Louise Attaque retrouve le succès

Revenue à son meilleur niveau, l'équipe des Louise Attaque écume les scènes des festivals de l'été. Belles retrouvailles avec son public qui pendant quelques temps, avait pu douter de son retour sous les feux de la rampe. A plus tard Crocodile, le dernier album, a redonné des ailes ou plutôt de la voix à cette Louise de choc. Rappel.

A plus tard crocodile

Revenue à son meilleur niveau, l'équipe des Louise Attaque écume les scènes des festivals de l'été. Belles retrouvailles avec son public qui pendant quelques temps, avait pu douter de son retour sous les feux de la rampe. A plus tard Crocodile, le dernier album, a redonné des ailes ou plutôt de la voix à cette Louise de choc. Rappel.

      On ne pensait pas revoir Louise Attaque de sitôt. Courant 2001, après un deuxième album en demi-teinte, marqué aux dires de ses auteurs par la frustration et l’autocensure, le quatuor entrait dans une période de surchauffe. Une poignée d’années plus tôt, en 1996, le chanteur Gaetan Roussel et le bassiste Robin Feix, deux copains de lycée, démarchent les maisons de disques à Paris. Avec le batteur Alexandre Margraff et le violoniste Arnaud Samuel, ils forment le groupe Louise Attaque, qui écume déjà les scènes indépendantes et viennent d’enregistrer une maquette de huit titres. Le label Atmosphériques,distribué par Sony Music, les signe enfin. Au printemps 1997 sort l’album Louise Attaque. Deux ans plus tard, il devient l’album de rock français le plus vendu de l’histoire, avec 2,5 millions d’exemplaires écoulés sans assistance marketing ni matraquage radiophonique (tout au moins la première année). À l’image de leur tube J’t’emmène au vent, leur folk rock mélodique et poétique séduit les foules. Pourtant, la pression incroyable du succès, des dissensions internes et l’envie de nouvelles aventures musicales plus personnelles conduisent Louise Attaque à se saborder. Comme Téléphone quinze ans plus tôt, le groupe se scinde en deux entités : Tarmac pour Gaetan Roussel et Arnaud Samuel, Ali Dragon pour Robin Feix et Alexandre Margraff.

Evolution du discours

 

 En 2005, Louise Attaque est à nouveau réuni et reprend la route avec une pleine besace de chansons nouvelles, testées sur le public enjoué des festivals d’été auxquels le groupe parisien a participé, Eurockéennes en tête. Alors, retour commercial ou regain d’inspiration ? Malgré le succès, jamais Louise Attaque n’a trahi son indépendance musicale et ce retour ne déçoit pas. Certes, les fans de la première heure ne risquent pas d’être désarçonnés et les détracteurs pourront toujours objecter que “c’était mieux avant“. Sorti le 5 septembre dernier, A plus tard crocodile, réalisé en partie dans une ferme du Lubéron et à New York (avec le producteur Mark Plati), reproduit il est vrai ces ambiances parfois mélancoliques et ces rythmiques sautillantes chères à Louise Attaque, mais il révèle aussi une évolution du discours et une sincérité qui bafoue les compromissions. Si Comme on a dit, leur précédent disque, était sombre jusqu’au noir de la pochette, A plus tard crocodile est plus ouvert, apaisé mais aussi plein de doutes, comme la vie. D’entrée, Gaetan Roussel s’interroge : “Peut-on rester débutant ?” (La Traversée du désert). La remise en question qui a dû précéder ce retour en grâce de Louise Attaque se perçoit en filigrane au hasard d’autres titres, au gré de questions qui fleurent bon le double sens (“Est-ce que l’on suit la tendance, (...) dis qu’est-ce que tu vois, est-ce que nous deux c’est tendance ?”, dans Depuis toujours). Mais, surtout, le groupe revient sur le devant de la scène musicale avec plus de profondeur. Louise Attaque n’a rien bâclé et s’est donné le temps du recul. Dès septembre 2003, les quatre compères se retrouvent et travaillent quelques nouveaux titres, comme Revolver. Un an et demi plus tard, l’album est finalisé, après mûre réflexion.Voyages intérieurs

 

    Musicalement, Louise Attaque n’a pas perdu la main. L’ensemble est carré et l’art du gimmick toujours présent, comme en atteste notamment le single Si c’était hier. Leur son, qui sonne toujours aussi “live” sur disque, s’est enrichi aujourd’hui des tonalités musicales de leurs récentes expériences, entre Tarmac et Ali Dragon. Il y a de la mondialisation dans ce disque-là, des violons tziganes, des influences asiatiques (l’hypnotique Shibuya Station) et américaines (Manhattan). Mais que l’on ne s’y trompe pas : avec Louise Attaque, les voyages sont avant tout intérieurs. Les adorateurs du quatuor le savent bien, ils ont propulsé À plus tard crocodile au deuxième rang du classement des ventes d’albums en France. La tournée qui s’annonce, et qui passera notamment par l’Olympia de Paris et par l’Ancienne Belgique de Bruxelles, promet d’attirer les foules. Aujourd’hui, le groupe, qui se méfie depuis toujours de ces médias qui les ignoraient superbement à leurs débuts, est assailli de demandes d’interviews. C’est aussi cela, la rançon de la gloire.

Louise Attaque A plus tard crocodile (Atmosphériques/Sony Music) 2005