Rock en Seine 2007

Rendez-vous désormais incontournable des amateurs de décibels, le festival parisien Rock en Seine vient de fêter ses cinq ans d'existence. Les 24, 25 et 26 août, cette édition anniversaire a tenu ses promesses. Organisation impeccable, programmation solide et éclectique, du soleil pour ne rien gâcher, le parc de Saint-Cloud et ses 60000 invités ont vibré d'un esprit rock à la croisée des genres.

Découvertes françaises

Rendez-vous désormais incontournable des amateurs de décibels, le festival parisien Rock en Seine vient de fêter ses cinq ans d'existence. Les 24, 25 et 26 août, cette édition anniversaire a tenu ses promesses. Organisation impeccable, programmation solide et éclectique, du soleil pour ne rien gâcher, le parc de Saint-Cloud et ses 60000 invités ont vibré d'un esprit rock à la croisée des genres.

Il a pourtant commencé sur les dents. Vendredi matin, la météo a semblé vouloir tirer jusqu’au bout sur la ficelle d’une semaine triste et grise. Matinée humide, un comble pour le plus gros festival français calé sur les derniers rayons de soleil entre la fin des vacances et les frilosités de la rentrée. Portés par la réussite croissante des précédentes, 46000 personnes en 2005 et 57000 en 2006, les organisateurs ont décidé pour 2007 d’innover. De deux, les festivités se sont étirées cette fois sur trois jours. "C’est une façon de marquer le coup après 5 ans, mais aussi d’essayer des choses. Cette édition est un pilote, même s’il va nous manquer des entrées pour équilibrer le bilan" confie Christophe Davy, programmateur et producteur du festival.

Une journée supplémentaire, plus de groupes, le plateau des quarante-cinq artistes réparti sur trois scènes a puisé non pas dans un foyer de rock strict mais dans des genres éclectiques à l’énergie commune. "Le rock aujourd’hui, ça veut dire plein de choses, les frontières bougent" poursuit Christophe. La foule jeune, bigarrée, lui a pourtant donné raison, grisée par le soleil éclatant du week-end. Les accents pop, électro, jazz… se sont ainsi glissés dans le bataillon de fougueux en rang serré portant haut la guitare affûtée. Les écossais de Mogwai, les suédois de The Hives, les reformés de The Jesus and Mary Chain… La présence de têtes d’affiche confirmées a souligné le poids de Rock en Seine en tête du peloton des festivals européens. Arcade Fire vendredi et les américains de Tool, samedi, ont offert une saisissante volée de sonorités fiévreuses et hypnotiques. Ces derniers ont fermement tenu l’aubaine de faire sortir leur musique métallique du public spécialisé. Björk, dimanche, a clôturé en beauté mais en douceur le podium aux grosses cylindrées.

Côté français

Comme ailleurs, la scène française se gonfle du renouveau rock qui souffle actuellement. Certains font débat, d'autres ont eu l'unanimité. Outre les déjantés tennis-rockers de Housse de Racket, mention au rock froid mais intense de Nelson dont la prestation carrée a confirmé tous les espoirs du disque. La promesse d'une violence schizophrénique était-elle à chercher samedi, du côté de I Love Ufo. Intense et habité, leur musique à la croisée du rock progressif et de la noise a soufflé le public. Une bonne occasion donnée à RFI Musique de les rencontrer en sortie de scène :

RFI Musique : Encore une fois, vous avez fait un concert intense…
Butch McCoy (chanteur/guitariste) :
Là, d'autant plus que nous n'avions qu'une demi-heure pour attraper les gens. Sinon en règle générale, je dois perdre 3 litre d'eau par concert. Le spectacle est quand même à la base même du live. Notre credo n'est pas de jouer vite et fort mais il faut qu'il y ait de la masse.

Tes performances explosives sur scène sont presque schizophréniques, comment fais-tu ?
Je ne me drogue plus. J'ai pris pas mal de LSD, ça m'a quelque part ouvert des portes et la musique m'aide à retrouver cet état. Je pars du principe que jouer dans I Love UFO implique cette part de transe. Moi dès que le son part, je ferme mon cerveau, il n'y a plus que la musique et j'essaie de voir… Dieu.

Que penses-tu du festival ?
Content d'y être, je pense même qu'on aurait pu y être dès l'année dernière, sur la grande scène.

Pourquoi ?
Ce n'est pas facile pour notre musique inclassable et la scène noise en général de jouer en France. Pourtant le public est demandeur, alors on a l'esprit un peu revanchard. Prenons exemple sur l'édition précédente du festival. Sonic Youth a joué 15 mn de noise totale, sans rythme ni parole. Les gens sont restés, tous leurs concerts sont d'ailleurs complets, c'est plutôt éloquent.

Vous préparez actuellement votre prochain album ?
Un second guitariste a dernièrement rejoint le groupe. Pour l'instant nous avons une bonne dizaine de morceaux, le disque devrait sortir début 2008. L'album flirte avec Queens of the Stone Age et Sonic Youth, je m'avance peut-être mais je pense qu'il va secouer les gens.