Dub Incorporation

En une poignée d’années, à l’ombre des médias, Dub Incorporation est devenu l’un des groupes les plus populaires de la scène française du reggae. Après deux albums studios, la formation stéphanoise propose un Live qui permet de comprendre pourquoi elle s’est fait un nom sur le terrain.

Live

En une poignée d’années, à l’ombre des médias, Dub Incorporation est devenu l’un des groupes les plus populaires de la scène française du reggae. Après deux albums studios, la formation stéphanoise propose un Live qui permet de comprendre pourquoi elle s’est fait un nom sur le terrain.

"Are you ready, Tournon ?" La formule par laquelle débute cet album live illustre en quelques mots le parcours et la stratégie de Dub Incorporation : si elle n’avait pas eu lieu à Tournon, la scène aurait pu se dérouler à Verneuil-sur-Avre ou dans toute autre ville d’à peine dix mille habitants. Et il suffit d’entendre la réponse du public pour deviner que la salle était pleine, comme c’est le cas depuis plusieurs années partout où joue le groupe reggae de Saint-Etienne. Y compris à Paris où il ne restait aucun billet pour les voir à l’Elysée-Montmartre puis au Bataclan, six mois plus tard.

Ils ne passent ni en radio, ni sur les chaînes de télévision, mais ils sont toujours sur les routes. Le bouche-à-oreilles et Internet ont façonné leur réputation et ont contribué à faire d’eux le nouveau phénomène du reggae français métropolitain qui se cherchait un second souffle. Sans promotion, le deuxième album des Stéphanois Dans le décor s’est hissé à la 61e place des ventes lors de sa sortie l’an dernier. Depuis, ils se sont produits près de 140 fois en quinze mois, avec une trentaine de dates à l’étranger en 2006 : Allemagne, Belgique, Suisse, Portugal, Espagne…

C’est au cours de cette tournée que ce Live a été enregistré. Dès les premières secondes, on comprend ce qui fait la force de Dub Inc’ et d’où leur vient un tel capital sympathie. La scène est leur élément. Les spectateurs assistent davantage à un spectacle qu’à un simple concert. Une intro qu’on sent rodée, avant d’enchaîner sur l’explosif My Freestyle qui à la fois libère les énergies et installe d’emblée une ambiance festive : le groupe maitrise son sujet et sait comment tenir son auditoire, lequel remplit parfaitement son rôle de choriste supplémentaire.

Adeptes d’un reggae d’abord énergique avant d’être influencé par le son roots ou celui du ragga, les musiciens s’appuient sur leurs deux chanteurs dont on retient plutôt les talents d’ambianceurs que les voix. Si celle d’Hakim voyage avec une certaine aisance dans les aigües, celle d’Aurélien "Komlan" vient des profondeurs de sa gorge, raclant tout au passage.

Leur combinaison fonctionne toutefois très bien, sur un schéma qui évoque par moments celui adopté par Mike et Riké de Sinsémilia. A bien des égards, au-delà du fait que ces deux formations appartiennent à la famille du reggae, il y a entre elles d’indéniables similitudes : dans la trajectoire qu’elles ont suivi pour se faire connaître, dans l’esprit qu’elles veulent véhiculer, dans la façon qu’elles ont de s’adresser au public, de construire leurs concerts, mais parfois aussi dans les sons ou dans l’inspiration, à l’image de Chaines, souvenirs d’un voyage à Gorée que les Grenoblois avaient également effectué et qui s’était concrétisé par House of Slave sur leur premier album en 1996. D’ailleurs, chez Sinsémilia, on n’hésite pas à dire beaucoup de bien de leurs voisins de Saint-Etienne. Avec ce Live, gorgé de vitamines et de chaleur humaine, Dub Incorporation se dote d’un outil de communication redoutablement efficace.

Dub Incorporation Live (Productions Spéciales) 2006