Hélène Segara, un tour du monde en chansons

Deux ans après son précédent disque (Quand l’éternité), Hélène Segara signe son retour avec Mon pays c’est la Terre. "Un album concept", dixit l’intéressée, conçu et pensé comme un tour du monde en musique. La chanteuse originaire de Provence interprète en effet seize classiques traditionnels ou contemporains piochés aux quatre coins de la planète : de la Russie en passant par la France, la Chine, l’Arménie, Afrique du Sud, le Yemen, Israël ou l’Ecosse. Rencontre…

Nouvel album Mon pays c’est la Terre

Deux ans après son précédent disque (Quand l’éternité), Hélène Segara signe son retour avec Mon pays c’est la Terre. "Un album concept", dixit l’intéressée, conçu et pensé comme un tour du monde en musique. La chanteuse originaire de Provence interprète en effet seize classiques traditionnels ou contemporains piochés aux quatre coins de la planète : de la Russie en passant par la France, la Chine, l’Arménie, Afrique du Sud, le Yemen, Israël ou l’Ecosse. Rencontre…

RFI Musique : Comment vous est venue l’idée d’enregistrer cet album ?
Hélène Segara : Je voulais retourner à mes anciennes amours. Entre 15 et 21 ans, je gagnais ma vie dans les hôtels et les pianos-bars, je chantais en sept langues : anglais, français, espagnol, italien, brésilien, hébreu et arabe. Et puis je trouve intéressant, quand on a beaucoup aimé une chanson de la revisiter à sa manière. L’envie était là depuis longtemps. Le déclencheur, ça a été ma tournée estivale qui m’a notamment emmenée en Algérie et en Russie. A Moscou, il existe une culture francophone incroyable. Le public connaissait mon répertoire en français par cœur. A chaque fois, l’accueil a été merveilleux. C’est bien connu, les yeux parlent toutes les langues. C’est incroyable de voir à quel point la musique ouvre les cœurs et les portes. Avec mes chansons, quelque que soit la frontière, je me sens chez moi. Je voulais donc proposer un tour du monde en chanson. Pour moi, la musique est un langage universel, elle est un reflet du métissage entre les cultures… Je voulais mettre tout ça en avant.

On retrouve beaucoup de chansons traditionnelles notamment chinoises, yéménites, irlandaises… Comment s’est fait le choix du répertoire ?
J’ai choisi des chansons inscrites dans notre inconscient collectif. Prenons l’air de Podmoskovnie Vetchera, on l’a tous entendue une fois dans sa vie, sans forcément savoir qu’il s’agit d’un classique russe. Peu de gens savent que l’immense Brel s’était inspiré de la chanson anglaise Greensleeves, datant du Moyen Âge, pour écrire Le port d’Amsterdam. Idem pour la chanson chinoise, Mu Yang Gu Niang. Là-bas, c’est l’équivalent de notre Frère Jacques. Sans oublier Mna Na Heireann, une chanson irlandaise ancienne popularisée par The Christians sous le titre If I could find words. Je voulais faire redécouvrir ce répertoire, le revivifier et le réactualiser. Je n’aime pas trop l’exercice de la reprise, mais là, on a fait un vrai travail de création pour les revisiter à ma manière.

Sur l’album, vous chantez surtout en français, mais aussi en arménien, en yéménite et en zoulou pour la reprise de Asimbonanga de Johnny Clegg …
Pour me mettre toutes ces langues en bouche, j’ai fait un coaching vocal avec Richard Cross, cela m’a beaucoup aidé pour chanter car je voulais évidemment être crédible. On ne revisite pas une chanson arabe, même si on l’interprète en français, comme si on chantait un standard celte.

Certaines chansons trouvent une résonance avec votre histoire…Cet album parle beaucoup de moi. On va découvrir ma palette vocale, différentes facettes de ma personnalité, mes opinions, la façon dont j’aborde les sentiments fraternels ou amoureux. Reprendre La complainte de la Butte, c’est comme un clin d’œil à mon arrivée à Paris car j’ai longtemps vécu à Montmartre. Certaines chansons racontent mes origines. Ma maman est arménienne et je tenais à reprendre le classique arménien Dele Yaman. Pour la première fois, je chante en arménien, c’était une évidence pour moi. D’autres chansons racontent également de belles histoires, de petites histoires dans la grande Histoire comme Amazing Grace. A la base, il s’agit d’un chant religieux dont les paroles ont été réécrites en 1760 par John Newton, le capitaine d’un navire négrier. Après avoir survécu à une tempête, il avait renoncé à son métier d’esclavagiste pour devenir pasteur. Pour moi, la chanson de ce capitaine frappé par la grâce, c’est une prière avec un message humaniste très fort.

 Ecoutez un extrait de

Hélène Segara Mon pays c’est la Terre (Mercury) 2008
Reprise de la tournée en mars 2009