L’univers de Nosfell

Inclassable. Nosfell appartient à cette race d’ovni issue d’un univers onirique qui fascine certains, irrite les autres. Il reste une énigme qui a créé un pays, le  Klokochazia, et une langue, le Klokobetz, tous droits sorti de son imaginaire. Découverte d’un personnage venu de nulle part alors que ressort son album.

Venu d’on ne sait où

Inclassable. Nosfell appartient à cette race d’ovni issue d’un univers onirique qui fascine certains, irrite les autres. Il reste une énigme qui a créé un pays, le  Klokochazia, et une langue, le Klokobetz, tous droits sorti de son imaginaire. Découverte d’un personnage venu de nulle part alors que ressort son album.

      Il s’appellerait Labyala Fela Da Jawid Fel et se fait surnommer Nosfell, contraction de "nostrum fellow", "celui qui marche et guérit". Un vrai caméléon qui se déplace sur scène tel un reptile, un artiste qui serait né il y a un quart de siècle dans la région de Floharlem de Middlewel, à l'ouest Klokochazia. Nosfell a  passé sa jeunesse à se créer son propre langage qu’il a mis en musique et que lui seul est à même de comprendre. Les titres de ses chansons en donnent un aperçu : Jaün Sev’ ¨zul, Shaünipul, Gouz Mandamaz ou Blewkz gowz. Un dictionnaire franco-klokobetz serait bien utile pour distinguer les subtilités de la langue. A côté de ce langage, quelle poésie, quel talent de musicien, de mélodiste, de show man. Nosfell s’est forgé cet univers personnel dès son plus jeune âge et le propose depuis cinq ans sur les scènes de l’Hexagone.

Un travail tellement particulier, qui se démarque de tout ce qui existe en France, qu’il a fini par se faire connaître grâce au bouche-à-oreille des initiés du voyage en Klolkochazia. D’ailleurs, les programmateurs de festival ne s’y sont pas trompés, puisque après les Transmusicales et après avoir obtenu deux prix Découvertes au Printemps de Bourges, il écume cet été, les plus grandes scènes. Après les Eurockéennes et le festival de Montreux début juillet, on l'a retrouvé aux Francofolies de La Rochelle, on le retrouvera au Paléo festival de Nyon, aux Vieilles Charrues de Carhaix et au Nice Jazz festival !

Du jamais vu pour un artiste qui n’a sorti qu’un seul album, auto produit, paru  confidentiellement à l’automne dernier. Du coup, vu le "buzz" actuel, il ressort sur le label du créateur de Virgin, Richard Branson, toujours à l’affût de talents improbables.

 

 Pomaïe Klokochazia balek est une balade dans des contrées vierges aux confins du rêve et de la réalité. Un opus qui avait déjà séduit 7.000 acheteurs en dehors des circuits officiels. Un score encourageant pour ce forçat du live qui donne en moyenne quatre concerts par mois, voire dix-sept fois comme en mai. Des spectacles qui lui permettent d’écouler une quarantaine d’albums après chaque concert. "On a fait l’album avec Pierre Le Bourgeois, mon alter ego violoncelliste, parce qu’on a un public qui voulait un souvenir à la fin des concerts. On a utilisé l’argent des prix gagnés au tremplin du Chorus des Hauts-de-Seine pour enregistrer dans des conditions artisanales. On nous a prêté une maison à la campagne, où nous avons pu travailler à notre rythme." Ces tremplins qui se déroulent en amont des festivals leur ont ainsi permis de garder le contact avec les membres du jury qui leur ont prodigué par la suite des conseils pertinents quant au démarrage de leur carrière. "On est aussi tombé sur un producteur de spectacles (Garance Productions qui s'occupe de Bashung et Christophe et a lancé Benabar - ndlr) qui apprécie notre travail. D’après lui, il y a une demande de plus en plus forte nous concernant. Et puis les prix qu’on a remportés au Printemps de Bourges et aux Chorus des Hauts-de-Seine nous ont aidés. Ce sont des manifestations où se retrouvent nombre de programmateurs et on rencontre souvent en province des personnes qui nous disent : Ah, on vous a découverts à Bourges. Je pense que ce festival a été un bon point de ralliement."

 

    Duo qui vit par et pour la scène : voir Nosfell sur les planches est une expérience unique, sonore, visuelle et sensorielle qui laisse les spectateurs pantois à la sortie du spectacle. L’univers onirique qu’il a créé est proche de celui de Magma, qu’il dit ne pas connaître, et son melting-folk chanté en Klokobetz et en anglais est un mélange entre la féerie de Tom Waits et la puissance mélodique de Joni Mitchell. Un personnage vraiment à part sur la scène française qui réalise un véritable travail de fond en se produisant dans des petites salles de province devant 200 personnes aussi bien que sur la scène d’un festival d’été face à 20.000 spectateurs. Un grand écart qui ne le gêne pas outre mesure. "Entre les petits bars en Bretagne où j’ai joué en solo cet hiver et les Vieilles Charrues, la problématique n’est pas la même. On réfléchit à chaque fois à l’approche scénique suivant le contexte. On aime à se mettre en danger, on essaie des choses à chaque spectacle, le voyage est différent suivant les lieux et le public."

Un univers poétique avec un langage, des personnages, un lieu qui font rêver le public pour un voyage musical immobile. Les clés des débuts du succès d’un artiste prometteur.

Nosfell Pomaïe Klokochazia Balek (V2 Music)

En concert le 21 au Paléo festival de Nyon (Suisse), le 24 aux Vieilles Charrues à Carhaix et le 27 au Nice Jazz festival.