Radio R. Wan

N’ayez pas peur ! Approchez-vous de ce surprenant disque-cabaret qu’est Radio Cortex volume 2. R. Wan en Monsieur Loyal aussi drôle qu’inquiétant propose un véritable kaléidoscope musical. De l’easy listening au reggaeton, en passant par le ragtime et l’électro, le chanteur de Java offre une cure de jouvence à la chanson française.

Deuxième album solo pour le chanteur de Java

N’ayez pas peur ! Approchez-vous de ce surprenant disque-cabaret qu’est Radio Cortex volume 2. R. Wan en Monsieur Loyal aussi drôle qu’inquiétant propose un véritable kaléidoscope musical. De l’easy listening au reggaeton, en passant par le ragtime et l’électro, le chanteur de Java offre une cure de jouvence à la chanson française.

Deux ans après le premier volume de Radio Cortex, R. Wan, le chanteur du groupe Java, revient en solo. Le concept reste identique : un zapping de styles musicaux telle une balade sur la bande FM. Un disque réalisé et enregistré dans des conditions artisanales par K-Mille (No One is Innocent, UHT…) : "J’aimais bien le premier Radio Cortex, explique R.Wan, je l’avais bricolé à droite et à gauche avec plein de gens différents. Je le trouvais homogène mais ça partait un peu dans tous les sens. Là j’ai travaillé avec la même personne. C’est plus ramassé. Même s’il y a plusieurs genres musicaux, on a fait en sorte que ça paraisse logique du début à la fin du disque".

Ça commence avec Pro-log, titre abstract hip-hop au refrain de chanson réaliste. Puis ce sont les rythmes slaves qui prennent le pas sur A pic. On s’arrête sur Quand on est riche, ballade easy listening à hurler de rire pour voyager dans l’Amérique des années 1950 avec Long Song Single. C’est bien simple, aucun morceau ne se ressemble, chacun partant dans une direction différente. Le fil directeur ? C’est R.Wan : "Je suis auteur et pas musicien, on essaie d’adapter au mieux les textes avec les musiques. Elles servent surtout à illustrer le propos". Malgré le peu de moyens, la production de ce Radio Cortex Volume 2 estomaque.

Rythmer la langue française

R. Wan aime avant tout raconter des histoires, comme sur Charley et Tom, une chanson à mi-chemin entre sketch et slam. Un exercice de style où il narre la rencontre des deux héros (qui sont aussi le nom de deux des éléments qui composent une batterie) en exploitant à fond le chant lexical de l’instrument (balai, cymbale, grosse caisse…) et en l’illustrant par les sons mentionnés. Le genre de morceau de dingue qui vous laisse sur les fesses !

"J’aime travailler les mots, confie R.Wan. La langue française est assez monotone et très peu rythmique. Elle nous handicape beaucoup pour faire de la musique. Il n’y a qu’à voir le nombre de groupes de rock qui chantent en anglais ! Finalement, il n’y a que ceux qui font de la chanson française ou du rap qui utilisent beaucoup la langue française. La façon de cultiver notre langue est un peu désuète parce que c’est une langue très littéraire. J’essaie de travailler le langage pour le rendre plus rythmé."

Diable, R. Wan serait-il fin prêt à intégrer l’Académie Française ? Enfin de nouvelles forces pour faire rayonner la francophonie de par le monde ? Raté ! "Je ne suis pas un défenseur de la langue française dans le sens où elle peut se transformer et changer de nom demain. Je m’adapte au monde dans lequel je vis. Je ne suis pas contre l’américanisation des mots. Ce qui est intéressant c’est de s’en emparer et de les transformer. Dans ma recherche en musique, j’essaie de faire sonner les mots. Quand on dit "défenseur de la langue française", il y a un côté académicien, figé, tout le contraire de ce que je veux défendre. Je me définis plus comme éclaireur." Notre chanteur est dernièrement allé promener sa lanterne à Moscou, histoire de vérifier le bien-fondé de ses recherches : "C’est un très bon exercice. Comme le public ne comprend pas, tu dois être beaucoup plus attentif à la prononciation pour rendre les mots plus musicaux. C’est passé, les gens ont dansé. Comme quoi ce n’est pas un handicap de chanter en français !"

L’art de s’inviter sur scène

Il faut avouer aussi que pour séduire les foules, R.Wan n’hésite pas à payer de sa personne. Lors d’un concert de Java, vous l’avez peut-être vu cul nu ou déguisé en Dieu ? Là, pour la sortie de Radio Cortex 2, il s’est procuré un superbe déguisement de Donald ! "Je n’ai pas une super voix pour faire des chansons d’amour [complètement faux !, ndlr]. Mais je me rends compte que je peux faire rire donc j’essaie de jouer là-dessus. Après, j’essaie de chercher un truc extrême pour que ça ait un intérêt. Je ne pense pas que les sentiers battus intéressent les auditeurs." Ce qui nous donne Coin-coin, le pétage de plomb tragi-burlesque d’un intermittent du spectacle interprétant Donald au parc Eurodisney, ou encore Demain, titre très fin interprété en duo avec le jamaïcain Winston Mc Anuff.

Et avec ceci, ce sera tout ? Non ! Après cinq ans de silence discographique, les quatre membres de Java ont repris le chemin de la composition. Un nouvel album est annoncé pour le début de l’année 2009. En attendant, une tournée d’été est prévue aussi bien pour Java que pour R. Wan et son Radio Cortex Volume 2. Certainement même ensemble. Vous pourrez alors vous aussi vous adonner à l'un des passe-temps favoris d’R. Wan : le "take over" ou l’art de s’inviter sur scène en plein concert d’un autre artiste. "Ça peut être drôle. Une fois, je l’ai fait sur un concert de Bazbaz, les videurs étaient venus me chercher. Avec Java, on fait souvent monter des gens. Après, si c’est un mec complètement bourré, c’est moins amusant…"

 Ecoutez un extrait de

- 08/09/2016

 

- 08/09/2016

R. Wan Radio Cortex Volume 2 (2temps3mouvements/PIAS) 2008