Sylvie Vartan

Les années 1960, elle les a incarnées aux côtés de Johnny, Eddy, Françoise, Jacques et tant d’autres. Sylvie Vartan a voulu revenir en studio pour chanter quelques-uns des tubes pop de toujours. L'album Nouvelle Vague est un retour sur cette période faste. L'histoire de Sylvie Vartan y est tellement liée.

Nouvelle Vague

Les années 1960, elle les a incarnées aux côtés de Johnny, Eddy, Françoise, Jacques et tant d’autres. Sylvie Vartan a voulu revenir en studio pour chanter quelques-uns des tubes pop de toujours. L'album Nouvelle Vague est un retour sur cette période faste. L'histoire de Sylvie Vartan y est tellement liée.

Le morceau introductif de l’album Nouvelle Vague est le tube le plus diffusé dans les émissions matinales de radio, un hymne aux programmateurs en manque d’inspiration : Il est cinq heures, Paris s’éveille. Ça marche à tous les coups ! Mais pourquoi cet album de covers à l’américaine, avec production scintillante et studio suréquipé, a-t-il cette force attractive, séductrice qui nous fait écouter le CD jusqu'au dernier morceau ? Sans doute parce que personne d’autre que Sylvie Vartan n’aurait pu habiter ces standards français et anglais des années 60-70 avec autant de décontraction vocale, de conviction. La Nouvelle Vague revisitée par Sylvie a des airs bossa nova et cubains, cuivrés, percutés et dorés de chœurs doublés par elle-même, qui pousse dans les graves.

Sa voix se fait légère, éthérée sur Le Temps des amours composée par Dutronc pour Françoise Hardy. L’interprète de Tous les garçons et les filles s’est réjouie d’entendre son amie Sylvie lui dire qu’elle allait reprendre cette chanson car elle déteste sa propre version. Sylvie brouille les pistes avec sa propre vision de Dream A Little Dream Of Me de Mama Cas (déjà adaptée par Enzo Enzo, Les Yeux ouverts), un bel exercice de style tout en délicatesse. En revanche, la facilité de Ya ya twiste fait de ce titre le point faible de l’album. La musique a tendance à embarrasser le chant très beau (avec ce qu’il faut de réverb’ sixties dans les fins de couplets). Les chansons moins orchestrées sont plus touchantes. Suzanne et Ruby Tuesday en premier lieu. Reach Out I’ll Be There de Lamont Dozier pour les Four Tops, chanté en français (J’attendrai) comme Claude François, semble allégé dans les effets. Il n’en est que plus entraînant.

En s’adonnant à la délicate mission de la reprise, Sylvie Vartan fait revivre des mélodies fortes qui ont marqué une génération. Drive My Car évoque les samedis soirs dans les drive-in, en compagnie des personnages d’American Graffiti de George Lucas. Une relecture réussie, avec une tournerie rock étonnement tendue, une voix robuste comme un chêne, sans compter l’accentuation parfaite. Tout au long de l’album, les surprises saisissent l’auditeur : des chansons rarement entendues ces dernières années réapparaissent par miracle, comme Chante de Ronnie Bird sur un gimmick rock psyché que ne renierait pas Beck (il rappelle étrangement le riff de Devils Haircut). Ou encore I’m A Believer des Monkees, à nouveau en anglais. Nouvelle Vague se conclut par Souvenirs souvenirs au tempo ralenti, “gospelisé” pour laisser briller la voix mate de la chanteuse, adapté à un retour dans la mémoire de la pop-music mondiale de ces swinging sixties chères aux cœurs de tous les amateurs des yéyés.

Un livre sortira dans quelques jours en librairie retraçant tous les spectacles de Sylvie Vartan depuis ses débuts dans les années 60.Sylvie Vartan Nouvelle Vague (Mecury/Universal) 2007