Gomm met la gomme!

Le groupe nordiste Gomm sort 4, son second opus, deux ans après Destroy to perfection, essai réussi qui avait été autoproduit avant d’être distribué par le label franco-belge Pias. Le nouvel album, réalisé par l’Allemand Peter Deimel (Sloy, Thugs ou Chokebore) au studio angevin Blackbox, offre dix titres suffocants aux rythmes tendus, punk et accrocheurs.

  Le 13 février 2007 Gomm participera à l'enregistrement de  l'émission La Bande Passante à La Flèche d'or à Paris : + d'info 

Un nouvel album baptisé 4

Le groupe nordiste Gomm sort 4, son second opus, deux ans après Destroy to perfection, essai réussi qui avait été autoproduit avant d’être distribué par le label franco-belge Pias. Le nouvel album, réalisé par l’Allemand Peter Deimel (Sloy, Thugs ou Chokebore) au studio angevin Blackbox, offre dix titres suffocants aux rythmes tendus, punk et accrocheurs.

  Le 13 février 2007 Gomm participera à l'enregistrement de  l'émission La Bande Passante à La Flèche d'or à Paris : + d'info 

En Angleterre, grâce au site mondial MySpace, les buzz se succèdent. Le groupe de la semaine s’appelle The View. En France, nous avons Gomm. Groupe de rock français qui préfère, à l’urgence de la mode du moment, construire un son, le dessiner au pinceau fin, par petites touches, avec la conviction de pouvoir suivre un aussi joli destin que celui de Dionysos. Sans concession. Pourtant, Gomm ne se place pas sur une échelle particulièrement franco-française. La formation lilloise adopte l’anglais, le français, voire le franglais pour ses textes. A l’image des Américains de Sonic Youth ou de The Fall, Gomm ne s’impose aucune limite. Il possède ce grain de folie et d’irrévérence nécessaire en ces temps d’uniformisation des sons.

Un studio dans une grange

Mais ne nous y trompons pas : Gomm, malgré sa carapace de groupe rodé, est encore un diamant brut. Même si ce premier disque sorti par un label (Pias) est le fruit d’un travail de titan, il est forcément perfectible. Le groupe est né dans une région-carrefour d’influences anglo-saxonnes, flamandes et françaises. Un Nord-Pas-de-Calais en plein boom créatif sur le plan de l’art contemporain. "Cette région est très importante. On est installé dans la campagne lilloise, au calme pour travailler. Nous avons installé notre studio dans une vieille grange", avoue Olivier, l’un des quatre membres de Gomm. Les chansons de ce deuxième album ont donc été composées, répétées et travaillées dans cette ferme améliorée, lieu d’inspiration qui permet toutes sortes d’excès créatifs.

Et pourtant, Gomm, au contraire de Tue-Loup - groupe sarthois qui a aussi investi une fermette pour travailler - sonne urbain. Why can’t I relieve you ? rappelle Blondie et un B52’s sous acide, avec ses nappes de synthé hypnotiques. Gomm puise dans les courants fondateurs du rock : le disco-punk (Don’t take a chance), la noise (Crashing Waves) et le krautrock (Good Sides). Sans chercher consciencieusement à compiler dans ses chansons des années d’écoute religieuse de groupes qui ont fait son éducation, Gomm ne cache pas son amour du krautrock, ce mouvement né dans l’Allemagne des années 1970 avec Can, Neu!, Faust ou Kraftwerk.

Sur scène, même si les longues plages sonores et progressives ont leur place, il semble que le groupe joue en alternant ces deux tableaux stylistiques (le krautrock ou post-punk d’un côté, pour la progression des rythmes. Le punk de l’autre, pour la rapidité de certaines chansons). C’est en concert que Gomm avait frappé un grand coup un soir de décembre 2001, à l’occasion d’une édition mémorable des Transmusicales de Rennes. Le début d’une saga live qui n’en finit plus d’étonner.

Connu à Honolulu

Gomm a vécu des expériences étonnantes pour un groupe abonné aux jauges de salles de moyenne envergure. A Arras, "on a joué dans un petit festival qui a attiré 17 000 personnes, en première partie de Placebo. On a justement un fan de premier choix en la personne de Brian Molko, son chanteur. Il a récemment fait écouter un de nos morceaux aux auditeurs d’une radio new-yorkaise. Grâce à cette petite séquence, une personne d’Honolulu s’est prise de passion pour notre musique", raconte Guillaume,  amusé par l’anecdote.

Les quatre Gomm (initiales de Guillaume, Olivier, Marie et Mathieu) ont tous écouté du punk-rock anglo-saxon, tout en développant une sensibilité artistique ouverte sur tous les arts, par le biais des études et des rencontres. "Nous ne sommes pas seulement des amateurs de musique. Olivier, qui a étudié les arts appliqués, s’occupe du site web du groupe et du artwork. Mais avant tout, ce qui nous unit, c’est le punk-rock. Olivier a une passion pour les Buzzcocks, Marie pour X Ray Specs et moi pour des groupes comme Television ou Wire", ajoute Guillaume.

Décharge électrique

"Pour ce nouvel album, on s’est laissé porter par la musique. Les morceaux se sont emboîtés les uns aux autres." It’s not easy chante Guillaume sur la plage 4, quand To be your friend lui répond sur la plage 5 après une introduction qui prolonge le morceau précédent. "C’est vrai qu’on s’est amusé en enchaînant ces deux titres, ils peuvent se suffire à eux-mêmes, avoir chacun une substance très forte."  Même si To be your friend est instrumental, le morceau est une décharge électrique de 5 minutes 30. Point commun entre ces deux titres et I feel off, No Disappointment et Words : ils sont tous joués sur un tempo rapide et dégagent une sensation d’urgence, une beauté froide.

Ce 4 donne clairement l’impression que les cordes de guitares vont à l’abattoir. Seules les chansons Fiction et Good sides font figure de récréations. Conclusion : on ne se repose pas des masses avec Gomm. Le matériel sur lequel le groupe s’exprime est en revanche, malgré son vieil âge, de tout repos pour les musiciens. « On aime jouer avec du matériel qui a vécu : une vieille batterie, de vieux claviers et des amplis à lampe. » 

Début janvier, au Maroq'roll festival à la Maroquinerie, à Paris, le groupe s'est réapproprié le son qui le caractérise devant un public exigeant, composé de beaucoup de professionnels de la musique. Lesquels furent très attentifs mais peu expansifs... Un contraste avec ce qu’a toujours connu le groupe lillois, notamment chez ses voisins de Belgique, pays où Gomm est un peu prophète : "les Belges ne se posent aucune question. A chacun de nos concerts, ils ont toujours été à fond".

Gomm 4 (Pias) 2007En concert le 13 février à la Flèche d’Or, à Paris, avec La Bande Passante, puis en tournée en France : toutes les dates sur http://www.gomm.fr   Le 13 février 2007 Gomm participera à l'enregistrement de  l'émission La Bande Passante à La Flèche d'or à Paris : + d'info