Vu d’ailleurs février 2009

Des vœux et des espoirs pour cette nouvelle année : des vœux pour Charles Aznavour, honoré au Midem ; des espoirs pour des jeunes artistes de la nouvelle vague, qui combattent sur scène la crise du disque.

Des vœux, des espoirs

Des vœux et des espoirs pour cette nouvelle année : des vœux pour Charles Aznavour, honoré au Midem ; des espoirs pour des jeunes artistes de la nouvelle vague, qui combattent sur scène la crise du disque.

En France, on commémore à tout va. Les victoires, les défaites, les révolutions et les grands noms. Déjà décoré par notre République, Charles Aznavour, "le Frank Sinatra français" (Times, 30/01/09, Grande-Bretagne), vient de l’être également au Midem. Le marché international de l’édition musicale, qui s’est achevé le 22 janvier dernier à Cannes, "a remis à Charles Aznavour un prix pour l’ensemble de sa carrière" (Los Tiempos, Bolivie, 19/1). "Il a composé plus de 800 chansons et vendu plus de 100 millions de disques", rappelle Billboard (16/1), l’hebdomadaire de référence de l’industrie du disque américaine.

Faut-il parler d’Aznavour au passé ? Pas du tout. Agé de 84 ans, il fourmille d’activités et défend actuellement son récent album de duos, qui vient de sortir dans le monde entier, s’attirant les louanges de la presse internationale, "un premier CD comprenant treize chansons en français et le second, quinze chansons, en anglais, allemand, espagnol et italien, avec la participation de vedettes internationales" (El Nacional, 19/1, Venezuela), de Julio Iglesias à Nana Mouskouri, en passant par Elton John, Sting ou Johnny Hallyday. Le projet comprend aussi trois duos virtuels avec Frank Sinatra, Dean Martin et Edith Piaf. Décédée en 1963, Edith Piaf, qui a veillé sur les premières années d’artiste du jeune Aznavour, n’a pas été oubliée. En Grèce, nous apprend une dépêche de l’agence Reuters (16/1), " une lettre d’amour passionnée écrite par la chanteuse française Edith Piaf à un acteur grec il y a plus de cinquante ans" a été vendue aux enchères…

Mais la scène musicale française est tout sauf un musée et, plus discrètement parfois, les jeunes pousses fourbissent leurs armes. Il faut croire que la scène autant que les voyages forment la jeunesse. Plusieurs artistes français sont en tournée en hors de nos frontières. "Le chanteur et compositeur français Sébastien Tellier présente les dates de sa tournée nord-américaine", annonce la plateforme d’informations Allheadlinenews.com. "Le Parisien lancera sa tournée de deux semaines le 1er avril au Poisson Rouge de New York" - ce n’est pas une blague -, avant de s’atteler à de nouveaux projets ("il est en train d’écrire des chansons pour le nouvel album de Demis Roussos").

Alors que Tellier s’apprête à s’envoler pour les U.S.A., Camille vient de boucler une série de six concerts dans les grandes villes australiennes. La chanteuse n’est pas une inconnue totale au pays de Kylie Minogue et Nicole Kidman. "Camille s’est immiscée dans la conscience australienne en 2006 avec le single Ta douleur, extrait de son album Le Fil" (Same, 8/01), une chanson largement programmée sur Triple J, l’une des radios privées les plus populaires du pays.

En Europe francophone, on notera le grand retour de la Grande Sophie. La chanteuse revient sur les planches (tournée française dès le 7 février et concert parisien le 13 mai, au Casino de Paris), un nouvel album dans la besace, Des Vagues et des Ruisseaux (Universal). Moins rock et délurée, la Grande Sophie, sans perdre de son charme, dévoile une facette inexploitée de son talent, une intériorité et un goût des mélodies insoupçonnés. "La Française passe un cap qu’Edith Fambuena (l’ex-Valentins) l’a sans doute aidée à atteindre grâce aux atours d’arrangements fins", note Le Temps (31/01, Suisse). "Davantage de clairs-obscurs folk-pop, de mélodies lumineuses, d’acoustique chaleureuse et une voix qui révèle ses pleins et déliés font de ce cinquième opus, qui évite l’écueil Barbara (Dis quand reviendras-tu ?), une surprise de taille."

Une devinette pour finir : elle est née en France (à Tarbes), vit en Arizona (à Tucson) et vient de sortir aux Etats-Unis son premier album en français (disponible ici en import). Son nom ? Marianne Dissard. "Sa musique fusionne la romance de Paris avec la beauté rigide du désert" (Democrat Chronicle, 15/1, Etats-Unis), et a travaillé avec Calexico. L’artiste de trente-neuf ans, qui a quitté la France à l’âge de seize ans, jouera dans plusieurs salles de Tucson en février, avant de s’envoler pour une tournée en Allemagne et quelques concerts en France. "Heureusement, le livret qui accompagne l’album de Marianne Dissard, L’entre-deux, où elle chante entièrement en français, contient des traductions en anglais", s’amuse le journaliste du Democrat Chronicle, apparemment moins habitué aux disques en langues étrangères que ses homologues européens. Il y a un début à tout.