Marianne Feder

Dans l’univers assez lisse des chanteuses de jazz, Marianne Feder s’est construit un registre à part. Loin de la variété cotonneuse coutumière du genre, la jeune femme livre avec Toi mon indien, un album entre musiques de l’Est et ambiances parisiennes. Ça nous change des crooneries habituelles.

Toi mon indien

Dans l’univers assez lisse des chanteuses de jazz, Marianne Feder s’est construit un registre à part. Loin de la variété cotonneuse coutumière du genre, la jeune femme livre avec Toi mon indien, un album entre musiques de l’Est et ambiances parisiennes. Ça nous change des crooneries habituelles.

Fille d’immigrés polonais, Marianne Feder baigne dans le jazz depuis sa plus tendre enfance. Pas celui qu’on applaudit poliment entre gens de bonne compagnie, plutôt celui qui sent le tabac et l’alcool, qui respire le yiddish et le manouche. C’est cet univers que prolonge la chanteuse parisienne sur son deuxième album, Toi mon indien. Epaulée par l’ingénieur du son Fred Carrayol et le contrebassiste Daniel Yvinec, elle s’est entourée d’une équipe d’instrumentistes bigarrés, du pianiste pop Albin de la Simone au clarinettiste Stéphane Guillaume en passant par les fous furieux de la Caravane Passe.

Marianne surprend dès le premier titre, Toi mon indien. Gamelan, surdo, shaker, cuivres, la chanteuse convie tous les continents avec talent. On passe des Balkans avec Vent d’est aux ambiances manouches sur Farouche. Alexis HK s’invite sur un Blues à deux accords à la fois simple et profond. Si Marianne sait chanter de belles ballades piano-voix avec Je me sépare en deux quand tu pars, elle s’épanouie également dans la chanson d’amour vindicative sur le très enlevé Je t’attends.  

Virevoltante, elle propose avec L’hymne à contretemps une de ces superbes ritournelles qui se loge durablement dans vos tympans. Un titre immédiat, une très belle introduction à l’univers de la chanteuse. Artiste aventureuse, Marianne Feder n’en oublie pas pour autant les fondamentaux. Sur le beau (mais triste) Baiser de pluie, Marianne Feder se coule à merveille dans un style magnifié autrefois par Barbara : la chronique douce amère d’un amour crépusculaire. Toi mon indien est un album aussi chamarré que cohérent, à recommander à ceux qui auraient oublié ce qu’est le jazz, une musique de rencontres, définitivement d’essence populaire.

 Ecoutez un extrait de

Marianne Feder Toi mon indien (Lepic et Colegram) 2008