Céline Dion, retrouvailles françaises

Après cinq ans de sédentarisme à Las Vegas, Céline Dion a repris la longue route des tournées. Et, neuf ans après ses derniers concerts à Paris, elle retrouve le public parisien pour six soirées à Bercy.

La star à Bercy

Après cinq ans de sédentarisme à Las Vegas, Céline Dion a repris la longue route des tournées. Et, neuf ans après ses derniers concerts à Paris, elle retrouve le public parisien pour six soirées à Bercy.

Neuf ans après deux concerts au Stade de France, Céline Dion a retraversé l’Atlantique pour chanter à Paris. Après les 723 représentations de son spectacle A New Day à Las Vegas, elle a repris la route : sa tournée Taking Chances a commencé le 14 février 2008 à Johannesburg pour le premier de ses huit shows en Afrique du Sud et s’achèvera le 29 janvier 2009 à Fort Lauderdale aux Etats-Unis. Les onze concerts en France, Suisse et Monaco, ces jours-ci et en juillet prochain, devraient être complets. Il n’y a pourtant guère d’espoir d’une prolongation de la tournée en Europe, quelque soit la chaleur des retrouvailles : entre son dernier concert européen le 12 juillet et le premier concert de sa tournée américaine le 12 août, c’est son sacro-saint mois de vacances…

Alors elle savoure son passage en France, qui la chérit depuis presque aussi longtemps que le Québec. Et le pays célèbre son retour de toutes les manières possibles : la statue de cire de son cher René, manager et époux, va trôner à son côté au musée Grévin, elle sera reçue au Palais de l’Elysée où le président de la République lui remettra les insignes de la Légion d’honneur…

Mais son show est toujours massivement américain : sur une scène centrale, environnée d’un groupe particulièrement efficace et de huit danseurs et danseuses athlétiques, elle apparaît dans toutes les incarnations de la grande chanteuse de variétés internationales, de ses grands tubes héroïques aux nouvelles chansons de l’album Taking Chances, des ballades sentimentales aux titres les plus rentre-dedans de son répertoire.

Première européenne à Londres

Nous avons eu la chance de voir son concert la semaine dernière au O2 Arena de Londres, après lequel elle a répondu aux questions des journalistes français. Elle accepte sereinement la remarque qu’on lui fait : sa voix semble plus grave, moins agressive dans les aigus et plus agile dans le bas du registre. "Je n’ai jamais pris le temps – et je ne le prendrai pas – de revenir en arrière pour voir s’il y a une différence ou un changement de tonalité. Mais je pense que c’est normal qu’un instrument change, qu’il y ait un changement dans le corps, la texture de la peau, la sagesse, la maturité et évidemment la voix."

Outre la revue de ses plus grands tubes anglo-saxons (et ils sont nombreux), elle s’offre aussi sur scène quelques plaisirs choisis, comme un hommage à Queen : un extrait de We Will Rock You puis The Show Must Go On. "Si je m’écoutais, je pense que je ferais beaucoup de chansons d’autres chanteurs. Quand on est musicien, on a envie de tout jouer. Freddie Mercury est un des plus grands performers qui aient jamais existé – la voix, le charisme… Entrer dans le monde noir comme le velours de Freddie Mercury, c’est un plaisir que je m’offre. C’est comme s’acheter un très gros rubis : ce n’est pas nécessairement pour prouver aux autres qu’on a les moyens de se le payer ; chanter Queen, c’est un cadeau que je me fais."

Les émotions de la tournée Taking Chances sont parfois plus intimes, comme avec la chanson My Love, écrite pour elle par Linda Perry : "Je ne comprends pas pourquoi cette chanson me fait cet effet-là, si c’en est le texte, la mélodie, le pont... Mais il y a une corde sensible qui a été, je pense, atteinte pour la première fois de toute ma carrière. Je pensais avoir tout chanté et j’en suis encore à chercher pourquoi, prise après prise, je n’ai pas été capable de chanter My Love en studio, pourquoi j’ai été obligée de me durcir pour pouvoir l’enregistrer. Les gens pensent que le show business, n’est que de l’artificiel, du montage, du contrôle parfait. Mais j’ai l’impression qu’avec cette chanson, cette fille est entrée dans mon âme pour la première fois. Et même moi, je n’ai même pas la clé. J’ai décidé de la mettre dans le spectacle. Alors il y a des soirs où je vais y arriver et des soirs où je ne vais pas y arriver. Mais ça vaut le coup."

Entre français et anglais

Pour les étapes dans les pays francophones (dont ses huit concerts à Montréal en août), dix chansons en anglais sortent du show et sont remplacées par dix chansons en français. "J’ai la chance d’avoir la possibilité de le faire. Mais, de toute façon, depuis que j’ai commencé à chanter aux Etats-Unis, j’ai toujours au moins une chanson en français à chacun de mes spectacles." Pour celui-ci, c’est dans le monde entier Pour que tu m’aimes encore de Jean-Jacques Goldman, la chanson française à laquelle était restée fidèle pendant ses cinq ans à Las Vegas.

Et quand on lui demande, après son concert, si le public londonien est le même que celui de Las Vegas, sa réponse fuse toute droite : "Il n’y a pas de comparaison. C’est comme le blanc et le noir : tous les deux sont très intenses. A Vegas, le show était une complicité entre Franco Dragone et moi. Je lui faisais confiance. Je me retournais et je voyais en trois dimensions des chansons que je chante depuis toujours devenues soudain nouvelles. Pour la première fois, aussi, mon spectacle avait un côté théâtral. Faire la tournée, c’est beaucoup plus rock’n’roll. Je veux profiter de cette tournée comme d’un grand envol. Je suis touchée que les gens me laissent me poser."

 Ecoutez un extrait de

Du 19 au 27 mai à Paris-Bercy, le 5 juillet à Nice, le 7 à Arras, le 9 à Genève, les 11 et 12 à Monaco