AqME, dinosaures juniors

Nouvel et déjà quatrième album pour les Parisiens d’AqME. S’ils ont dernièrement multiplié les projets parallèles, les musiciens ont toutefois repris la formule rôdée qui a fait leur succès. Le disque précédent La fin des temps s’aventurait sur un versant plus rock et référencé, Hérésie remet lui les compteurs à zéro. Ou plutôt à fond. Rencontre avant leur passage à Paris au Bataclan les 28 et 29 mars 2008.

Hérésie, quatrième album de la formation parisienne

Nouvel et déjà quatrième album pour les Parisiens d’AqME. S’ils ont dernièrement multiplié les projets parallèles, les musiciens ont toutefois repris la formule rôdée qui a fait leur succès. Le disque précédent La fin des temps s’aventurait sur un versant plus rock et référencé, Hérésie remet lui les compteurs à zéro. Ou plutôt à fond. Rencontre avant leur passage à Paris au Bataclan les 28 et 29 mars 2008.

RFI Musique : Trois ans se sont écoulés depuis votre dernier disque, qu’avez-vous fait ?
Thomas (chant) : Après une tournée menée tambour battant pour La fin des temps, nous avons décidé de faire un break d’un an. Nous avons pu nous consacrer en douceur à la réalisation de ce nouveau disque.

Vous avez aussi, chacun, développé des projets parallèles ?
Ben (guitare): Faire de la musique, c’est notre métier et on ne peut pas tous les jours faire du AqME. Mon projet s’appelle Die On Monday (avec Tony du groupe Enhancer, ndlr), c’est un délire autour des bases du heavy-metal, de groupes comme Led Zep, Black Sabbath…
Thomas : De mon côté, l’envie s’est manifestée avec la volonté simple de faire autre chose. Mon projet s’appelle Vicki Vale (avec Yann, guitariste du groupe français Mass Hysteria, sortie prévue courant mars 2008, ndlr.) C’est l’aboutissement de deux ans et demi de gestation. D’après le label, ce serait de la pop-accoustique et folk alternative… (rires) J’aime bien la musique calme de temps en temps. Je pense qu’après ces aventures, chacun d’entre nous est revenu vers AqME avec une certaine fraîcheur.

Ces envies étaient-elles inconciliables avec le groupe ?
Charlotte (basse) : Oui, en l’occurrence j’ai d’abord passé mon diplôme de professeur de danse suédoise avant de me lancer sur un projet musical parallèle ! On a pour l’instant cinq morceaux dans un esprit plutôt hard-rock, même 70’s.
Etienne (batterie): Oui c’est le but. Quand j’ai fait Grymt (projet grindcore et premier album sorti en novembre 2006, ndlr), c’était pour m’éclater. L’année dernière, je n’y ai pas touché.

Tirez-vous de ces expériences de futures influences pour le son d’AqME ?
Etienne : Il n’y a aucune raison de bouleverser les choses qui nous plaisent. On peut nous le reprocher mais on reste nous-mêmes. Néanmoins, je ne pense pas que l’on fasse à chaque fois le même disque. Ce disque-là est plus puissant et rageur. A chaque fois, c’est un petit peu pareil mais quand même différent.

Avec votre album précédent, plus rock que métal, vous disiez vouloir chercher un nouveau public. L’avez-vous aujourd’hui?
Etienne : On cherche toujours un nouvel auditoire, surtout quand le public rock disparaît de la surface de la France. Bizarrement, à notre quatrième album, on fait déjà partie des dinosaures.
Thomas : Avant tu étais un vieux groupe à quarante ans et douze disques derrière toi. Aujourd’hui tu l’es à trente.

Comment l’expliquez-vous ?
Thomas : Beaucoup de groupes disparaissent autour de nous, des médias aussi. Notre public a grandi et émigré vers la musique électronique. Ce qu’on ressent, c’est une évolution vers un état d’esprit du type : "Je suis grand, je suis mature, j’arrête d’écouter de la musique d’ado !"

Dans ce contexte, l’exportation est-elle une priorité ?
Thomas : On y pense. En tout cas, le disque est prêt à partir en Allemagne, on espère embrayer sur une tournée. Ce serait nos premiers pas avec AqME là-bas.

Chanter en français vous paraît-il un obstacle ?
Thomas : Je crois qu’à partir du moment où ta musique est sincère, elle touche les gens. Donc peu importe.

Pourquoi avoir choisi Hérésie comme titre de l’album ?
Thomas
 : Il est en décalage avec tout ce qui se fait aujourd’hui, c'est une hérésie dans le paysage musical.
Etienne : Je pense que beaucoup de gens nous attendaient plus ramollos, et nous leur prouvons le contraire. La tournée précédente nous a lancé sur une puissance encore inédite, on a souhaité la retranscrire. Par rapport à tout ce que l’industrie propose comme musique, nous sommes une alternative. D’une certaine façon, nous faisons du métal alternatif.

Les textes sont une nouvelle fois très sombres sans pour autant vraiment prendre parti. Difficile de s’engager chez AqME ?
Thomas : Il n’y a pas forcément volonté de passer un message, plutôt de poser une question. Ensuite, c’est à l’auditeur de faire son choix.  Nous ne donnons pas de leçons.

Vous avez également utilisé internet pour votre promotion, de quelle façon ?
Nous avons mis l’album intégralement en écoute sur le site My Space, une semaine avant la sortie. Internet est source de merveilleux mais aussi de nombreux problèmes. Pour la musique, je crois qu’il ne détruit plus qu’il ne crée.

 Ecoutez un extrait de

Aqmé Hérésie (At(h)ome) 2008
En tournée en France et en concert à l'Elysée-Montmartre à Paris les 28 et 29 mars 08.