Psy4 De La Rime

Soprano, Vincenzo, Alonzo, Sya Styles : depuis 1997, ce quatuor juvénile écume les scènes de France, prêchant un gospel hip hop positif avec des mélodies chantées et des voix poussées au max. Les Psy4 De La Rime, en plus de leur succès collectif, ont désormais une star au sein du quatuor. Soprano a en effet vendu plus de 200.000 exemplaires de son solo Puisqu’il faut vivre, sans pour autant rompre les ponts avec ses camarades. Au contraire, c’est plus soudé que jamais que l’on retrouve les Psy, dans leur ville de Marseille, pour une interview évoquant leur nouvel opus Les cités d’or, suite logique de Block Party et Enfants de la lune. Démocratie en quadriphonie, le groupe parle d’une seule voix en faisant tourner le micro.

Marseille nouvelle génération

Soprano, Vincenzo, Alonzo, Sya Styles : depuis 1997, ce quatuor juvénile écume les scènes de France, prêchant un gospel hip hop positif avec des mélodies chantées et des voix poussées au max. Les Psy4 De La Rime, en plus de leur succès collectif, ont désormais une star au sein du quatuor. Soprano a en effet vendu plus de 200.000 exemplaires de son solo Puisqu’il faut vivre, sans pour autant rompre les ponts avec ses camarades. Au contraire, c’est plus soudé que jamais que l’on retrouve les Psy, dans leur ville de Marseille, pour une interview évoquant leur nouvel opus Les cités d’or, suite logique de Block Party et Enfants de la lune. Démocratie en quadriphonie, le groupe parle d’une seule voix en faisant tourner le micro.

RFI Musique : Selon vous, quelle image a le rap en 2008, après plus de vingt ans de rap en français ?
Soprano
 : Tu poses la question à une personne qui a beaucoup été touchée par ça l’année dernière. C’est vrai que le rap est une musique qui est encore pointée du doigt. Sauvage pour certaines personnes. Notre musique est toujours victime des clichés, il y a des artistes rap qui vendent beaucoup mais qui sont toujours boycottés dans certaines émissions. On les appelle juste quand il y a une émeute dans un quartier. On se bat pour casser ces clichés-là. On est là depuis longtemps, il y a du rap en France depuis Assassin et même avant, nos petits frères en font… À un moment donné, ça fait partie de la musique française à part entière. Il faudrait commencer à mettre le boycott de côté et à accepter ce qui arrive.

Soprano, est-ce un atout ou un risque pour le groupe, votre triomphe en solo ?
C’est vrai que le succès de mon disque l’année dernière a fait que certains ont eu des doutes sur le groupe. Pour des groupes qui n’ont pas de valeurs partagées ou qui ne sont pas soudés, ça peut créer de la jalousie. Mais pour un groupe qui sait faire la différence entre la musique, l’amitié, le groupe et le succès, ça ne touche pas. L’important n’est pas d’être star. Nous sommes des passionnés avant tout. C’est comme dans un quartier : quand tu en as un qui commence à réussir, à trouver du boulot et à avancer, il faut tous être derrière pour montrer qu’on est super contents, pas le contraire.

Parmi les titres les plus polémiques, il y a Pour toi je tue, qui a un peu le même thème que Je suis pour de Michel Sardou, un plaidoyer pour l’autodéfense. Comment concevez-vous un morceau comme celui-là ?
Pour nous, c’est un thème important, c’est pour expliquer que si on touche à quelqu’un qui nous est très cher, des fois, on est capable de faire des trucs inimaginables. Tu perds ta mère, quelqu’un touche à ta fille, tu serais capable de tuer, tu n’en aurais rien à foutre de la prison. C’est pour dire que "je t’aime" est un terme trop faible pour expliquer ce que nos proches sont pour nous. Après, c’est vrai que ça peut être violent, mais la sœur jumelle de l’amour, c’est la haine.

Quand vous composez, le texte vient-il avant ou après la musique ?
Sya Styles : Quand on conçoit les morceaux, on a toutes les options : soit l’instru arrive et l’ambiance inspire un thème automatiquement, ou c’est l’inverse, les rappeurs viennent avec un refrain, des couplets ou un thème et disent : "on a cette idée, on a besoin de telle ambiance". On essaie que l’instru colle réellement au thème, on a rarement basculé d’un instru à un autre.

Le rappeur/chanteur américain Nate Dogg fait une apparition sur À l’ancienne. Comment s’est passée la rencontre ?
Alonzo :
C’est une composition de Sya Styles et dans l’après-midi, on a fait un "yaourt" qui s’est imposé au morceau. On a pensé à Nate Dogg pour l’interpréter. Sa voix collait bien au thème À l’ancienne. Nous, on l’appelle l’oncle. On s’est dit : "pourquoi pas le contacter ?" Et ça s’est fait par la plus petite porte : son Myspace, tout simplement. Sya a ainsi eu le contact de son nouveau manager, très sympa, qui nous a mis en relation. On a envoyé les textes traduits en anglais pour qu’il se fasse une petite idée. Ça s’est fait naturellement, on est monté à Los Angeles au mois de décembre pour faire le morceau, on avait déjà enregistré nos couplets sur Marseille. Il a fait des harmos, des refrains, il a même dédicacé notre quartier à la fin du morceau, notre ville, c’était une très belle rencontre.

Nate Dogg a eu un problème après cet enregistrement…
Sya Styles : Ce qui s’est passé, c’est qu’en décembre quand on l’a retrouvé à LA, il n’était pas au meilleur de sa forme et malheureusement, quelques jours après cet enregistrement, il a eu une attaque cardiaque qui l’a laissé paralysé d’un côté. On a essayé de prendre des nouvelles ces derniers mois, ça a l’air de s’arranger mais d'après ce que nous a dit son manager, À l’ancienne serait le dernier morceau qu’il enregistrerait en studio. On espère que ce n’est pas son handicap qui va l’empêcher de chanter et qu’il reviendra très vite.

 Ecoutez un extrait de

Psy 4 de la rime Les cités d’or (Barclay/Universal) 2008.
En tournée en France. Concert le 29 juin à Bruxelles et le 6 juillet à Paris pour Solidays.