Festival de Tadoussac au Québec

Au nord du Québec, sur les bords du fleuve Saint-Laurent, Tadoussac accueille la 25e édition du festival de la chanson, qui se déroule du 12 au 15 juin. Un beau moment pour apprécier dans un environnement exceptionnel, la diversité et la richesse des artistes francophones émergents ou confirmés comme la très attendue Diane Dufresne.

25e édition

Au nord du Québec, sur les bords du fleuve Saint-Laurent, Tadoussac accueille la 25e édition du festival de la chanson, qui se déroule du 12 au 15 juin. Un beau moment pour apprécier dans un environnement exceptionnel, la diversité et la richesse des artistes francophones émergents ou confirmés comme la très attendue Diane Dufresne.

Une des plus belles baies du monde comme "chantent" les dépliants touristiques. Nous sommes à Tadoussac, petite bourgade de mille habitants à trois heures de route au nord de Québec. Situé au confluent du fjord du Saguenay et de l'estuaire du Saint-Laurent, cet endroit que la nature a doté des plus beaux atours est renommé pour ses baleines qui campent dans les eaux assez fraîches du lieu. Mais Tadoussac est aussi le rendez-vous des amateurs de la chanson francophone, présentant un panel de tendances, avec des artistes émergents ou confirmés.

C'est ainsi que pour cette 25e édition, sont programmés des stars comme Diane Dufresne, Daniel Lavoie, Plume Latraverse, internationalement  connus, des artistes québécois comme le rappeur Sir Pathétik, les chanteuses Fabiola ou Magnolia, des groupes comme Radio Radio ou Ouanani, mais aussi le Français Loïc Lantoine ou le Suisse K. Des artistes inconnus ont aussi leur chance grâce à la volonté des organisateurs.

La relève

Si la journée du jeudi marque les réels débuts du festival, dès le mercredi, les amateurs pouvaient se mettre à l'écoute. Pour cela, rendez-vous au bar du Fjord, où l'on assistait au spectacle donné par les artistes en résidence, guidés dans leur atelier d'écriture par le chanteur français Xavier Lacouture. Car l'équipe du festival, avec notamment Charles Breton, le directeur général et Catherine Marck, directrice artistique, est fière de pouvoir accueillir des artistes en devenir, de les accompagner dans leur démarche artistique et de leur proposer un passage sur une des scènes du festival. Ainsi donc Benoît Paradis, Annie-Claude Roberge, Karine Novelle, Geneviève Néron, Ariane Mahryke Lemire, Clément Bertrand, Alecka et Flavie, huit jeunes auteurs et/ou compositeurs interprètes ont pu, le temps de trois "tounes", montrer l'étendue de leur talent. Il est certain que l’on en reparlera.

Dès le lendemain, les festivités ont réellement commencé à travers la petite ville. De la scène Hydro-Québec jusqu'au bar proche de la marina, les aficionados ont parcouru les rues pentues de l'endroit. 

Dufresne star

D'un côté, quelques adolescents des environs ont fait le déplacement pour voir Sir Pathétik. Fort de 30000 albums vendus au Québec, un bon score, il se produit en duo pour une joute rapologique que le public apprécie avec enthousiasme. De l'autre côté, à quelques pas de là, dans une salle de concert installée sous l'église, la Scène Desjardins accueillait la star Diane Dufresne. Souvent habituée à l'extravagance, parfois à la démesure, la chanteuse a choisi pour les deux spectacles présentés à Tadoussac, une version "concert" comme elle dit : seule sur scène accompagnée par le pianiste Alain Sauvageau, qui signe par ailleurs les arrangements des chansons. Habillée d’un long manteau-robe scintillant, couronnée de fleurs, la fringante Diane n’en avait pas moins le trac avant de présenter ce nouveau show. Elle doutait et voulait se montrer sous son meilleur jour. Les photos furent donc interdites. Dommage, mais dans ce festival de la chanson de Tadoussac, on montre le plus grand respect pour les artistes. Pas question d’aller contre leur volonté.

Diane Dufresne a donc commencé avec une chanson dont elle a écrit les paroles, Il n’y a pas de hasard. A plus de soixante ans, sa puissance d’interprétation est la même que trente ans plus tôt. Le second titre, Partager les anges, est une chanson extraite de son dernier album paru seulement au Québec, Effusions. Les arrangements sobres siéent parfaitement à cette voix exceptionnelle. Le 304, évocation de la folie et de l’enfermement fut magnifiée par cette interprétation. Après une partie acoustique, des arrangements plus électriques sont venus donner le change à la force vocale incroyable de Dufresne, comme dans le fameux morceau Oxygène. "Je savais bien qu’il ne fallait pas que j’arrête de crier" proclamait-elle avec humour devant l’enthousiasme débordant d’un public largement acquis à sa cause. Juste avant la chanson de rappel, Les cœurs tendres de Jacques Brel, la grande dame, en appelait à la prise de conscience citoyenne et finissait par déclarer : "Faisons la révolution". Toujours subversive, Diane Dufresne n’en est pas moins une des figures les plus importantes de la chanson québécoise. Et l’on sait pourquoi.

Après ce grand moment de poésie, la nuit peut bien se poursuivre. De la voix enjôleuse de Fabiola qui se produisait sur la scène Hydro-Québec aux joyeux drilles country de Madame Moustache, campant au café du Fjord, chacun a trouvé la musique qui lui convenait pour cette fraîche soirée dans la baie de Tadousssac, au bord du Saint-Laurent.