Mass Hysteria

Ils fêtent leurs 10 ans d’existence. Après un passage à vide ayant consumé album controversé, label et guitariste, les Mass Hysteria ont retrouvé l’énergie brute. Une somme de détails s’est fait en un temps record et a remis les pendules à l’heure. Plus que jamais l’hystérie collective est un cocktail explosif de riffs saignants et de rythmes tendus. Rencontre.

Retour en masse

Ils fêtent leurs 10 ans d’existence. Après un passage à vide ayant consumé album controversé, label et guitariste, les Mass Hysteria ont retrouvé l’énergie brute. Une somme de détails s’est fait en un temps record et a remis les pendules à l’heure. Plus que jamais l’hystérie collective est un cocktail explosif de riffs saignants et de rythmes tendus. Rencontre.

RFI Musique : Quel bilan avez-vous tiré des critiques du disque précédent ?
Mouss (chant)
: C’est le reflet d’une époque minée par une ambiance maniaco-dépressive. Un jour ça va, l’autre plus. Après coup, ça reste un super album dont la production mériterait une révision. C’est une expérience qui fait partie de notre légende personnelle.
Stéphane (basse) : Nous n’étions pas habitués à des critiques aussi virulentes. C’est clair. Mais d’une certaine façon, il était nécessaire d’aller dans cette direction, aux extrêmes, pour mieux revenir à ce que nous sommes.

Ensuite, vous avez quitté le label Wagram, pourquoi ?
Stéphane : Ils ont écouté les bandes d’Une somme de détails et en gros, nous ont répondu : "Est-ce que vous pouvez nous faire quelque chose de plus rock et commercial ?" On a repris nos bandes et on est parti. Il faut reconnaître que pour eux, notre musique était difficile à travailler.

Vous étiez alors sans label. Comment avez-vous vécu ce retour au statut de groupe qui a tout à prouver ?
Mouss : Nous étions déterminés et prêts à l’auto-produire.
Stéphane : L’enregistrement a d’ailleurs commencé sans label. Nous nous sommes débrouillés avec des gens de confiance. Fred, le producteur, a par exemple accepté de se faire payer plus tard. At(h)ome s’est ensuite manifesté et nous avons accepté car l’équipe sait travailler le terrain.

Vous fêtez vos 10 ans d’existence. Ce retour à une musique puissante, est-il une façon de réaffirmer votre identité ?
Stephane : Ce n’est clairement pas le même groupe qu’il y a deux ans. La composition du disque précédent nous a pris deux ans. La démo d’Une somme de détails s’est faite en trois mois, comme à nos débuts. On sait ce que l’on fait bien, ce que l’on fait moins, le groupe est en place avec en plus un nouveau guitariste.
Mouss : On a retrouvé une osmose, le plaisir de faire de la musique, de faire la fête avec nos amis et d’aimer nos femmes. Toute cette énergie épicurienne est un symbole de vie.
Raphaël (batterie): Ce disque est beaucoup plus dynamique et percutant, sans concession.

Le titre Nous sommes bien et les voix d’enfants sur Je ressens renvoient à cet état d’esprit ?
Mouss : Bien sûr. Il faut relativiser. Dans ce contexte social assez déprimant, on vit correctement de notre musique. Difficile de se plaindre. Sur Je ressens, c’est l’enregistrement d’un passage imprévu de ma fille au studio. Pour Nous sommes bien, nous avons pris une journée avec ces enfants, les nôtres. Ils ont pu voir et comprendre ce que l’on faisait. Cet album respire tout ça, ce retour à une vie sociale riche.

Si la musique renvoie à votre second album Contraddiction, la pochette de Une somme de détails mêlant corps nu et handicap y fait aussi penser. C’est un clin d’œil ?
Mouss : On travaille avec Laurent Seroussi depuis longtemps. La pochette de De cercle en cercle, c’est aussi lui. Bien sûr qu’il y a une cohérence.
Stéphane : C’est la première fois qu’une femme est sur une de nos pochettes. J’aime sa contradiction avec la musique. Au premier regard, c’est beau. Ensuite…

Le dernier morceau Briller pour toi est un hommage au bassiste disparu du groupe nantais Dolly. Comment s’est faite la collaboration avec la chanteuse Manu Monnet ?
Mouss : J’avais dans l’idée de parler d’un pote que je venais de perdre, Micka, dans une sorte de morceau post-mortem. Je voulais une voix féminine. Je lui en ai donc parlé, elle a été enchantée. Moi, c’est le résultat qui m’a bluffé. Elle a dépassé les bribes que j’avais écrites pour en faire un titre avec un texte et une mélodie intense.

Quel regard portez-vous sur la scène rock française et la vague des baby-rockers ?
Mouss : Comme dit Yann (guitariste), ils ressemblent aux Chaussettes Noires avec un côté très parisien. Ce n’est pas mauvais en soi mais quand ils se revendiquent des Stooges en secouant gentiment la mèche, je suis sceptique.
Stéphane : C’est génial que des gamins fassent de la musique. Ce qui me gêne, c’est tout le crédit que l’on y porte.

La sortie du disque se fait juste avant le premier tour des présidentielles, qu’est-ce que propose le candidat Mass Hysteria ?
Raphaël : C’était possible de faire correspondre les dates, tant mieux.
Mouss : De l’argent et du pouvoir aux associations, une augmentation du salaire moyen, arrêter les démissions face à la jeunesse qui se gaspille dans la violence… Ce que l’on donne de mieux, c’est notre énergie et notre positive attitude. Je crois qu’encore une fois, on a rempli notre contrat.

Mass Hysteria Une somme de détails  (At(h)ome) 2007.
En concert l
e 10 avril 2007 au Nouveau Casino à Paris et ensuite en tournée