No one is innocent engagé

Défenseurs d’un rock volontaire et engagé, les No One is innocent ont profité des dernières élections pour se mettre aussi en campagne. Leur dernier album Gazoline frappe du poing avec un rock musclé et des textes engagés, bien décidés à se faire les porte-voix de ceux qui contestent. Rencontre avec leur chanteur et leader, Kemar.

Contestation directe

Défenseurs d’un rock volontaire et engagé, les No One is innocent ont profité des dernières élections pour se mettre aussi en campagne. Leur dernier album Gazoline frappe du poing avec un rock musclé et des textes engagés, bien décidés à se faire les porte-voix de ceux qui contestent. Rencontre avec leur chanteur et leader, Kemar.

RFI Musique : La sortie du disque s’est faite peu de temps avant les élections présidentielles en France, pourquoi ?
Kemar : Pendant toute la durée de composition de l’album, nous avions les élections en ligne de mire. Nous n’avons pas pour autant bousculé le rythme de la composition. La sortie s’est faite avant le premier tour, tant mieux. On ne voulait pas être le supermarché de la revendication des élections 2007, mais il y avait cette idée d’en parler. Ne pas le faire aurait été une faute professionnelle. D’autant plus que l’on sentait de la part des gens, sur le net comme ailleurs, une curiosité à connaître notre réflexion et notre opinion. Nous attacher à un candidat ce n’est pas notre truc, par contre écrire sur Sarkozy et Chirac c’est notre façon de tirer sur ce qui est ou était dangereux.

Dans les textes qui leur sont adressés, vous utilisez des armes comme le cynisme et l’ironie…
Les textes sont notre marque de fabrique. Je les soigne pour qu’ils restent pertinents et que ces armes soient efficaces. Le morceau sur Jacques Chirac vient d’une envie d’ironiser sur un mec qui a traversé notre génération.

Quel était l’objectif de la campagne d’affichage sur lequel on pouvait lire "Voter nuit aux sales idées" ?

Au lieu de placarder notre disque, on voulait mettre en avant cette phrase pour se positionner. Notre idée a toujours été de faire avancer les choses sans effroi, à l’encontre de cette instrumentalisation de la peur par des candidats comme Le Pen, Sarkozy, de Villiers… Notre politique a toujours été de s’immiscer dans un événement et cette fois, coller à l’actualité était plus qu’opportun.

Quel est le rôle de No One Is Innocent ?
L’idée qui revient est celle de contre-pouvoir. Aux yeux des gens qui ont le pouvoir, aux oreilles de ceux qui nous entendent, on est peut-être ce symbole-là. Un groupe qui se fait le porte-voix de ce que pense une partie de la France.

Certains artistes se sont engagés lors de cette campagne auprès des candidats, qu’en avez-vous pensé?
C’est l’engagement des artistes quand il y a une cause à défendre qui m’importe. Les sans-papiers, par exemple. Poser ses fesses sur un strapontin pendant un congrès, ce n’est pas très intéressant. De notre côté, nous sommes à notre place auprès des associations qui luttent contre les sales idées, près d’Education Sans Frontières, derrière Act Up, Ras-le-Front… Pas à côté d’un candidat. Dans le cadre d’un groupe, c’est une erreur de se positionner. Par contre, je me retrouve complètement dans les actions comme celle menée par Bruce Springsteen aux Etats-Unis. Il a monté une tournée dans tout le pays pour la non-intervention en Irak. Mais avant tout, notre créneau, c’est la musique.

L’album redonne au rock des accents groovy, une façon d’aérer votre discours?
On a souhaité avec ce disque être en phase avec ce qu’on aime, avec des échos à AC/DC, des envolées "nirvanesques", des accents "ragiens" (en référence au groupe de fusion américain Rage Against The Machine, ndlr.) L'objectif de No One est d’être en cohérence totale avec ce que nous sommes.

Le son est aussi plus direct et brut, pourquoi ?
Ce qu’on aime c’est faire de la musique au jour le jour. Je crois que plus on avance, plus on revient à la base, aux racines du genre. Il s'agit sans doute d'une question de cycles, avec comme objectif celui de se renouveler. C’est aussi le premier disque de No One réalisé aussi vite. On se connaît maintenant bien avec les autres musiciens, il y a une bonne communication qui porte la création.

Comment va se matérialiser le combat des idées dans les mois à venir ?
En restant fidèles à nous-mêmes, dans le choix de nos titres en concert et en continuant de rencontrer les gens qu’on a envie de défendre.

No One Is Innocent Gazoline (Label AZ) 2007
En tournée le 20 juillet, Landresse (festival Guerre du Son), le 21 à Spa (Francofolies / Belgique)
En concert le 16 octobre à la Cigale à Paris