Diam’s se livre en live

Cinq tournées pour un album : entre le pré-tour des MJC, la tournée Fédurock, celle des Zéniths, les festivals d’été et les dates internationales (Afrique, Maghreb, Antilles, etc.), Diam’s aura défendu Dans ma bulle sur plus de 100 scènes. Un DVD exceptionnel en témoigne, Au tour de ma bulle, résumé d’une année 2006 de tous les succès. Entretien.

Après la tournée

Cinq tournées pour un album : entre le pré-tour des MJC, la tournée Fédurock, celle des Zéniths, les festivals d’été et les dates internationales (Afrique, Maghreb, Antilles, etc.), Diam’s aura défendu Dans ma bulle sur plus de 100 scènes. Un DVD exceptionnel en témoigne, Au tour de ma bulle, résumé d’une année 2006 de tous les succès. Entretien.

RFI Musique : Après une tournée aussi intense, qu’en reste-t-il dans un DVD ?
Diam's :
Il reste l’essentiel, c’est à dire un concert. On ne pourra jamais retranscrire dans un DVD toutes les émotions différentes qu’il y a pu avoir, que ce soit quand on jouait dans des salles de 50 personnes ou aux Vieilles Charrues devant 25.000 personnes. C’est vrai que le DVD live retranscrit plus ou moins le show qu’on a fait partout, avec l’émotion parisienne. C’est pour ça qu’on a mis les bonus, comme Mon été 2006, tous ces petits documentaires à côté qui retracent d’autres moments aussi fous que cette tournée des Zéniths qu’on n’attendait pas.

Tu dis souvent que tu es de la génération Zénith…
Oui, je l’ai toujours dit, tout simplement parce que l’Olympia, ça a du faire rêver pas mal d’adultes mais maintenant, ma génération à moi, née en 1980, on a vu pas mal de merdes à l’Olympia, je suis désolée de le dire comme ça : des émissions télé, des trucs… Ça n’avait plus trop de sens, ça n’était plus la salle mythique. Avant l’Olympia se méritait, mais c’est devenu une salle de spectacles comme les autres et le Zénith me parle plus, parce que NTM avant tout... Les autres aussi mais NTM deux soirs au Zénith, ça a été un grand moment. Pas les concerts de 1992, j’avais 12 ans et je n’avais pas été autorisé à sortir. J’ai vu ceux de 1998. C’est pour moi la plus grosse référence scénique, le plus grand groupe de rap français. Je suis très déçue qu’ils se soient séparés d’ailleurs. J’ai grandi avec eux, je fais du rap parce qu’il y avait NTM et j’étais fière de faire le Zénith parce que je marchais sur les traces de NTM.

Quand tu sors du sol au début du spectacle, tu te dis : "c’est là qu’il y avait NTM", ou tu ne penses à rien d’autre qu’à ton show ?
Ah non, autant je suis assez rêveuse et nostalgique et j’aime rendre à César ce qui lui appartient, mais au moment où je monte sur scène… J’ai beaucoup de respect pour les aînés mais c’est mon concert, mes chansons, mes raps, et le Zénith il faut que je le tue. Moi, je veux marquer l’histoire. J’ai du respect pour les aînés mais la petite, elle veut pas qu’on dise que c’était moyen.

C’est facile de ne pas être blasée devant la ferveur du public ?
Je n’ai jamais été blasée sur scène et je pense que je ne le serai jamais parce que j’ai trop mangé de cailloux. Les gens ne le savent peut-être pas mais moi, je les ai écumées, les petites scènes à l’époque où il n’y avait pas Internet, pas les clips, que les scènes et les freestyles à la radio pour se faire connaître. J’ai trop de mauvais souvenirs, très sincèrement. Des salles où il n’y a personne, ils sont dix et ils ne t’écoutent même pas, ou alors ils sont cent mais ils ne t’aiment pas, ils te jettent des trucs… Voilà, quand je monte sur scène aujourd’hui, à chaque fois je me dis :  "c’est beau ce qu’on a fait". Les gens n’ont pas à payer pour les cons qu’on a pu croiser à l’époque.

Tu parles souvent, pour évoquer ta vie d’artiste, de "l’ascenseur émotionnel"… :
Ma tournée se résume à ça : l’ascenseur émotionnel. Ma vie aussi parce qu’autant à l’époque, je disais qu’il n’y avait absolument pas de différence entre Mélanie et Diam’s, autant avec tout ce qui s’est passé, j’ai commencé à me protéger parce que ça devenait un peu n’importe quoi. L’ascenseur, avec Diam’s, je suis tout en haut, et avec Mélanie, c’est tout en bas. Je me souviens de concerts où je rentrais chez moi en me demandant ce qui se passait, ce que c’était que cette vie. Ça n’est pas quelque chose dont je me plains, au contraire, mais à analyser, c’est assez drôle : tu as 10.000 personnes qui crient et après il n’y a plus rien, tu es toute seule. Et c’était tout le temps pareil : tu vas fêter ton Disque d’or et après tu rentres seule. Disque de diamant et tu rentres toute seule. Ça fait bizarre. Au final, il n’y a que toi qui kiffe. C’est pour ça que j’ai un vrai truc avec le public, c’est lui qui me donne une force de dingue. J’hallucine comme les gens m’apprécient. Je le vois où que je sois dans la rue, les gens sont super gentils avec moi. Et c’est aussi l’ascenseur émotionnel : je suis chez moi il n’y a rien, je sors, et même le boulanger est super content de me voir. Ça fait bizarre.

Diam's DVD Au tour de ma bulle (Hostile/Capitol/EMI) 2007