Les Cowboys Fringants, un nouveau voyage

Quatre ans après La Grand-Messe, les Cowboys Fringants, le groupe québécois le plus populaire des dix dernières années, revient en force avec non pas un, mais deux nouveaux albums : tout d'abord L’Expédition sorti au Québec fin septembre puis Sur un air de déjà-vu, collection de chansons légères attendue en octobre. Entrevue.

Sortie simultanée de deux albums

Quatre ans après La Grand-Messe, les Cowboys Fringants, le groupe québécois le plus populaire des dix dernières années, revient en force avec non pas un, mais deux nouveaux albums : tout d'abord L’Expédition sorti au Québec fin septembre puis Sur un air de déjà-vu, collection de chansons légères attendue en octobre. Entrevue.

"C’est sain de se poser la question : est-ce que les gens vont encore aimer ce qu’on fait ?", échappe le guitariste et principal compositeur des chansons des Cowboys Fringants, Jean-François Pauzé, calé dans un sofa aux côtés de ses collègues à qui l’idée n’avait pas traversé l’esprit.

C’est la veille du lancement de L’Expédition. On discute sur le parterre du cabaret La Tulipe, l’ancien Théâtre des variétés du quartier Plateau Mont-Royal où, quelque soixante ans plus tôt, le vaudeville et la blague grasse tenaient l’affiche. Les Cowboys Fringants, bons vivants notoires qui ont érigé leur renommée sur des airs country, folkloriques, pop et rock, s’y sentent un peu comme chez eux.

Elle a bien sûr été rafraîchie depuis le temps, l’affiche de l’ancien cabaret, devenu salle courue par les jeunes mélomanes. Cette salle est maintenant dirigée par la même entreprise qui gère la carrière du groupe : Pauzé, la violoniste et multi-instrumentiste Marie-Annick Lépine, le bassiste Jérôme Dupras et le chanteur Karl Tremblay. Lesquels ne dédaignent pas la bonne blague grasse et les chansons "de party ", en totale communion avec les esprits qui hantent encore le cabaret…

Les ados ont mûri

Pour l’heure, le ton est résolument sérieux avec L’Expédition, riche assemblage de quatorze titres où les fables d’amour, les rêves brisés et la nostalgie donnent une image sensible, parfois inédite, de nos quatre fêtards. C’est l’album d’un groupe d’anciens ados qui, après douze ans de concerts délirants, a mûri.

Les fans suivront-ils ? La question que pose Jean-François Pauzé est légitime. Marie-Annick Lépine risque une réponse : "On en a perdu, des fans de la première heure. C’est normal, mais en chemin, on a gagné un nouveau public, un public différent, plus vaste, plus diversifié." Même un public français – les "Cousins Fringants ", ils ont été plus de 50000 à acheter leurs albums et à les suivre en concert.

"Sur L’Expédition, explique Marie-Annick, l’objectif était de conserver une certaine unité dans le ton, du début à la fin. C’est quelque chose que nous n’avions jamais fait sur nos précédents disques. Avec le recul, je crois que c’est d’ailleurs ce qui manquait à La Grand-Messe", le précédent album qui a poussé les musiciens en tournée pendant plus de deux ans. 

Jean-François Pauzé ne devrait pas trop s’en faire. L’Expédition est supérieur en tout point à La Grand-Messe, "un disque dont on nous a parfois reproché le côté moralisateur", concède le compositeur. "Je ne pense pas que chaque chanson doive être engagée socialement ou politiquement, qu’elle doive véhiculer un message à tout prix. Je crois justement que les gens s’en lasseraient. Une histoire toute simple, bien racontée, c’est plaisant, aussi. C’est là où je suis à mon meilleur."

Une écriture fine et sobre

En effet, la plume de Pauzé a fait mouche sur plusieurs jolies chansons. La Catherine, l’histoire d’une jeune femme totalement libre et brouillonne, sur l’air le plus festif du disque. Histoire de pêche, qui aborde le délicat sujet de l’essoufflement des régions du Québec. Monsieur, qui fait tomber les masques du politicien. L’auteur écrit finement et de manière sobre. Les observations sont d’une justesse admirable, et les arrangements conçus par les collègues sont au service du texte, "et non le contraire, comme sur La Grand-Messe", dit Marie-Annick. Pas de surenchère de cuivres, de couches de cordes inutiles. Les Cowboys Fringants vont à l’essentiel.

Mais alors, ils y sont allés sans leur batteur original, Dominique Lebeau (dit DomLebo), coloré et attachant personnage qui a annoncé son départ du groupe en août 2007, à la surprise générale. "On a mis un bon trois mois à s’en remettre", confie Jérôme qui, sur les maquettes de l’album, a joué de la basse et de la batterie.

C’est Marc-André Brazeau, batteur du duo Band de Garage, qui tiendra la mesure sur scène lors de la prochaine tournée. Elle se mettra en branle en novembre prochain, et les dates européennes ont déjà été réservées : les 2 et 3 février 2009, à l’Olympia de Paris, puis le 6 à Lyon et le 7 à Genève. "Cette fois, j’y serai", assure Jean-François Pauzé, qui a souvent été absent des tournées hors Québec. Ça va plaire aux Cousins !

 Ecoutez un extrait de

Les Cowboys Fringants L'expédition (Québec : Musicor/ France : Archambault Musique/Wagram) 2008
Les Cowboys Fringants Sur un air de déjà vu (Musicor) 2008
A partir du 6 novembre en tournée au Québec.
A Paris les 2 et 3 février 2009 à l'Olympia