Kirikou défie le Roi Lion

Adaptés des dessins animés qui avaient rencontré un grand succès lors de leur sortie, les comédies musicales Le Roi Lion et Kirikou et la Sorcière présentées en ce moment à Paris, transportent avec elles des musiques aux forts parfums d'Afrique.

Deux comédies musicales aux couleurs d’Afrique

Adaptés des dessins animés qui avaient rencontré un grand succès lors de leur sortie, les comédies musicales Le Roi Lion et Kirikou et la Sorcière présentées en ce moment à Paris, transportent avec elles des musiques aux forts parfums d'Afrique.

Le soleil se lève sur la scène du théâtre Mogador. De sa voix puissante, la Sud-africaine Zama Magudulela qui interprète le singe Rafiki donne le signal et lance la chanson d’ouverture, Le Cercle de la vie. Dans la lumière orangée des premières heures du jour, les animaux de la savane font leur apparition les uns après les autres : un guépard à la souple démarche, d’impressionnantes girafes commandées par des comédiens juchés sur des échasses, des zèbres, des gazelles… Aucun, à l’exception du vil Scar, n’a oublié de venir assister à la présentation du jeune Simba, le rejeton de leur souverain Mufasa. Tout rappelle avec précision l’univers du Roi Lion, le célèbre dessin animé des studios Walt Disney sorti en 1994, transformé dans la foulée et avec le même succès en spectacle musical à Broadway.

Après avoir voyagé à Londres, Hambourg ou Tokyo, la création de la metteur en scène Julie Taymor se joue depuis le 4 octobre dans une salle parisienne. Dialogues et chansons ont été entièrement traduits en français. Un nouveau titre a également été enregistré pour l’occasion.

Chanté par Zama Magudulela, Jérémy Fontanet (dans le rôle de Simba) et l’ancien élève de la Star Academy Jee-L (qui campe le personnage de Mufasa), Il vit en toi s’inscrit parfaitement dans le reste du répertoire composé en grande partie par le Sud-africain Lebo M, subtil équilibre entre musique pop et chorales zouloues.

Dans la troupe qui compte quarante artistes – sans oublier les dix-sept musiciens – figure aussi Valérie Louri, finaliste en 2006 du concours 9 Semaines et 1 jour, présélection à l’Eurovision organisée dans les Dom-Tom par RFO (Réseau France Outremer). La chanteuse danseuse martiniquaise avait déjà pris part à La légende du roi Lion, un spectacle monté à Disneyland Paris.

Kirikou en scène

Pendant que le jeune Simba rugit pour retrouver son rang auprès des siens devant le public de Mogador, c’est une autre fable sur fond d’Afrique qui se joue depuis le 3 octobre à quelques centaines de mètres de là. Au Casino de Paris, Kirikou se démène pour mettre un terme aux agissements de la méchante (mais pas tant que ça) sorcière Karaba qui terrorise les gens de son village.

Héros de deux longs-métrages animés qui ont remporté un succès aussi immense qu’inattendu, le petit et vaillant personnage imaginé par Michel Ocelot, apparaît d’abord sous la forme d’une marionnette dans la comédie musicale relatant ses aventures fantastiques, avant d’être incarné à l’âge adulte par le danseur Legrand Bemda-Debert. Les musiques de Youssou N’Dour dans le premier épisode projeté en salle puis de Manu Dibango dans le second avaient grandement contribué à la notoriété de cet étonnant bébé au gros ventre.

Cette fois, c’est à Christophe Minck qu’a été confiée la mission d’adapter le thème de Kirikou et d'accompagner les chorégraphies en créant de nouvelles chansons rassemblées dans un album.

Parti des textes de Michel Ocelot, inspiré par la mélodie de Youssou N’Dour, respectant certaines consignes de tempos souhaitées par le metteur en scène Wayne McGregor, le multi-instrumentiste français a voulu "trouver une texture sonore un peu nouvelle qui ne soit pas juste de la musique traditionnelle, que ça puisse se mélanger avec le jeu des acteurs, les danses". Pas de batterie, éviter les programmations pour garder une atmosphère acoustique, quitte à faire appel au beat boxer Sly Johnson, remarqué au sein du Saïan Supa Crew, afin de  donner corps à certaines rythmiques.

Après avoir fait des maquettes précises des morceaux, Christophe Minck s’est envolé pour le Mali. Impossible, à ses yeux, de ne pas passer par le continent africain pour être en phase avec le monde de Kirikou. Au studio Bogolan de Bamako, les musiciens les plus réputés du pays sont venus apporter leur contribution à la conception de cette bande-son chantée chaque soir par les comédiens. Sur le disque, on retrouve Idrissa Soumaoro, lauréat du prix RFI Musique du monde en 2004, le koriste Ballaké Sissoko, le brillant guitariste Djelimady Tounkara, ancien membre du Rail Band…

Un temps pressenti pour interpréter Karaba, jouée finalement par Fatoumata Diawara, Rokia Traoré partage pour la première fois le micro avec sa compatriote Oumou Sangaré sur I Dan Soko et avec Youssou N’Dour sur Je vais orner ton corps. Rokia et la star sénégalaise sont également réunis avec le rappeur Oxmo Puccino dans une version de J’étais faite pour aimer, l’un des vingt-deux titres de l’album Kirikou et Karaba, qui contient un autre duo inédit de  Tété et Angélique Kidjo. Aucun doute, Kirikou est petit mais il est aimé.

Le Roi Lion à partir du 4 octobre au théâtre Mogador
Kirikou à partir du 3 octobre au Casino de Paris
Bande originale Kirikou & Karaba (EMI Music France) 2007