Traoré et Tiken Jah Fakoly. Bernard Lavilliers, de tous les voyages, clôt une soirée qui a téléporté le public loin de Bourges.

Voyage du Mali au Brésil

Jeudi soir, l'Afrique est à l'honneur sous la grande tente du Phénix : Amadou & Mariam, Rokia Traoré et Tiken Jah Fakoly. Bernard Lavilliers, de tous les voyages, clôt une soirée qui a téléporté le public loin de Bourges.

      Une heure à peine, temps réglementaire... Pour leur deuxième apparition au Printemps de Bourges, Amadou et Mariam ne perdent pas de temps en échauffement, embrayent direct sur les chansons dansantes d’Un Dimanche à Bamako. Le mélange afro-soul-blues fonctionne immédiatement, le public se met à danser. La rythmique vire presque disco, il ne manque plus qu’une énorme boule à façettes pour transformer le Phoenix en salle de bal. Final prévisible avec La Réalité. Pas de rappel. Un bon concert de variété world qui manquait un peu de finesse (mais est-ce possible dans une tente de 5000 personnes ?). Puis Rokia Traoré arrive, magnifique dans une robe fendue blanche, entourée d’un décor de feuilles géantes. Tout le monde n’a pas encore entendu sa musique, visiblement, car le public ne réagit pas tout de suite. Pas de synthés criards, les arrangements reposent sur des instruments traditionnels, deux  n’goni (petites guitares) et un balafon (xylophone). La tension monte à mesure que les morceaux se développent autour de la rythmique irrésistible (djembé, calebasse, basse électrique). La chanteuse malienne, ondule, virevolte sans cesse, sa voix exceptionnelle emplit le Phoenix. Applaudissements enthousiastes.

 

 Au suivant, la soirée ne fait que commencer. Lourds riddims, les cuivres chauffent l’ambiance, la basse soulève les gens des premiers aux derniers rangs, les choristes réclament Tiken… La star ivoirienne entre en scène et la machine se met à tourner, sans failles. "Africa wants to be free", tout le monde a l’air d’accord, reprend le refrain le poing dressé. Tiken Jah Fakoly prouve sur scène, après d’autres illustres prédécesseurs comme Alpha Blondy, que le reggae reste un bon moyen, grand public, de véhiculer un message politique. Bernard Lavilliers succède à Tiken (avec qui il fait un duo) avec ses carnets de voyage chantés. Il se présente avec une certaine théâtralité comme le voyageur au long cours qui a beaucoup vu, là, le Pernambouc, Bahia, une pensée pour le Che, etc. Musicalement, ça démarre lentement. Le chanteur paraît petit au milieu d’un dispositif scénique éclaté, les musiciens loin les uns des autres, la batterie au fond...  Mais il ne manque pas de bonnes histoires et le public s’en laisse conter sans bargouiner.