SIXUN A 20 ANS

La rumeur circulait depuis quelques mois… confirmée juste avant l’été. Sixun, le premier groupe métisse de la scène française, se reforme, et fête ses 20 ans ! L’occasion de retrouver le groupe phare du jazz fusion pour deux soirées épicées à Paris, les 30 septembre et 1er octobre sur la scène de la Cigale.

Retour sur scène des vétérans de la scène jazz fusion

La rumeur circulait depuis quelques mois… confirmée juste avant l’été. Sixun, le premier groupe métisse de la scène française, se reforme, et fête ses 20 ans ! L’occasion de retrouver le groupe phare du jazz fusion pour deux soirées épicées à Paris, les 30 septembre et 1er octobre sur la scène de la Cigale.

 

 Sixun, c’est six pour un ! Un nom de groupe trouvé autour d’une table au café, après avoir déliré entre copains. Ils ont vingt ans, ils sont blancs et noirs, curieux des cultures de l’autre, et ne savent pas encore qu’ils feront partie des meilleurs musiciens de leur génération. Sixun, ça sonne ! Et bien que le groupe ne se soit pas produit depuis plus de six ans, il a suffisamment inventé pour marquer. Le nom est resté, pérennisé aussi par chacun des membres qui poursuivent une véritable carrière.  

Il s’agit de Paco Séry, celui-là même qui fut  remarqué par Eddy Louis, et proclamé "meilleur batteur du monde" par Wayne Shorter et Joe Zawinul. De Michel Alibo, le bassiste martiniquais souvent vu aux côtés d’Angélique Kidjo, de Youssou N'dour ou de Karim Ziad.
D'Alain Debiossat au saxophone, le saxophone charentais, également présent dans l’Orchestre National de Barbès. De Louis Winsberg à la guitare, dont on a suivi le parcours sur les routes du sud, à la rencontre du flamenco, avec son projet Jaleo. Et puis aux claviers, c’est encore une forte personnalité, celle de Jean-Pierre Como, le plus italien des Parisiens, une origine méditerranéenne qu’il revendique dans ses albums.

Pour la sixième composante du groupe, la percussion, c’est depuis toujours une surprise. Cette fois, c’est  Stéphane Edouard, d’origine indienne, qui reprend, après l’historique Abdou M’Boup, suivi de beaucoup d’autres, dont Bobby Thomas ou Arnaud Franck.

Ces concerts donnés à Paris pour les vingt ans de Sixun sont pour RFI Musique l'occasion de rencontrer deux des membres du groupe : Louis Winsberg et Michel Alibo, heureux de se retrouver au café avant de se retrouver sur scène.

 

    RFI Musique :  Comment vivez-vous ce retour, après six ans d’interruption ?
Michel Alibo : En fait, on n'arrête pas de plaisanter là-dessus et de s’appeler entre nous le nouveau Buena Vista Sixun club ! (éclats de rire).
Louis Winsberg : C’est le vrai Sixun d’origine, d’appellation contrôlée ! On fête nos 20 ans, et je vais être papa dans la foulée !
M.A. : Il faut dire que ces six ans de pause étaient tout à fait naturel après le dernier concert en 1999, suite à l’album Nouvelle vague. Tout le monde avait besoin de faire son chemin en solo. Et ça reprend tout aussi naturellement avec plein de projets jamais réalisés, comme celui de faire un DVD. L’idée est née l’été 2004, grâce à Antoine Crespin de Futur Acoustic Production.

Quel sera le répertoire ? De nouvelles compositions ?
M.A. : On s’est posé la question, mais l’envie avant tout c’est de fêter nos 20 ans, la longévité du groupe. On a réalisé huit albums, et on veut donner le meilleur de ce qu’on a fait pendant toutes ces années. Une sorte de best of, voté à l’unanimité par nous six. C’est l’idéal pour nous découvrir, pour la nouvelle génération qui ne nous a jamais vu sur scène.

 

 Selon vous, qu'avez-vous apporté à la scène musicale française, avec du recul ?
M.A. : Ce qui était nouveau, c’était cette rencontre, ce métissage dans le jazz. Ça a été toute suite la perception du photographe Daniel Jan qui a réalisé la pochette du premier album, Nuit blanche. Il a vu qui nous étions, trois noirs, trois blancs, et alors il a mis ces deux bébés face à face, le noir et le blanc, et ça nous a permis de comprendre ce que nous étions en train de faire spontanément. Chacun avait la part belle dans la musique. Et cette fusion, nous la poursuivons tous, c’est notre approche des musiques du monde.
L.W.: Je persiste et je signe. Et ce qui reste c’est l’énergie, la puissance du groupe. Rejouer ensemble, c’est assez beau, parce qu’on est très proche, et on est riche de nos parcours.

En 94, vous étiez partis pour six mois aux Etats-Unis ? Votre conception du métissage est-il compris ?
M.A. : On dit qu’aux Etats-Unis il y a tout, c’est vrai. Mais, tout est compartimenté. Notre groupe, jazz fusion, n’avait même pas sa place !
L.W
 : Le métissage n’est pas du tout vécu de la même façon. D’ailleurs là-bas, ils nous regardaient un peu de travers. Mais sur la durée, je crois qu’on aurait pu se faire entendre !
M.A. : Ecoute ce que fait Joshua Redman aujourd’hui, on dirait du Sixun !

Sixun en concert à la Cigale à Paris le 30/09/05 et le 01/10/2005
En tournée : été & automne 2006