Arno

En quinze ans, Arno a sorti sept albums originaux, deux compilations et deux lives. Pour permettre à l’artiste de souffler (et au catalogue de continuer à fructifier), sa maison de disques a imaginé Covers Cocktail. Une galette qui réunit vingt reprises enregistrées par le chanteur belge au cours de sa carrière. Peu de nouveautés à la carte même si le barman reste toujours aussi bon.

Covers cocktail

En quinze ans, Arno a sorti sept albums originaux, deux compilations et deux lives. Pour permettre à l’artiste de souffler (et au catalogue de continuer à fructifier), sa maison de disques a imaginé Covers Cocktail. Une galette qui réunit vingt reprises enregistrées par le chanteur belge au cours de sa carrière. Peu de nouveautés à la carte même si le barman reste toujours aussi bon.

La déception en première impression. Ce Cocktail Covers manque terriblement de fraîcheur : seulement un inédit, quelques raretés... Pour le reste, beaucoup de titres déjà présents sur les derniers albums d’Arno, ceux qui se sont très bien vendus... Sans viser l’exhaustivité, les compilateurs ont tout de même eu le bon goût d’aller aussi creuser les premiers enregistrements d’Arno (Charles et les Lulus, Water), ses projets parallèles ainsi que diverses collaborations.

On (re)découvre avec plaisir l’Ubu terriblement électrique emprunté au Grand dîner, l’album hommage à Dick Annegarn ou encore la version, tout en lente explosion, du See line Woman de Nina Simone. Au gré de ces titres disparates, la singularité de cet artiste belge se dessine. Il est le trait d’union évident entre le rock anglo-saxon et la grande chanson française. Qui d’autre que lui pourrait convier ABBA, Moustaki et Captain Beefheart sur un même album avec une aussi parfaite harmonie ?

Arno ne reprend pas un titre, il le retourne. Knowing me, knowing you, chanson guillerette des Suédois d’ABBA se change en ode poignante sur la solitude. Le tube de Nino Ferrer, Mirza, délivre ici les appels hallucinés d’un homme terrorisé par la perte de son chien. L’artiste n’hésite pas non plus à jouer la carte de l’humour. Il le prouve sur I Want to Break Free, seule reprise "originale" de cette compilation, revisitée sauce gospel pop. Toute la grandiloquence de Queen raillée en un seul titre.

Les malheureux qui avaient raté l’album A poil commercial en 1999, savoureront également le Je suis sous de Claude Nougaro, version alcooliquement incorrecte où même la guitare semble au bord du coma éthylique. Grâce à ce Covers cocktail la vérité éclate enfin : le plus grand rockeur belge de tous les temps n’est pas né Jean-Philippe Smet mais bien Arnaud Charles Ernest Hintjens, Arno pour la scène.

 Ecoutez un extrait de

- 08/09/2016

Arno Covers Cocktail (Delabel) 2008