Vanessa Paradis, sept ans après

Divinidylle, le nouvel album de Vanessa Paradis, sort sept ans après Bliss. Compagne de Johnny Depp et mère de deux jeunes enfants, elle a pris son temps avant de retrouver Matthieu Chédid, alias M, son complice pour l’écriture et la réalisation de cet album aux couleurs pop modernes et au son dépouillé. Retrouvailles avec une voix toujours aussi familière de la chanson française, vingt ans exactement après Joe le taxi, le gigantesque tube qui lança sa carrière.

Enfin un nouvel album

Divinidylle, le nouvel album de Vanessa Paradis, sort sept ans après Bliss. Compagne de Johnny Depp et mère de deux jeunes enfants, elle a pris son temps avant de retrouver Matthieu Chédid, alias M, son complice pour l’écriture et la réalisation de cet album aux couleurs pop modernes et au son dépouillé. Retrouvailles avec une voix toujours aussi familière de la chanson française, vingt ans exactement après Joe le taxi, le gigantesque tube qui lança sa carrière.

RFI Musique : Quel est votre sentiment, au moment de la sortie de votre album ?
Vanessa Paradis :
On passe par beaucoup d’étapes, surtout quand on ne se précipite pas – on a pris du temps pour faire ce disque. Au moment de le faire, c’est l’enthousiasme, une ébullition de création, d’amitié, d’envie, de recherche. A l’approche de la sortie, c’est plus "j’aurais dû tout recommencer". Avec le trac, je ne sais plus le vrai fond de ma pensée, l’envie de tout reprendre ou la satisfaction.

Etait-ce évident de retravailler avec M ?
Ce n’était pas évident comme si je l’avais décidé en terminant l’album précédent. Je n’y ai pas pensé, d’abord, puisque pour commencer j’étais toute seule dans mon coin à essayer de trouver des chansons. Du moment où j’ai commencé à travailler avec Matthieu, et que j’ai vu que c’était si beau, si agréable et si naturel, il n’était pas question d’aller ailleurs.

On a l’impression que vous recherchez surtout la simplicité et le naturel dans votre carrière…
Il y a des gens qui ont envie de travailler coûte que coûte avec tel producteur pour apprendre ou pour le son... Aucune manière n’est meilleure que l’autre mais, moi, je sais que je n’ai pas envie de souffrir.

Donc, l’essentiel de l’album s’est fait avec M et Frank Monnet… Comment tous les autres auteurs et compositeurs sont-ils intervenus ?
Tout se lie. J’avais tourné une scène avec Thomas Fersen dans le film Mon ange de Serge Frydman. Comme j’adore ce qu’il fait, je lui avais demandé une chanson à ce moment-là. Le texte de Jean Fauque (Chet Baker) avait été envoyé à Matthieu. Matthieu a demandé à Brigitte Fontaine un texte pour moi (Irrésistiblement), Junior Suite est un texte que Didier Golemanas avait donné à Alain Chamfort pour qu’il en fasse la musique, à l’époque de Bliss.

Vous n’aviez pas enregistré depuis sept ans. Fallait-il tout réapprendre en retrouvant le studio ?
Tout et son contraire se passent en même temps. Le naturel qui revient, comme l’envie qui est le moteur et la chose la plus importante. Et puis les cordes vocales, c’est un muscle qu’il faut travailler et, quand on ne travaille pas… Si on n’a pas chanté depuis longtemps, les longues notes et les notes aiguës ne sortent pas comme ça par magie. Il faut les mériter, il faut les gagner. Il faut réapprendre, mais ce n’est pas rébarbatif comme quand on se remet à faire du sport et qu’on est rouillé. Chanter est une sensation tellement agréable…

Avec cet album, sentez-vous une rupture avec l’ancienne Vanessa ?
Je suis comme tout le monde : je n’ai pas la sensation d’avoir connu tout à coup un changement ; comme pour tout le monde, il y a eu une évolution. On grandit, on vieillit, on change, on essaye.

Mais il y a quand même eu une rupture flagrante avec l’album Bliss, en 2000…
Le changement conscient, forcément, c’était d’écrire enfin des chansons. Auparavant, j’avais interprété trois albums. Pour le coup, mettre la main à la patte était primordial. Etre une artiste, c’est y mettre du sien, ne pas seulement profiter du talent des autres. Aujourd’hui, je ne peux pas faire autrement. J’admire les gens qui font un album entier, musique et paroles.

Vous signez cinq musiques et un texte de votre nouvel album. Pensez-vous, justement, écrire un jour un album tout entier ?
Je ne suis pas sûre… Je suis aussi tellement heureuse de chanter les chansons des autres. Quand Thomas Fersen m’envoie une chanson, je l’écoute, je la trouve sublime, je ne peux pas dire : "non, non, je ne veux chanter que les miennes". En plus, je ne suis pas sûr d’avoir de quoi nourrir un album entier. Je vois déjà à quel point c’est laborieux de faire ces quatre ou cinq chansons pour ce disque. Peut-être, un jour… Mais quand j’écris un texte, mon souci est de ne pas être impudique. Or, je n’arrive pas tellement à raconter des histoires, ce sont tout le temps des choses ressenties. En plus, le style ne me plait pas souvent. C’est pour ça qu’il n'en reste qu’un sur le disque.

Depuis votre dernière tournée, il y a six ans, la scène ne vous manquait-elle pas ?
Pas tellement parce que je suis tellement heureuse des autres choses que j’ai faites. Evidemment, il peut y avoir un peu d’impatience au moment où je me sens prête et ai décidé de recommencer : le processus de chercher, trouver et enregistrer les chansons est long. Mais c’est encore agréable de trépigner à ce point.

Pensez-vous déjà à vos concerts dès l’enregistrement des chansons ?
C’est automatique dès qu’il y a une chanson rapide : on imagine l’effet que ça va pouvoir faire sur le public, on pense au moment où on va pouvoir les faire chanter, les voir danser, taper dans les mains, sauter sur place.

On a toujours beaucoup commenté vos reprises, à vos tournées précédentes. Avez-vous déjà une idée des prochaines ?
Il y a tellement de chansons à reprendre… Il faut juste savoir laquelle sera à sa bonne place parmi mes chansons. Le choix est difficile.

Vanessa Paradis Divinidylle (Barclay-Universal) 2007