Ridan, vers la lumière

Révélé avec son premier album Le Rêve ou la Vie (2004), Ridan (Nadir, à l’envers) a durablement imposé sa griffe dans la chanson française. Mélodies soyeuses, mots rêches ou caressants, questionnement existentiel, textes engagés et refus de l’artifice… Après L’ange de mon démon (2007), il signe son retour, fidèle à son éthique d’artisan chansonnier, avec L’un est l’autre. Un album lumineux, conçu dans la dynamique de sa dernière tournée. Rencontre.

La fin d'un cycle

Révélé avec son premier album Le Rêve ou la Vie (2004), Ridan (Nadir, à l’envers) a durablement imposé sa griffe dans la chanson française. Mélodies soyeuses, mots rêches ou caressants, questionnement existentiel, textes engagés et refus de l’artifice… Après L’ange de mon démon (2007), il signe son retour, fidèle à son éthique d’artisan chansonnier, avec L’un est l’autre. Un album lumineux, conçu dans la dynamique de sa dernière tournée. Rencontre.

RFI Musique : Vous affichez un sourire radieux sur la pochette…
Ridan : Je change à l’intérieur, faut que ça se ressente à l’extérieur. J’avais un besoin de lumière, de montrer un visage plus naturel. Le sourire était un bel effort, strictement naturel. Ne pas regarder l’objectif, c’est le contrepoint. Pour être clair, j’ai une peur panique du star system. Et j’ai toujours une réserve sur mon image, je n’aime pas l’exposition. Mes modèles sont Souchon et Cabrel. Ils ont réussi à franchir le cap de l’image. Chez eux, elle n’est jamais surfaite. On a l’impression d’avoir à faire à des mecs simples. Et c’est exactement comme ça que je me ressens. Ils ont réussi à transcender leur image par leur nature. J’aime les gens qui arrivent à ne faire vivre leur image que par leur art.

Avec L’Un est l’autre, vous livrez votre album le plus serein…
Oui, il est plutôt lumineux. Le thème central, c’est le partage. Le besoin de vérité et de compréhension de soi aussi. Ce troisième opus, je le considère comme la fin d’un cycle, un peu comme une trilogie. Il est la synthèse de mes deux premiers disques. Pour la première fois, j’ai réussi à conjuguer l’être et le paraître. L’homme et l’enfant, l’artiste et l’homme cohabitent en bonne harmonie. Ça veut dire : "fin de la thérapie, solde de tout compte, je vous dois tant Monsieur". Le psy c’est fini, tant pis pour lui.

Vous dites : "Je ferai ce qu’il me plait/ En faisant vivre ce doux espoir/ Quand d’autres exploitent le désespoir qui plane sur l’être humain". C’est la "positive attitude" ?
On est dans une époque, où il faut aller à contre sens. On n’a pas le choix. On ne va pas s’enfoncer dans l’accablement, le système le fait suffisamment. Au contraire, il va falloir mettre beaucoup d’enthousiasme dans cette vie. Même si je risque de passer pour doux rêveur. Ou un naïf. Très bien ! Etre naïf dans le monde actuel, quel engagement ! C’est totalement hors tendance. Bien sûr, j’ai toujours la même hargne face à l’inégalité, j’ai toujours la même conscience politique sur la société. Mais ce n’est pas tout. Dans cette période où tout est gris, il faut mettre de la couleur. Après tout, les créatifs ne sont pas des libéraux, mais des naïfs.

Dans Star Minute, vous cognez sur les émissions de téléréalité. Vous n’avez pas l’impression de tirer sur une ambulance, vu leur baisse d’audience ?
J’ai un énorme problème. Dans les grandes surfaces, la Star Ac prend huit rayons. Et tous les autres artistes, ils n’existent tout simplement pas. Donc si je dois tirer sur une ambulance tant mieux, même si elle doit finir au cimetière, sans arrêt à l’hôpital, ni salle de réanimation. Je ne tape pas sur les jeunes artistes en herbe, plutôt sur le cynisme de ces émissions. A l’époque des radio-crochets, la démarche était quand même plus artistique, le formatage moins poussé. Et puis, il y avait une volonté de révéler des artistes, pas de les construire pour ensuite les envoyer à la casse.

L’album se termine avec une chanson - A quoi ça rime – où vous adoptez un phrasé proche du rap. Un retour aux sources ?
Pour moi, tout a commencé avec ce morceau, un puzzle de mots et d’idées, dans la pure tradition du rap. C’est l’un des derniers raps que j’ai écrits, en 1998, avant de me lancer dans la chanson. Beaucoup de journalistes m’ont alors demandé pourquoi je ne faisais pas du rap ou du raï. Un banlieusard basané se lancer dans la chanson : ça a pu choquer, comme d’entendre Claude François avec NTM. Si je la chante aujourd’hui, c’est juste pour dire que je ne suis pas revanchard du tout.

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 Ridan
 L'Un est l'autre

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 Ecoutez l'interview de Bahia Allouache (du service Culture de RFI) : 
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Ridan L'Un est l'autre (Epic/Sony Bmg) 2009