Michel Legrand, c’est énorme !

Deux institutions françaises, la Cinémathèque et la Cité de la musique, honorent Michel Legrand, aussi génial que facétieux personnage qui aura traversé plus d’un demi-siècle de musiques, au pluriel de tous ses subtils suggestifs. Avant de se présenter le 27 février à la tête d’un orchestre symphonique, histoire de réviser certains classiques de son répertoire pour le cinéma, puis le lendemain à la tête d’un big band jazz, la musique avec laquelle il a grandi, il inaugurait le 4 février au piano, entouré de sa "famille", ce mois de programmations en son hommage.

Paris célèbre le musicien

Deux institutions françaises, la Cinémathèque et la Cité de la musique, honorent Michel Legrand, aussi génial que facétieux personnage qui aura traversé plus d’un demi-siècle de musiques, au pluriel de tous ses subtils suggestifs. Avant de se présenter le 27 février à la tête d’un orchestre symphonique, histoire de réviser certains classiques de son répertoire pour le cinéma, puis le lendemain à la tête d’un big band jazz, la musique avec laquelle il a grandi, il inaugurait le 4 février au piano, entouré de sa "famille", ce mois de programmations en son hommage.

"Je me sens partout chez moi si j’ai du papier pour écrire et un piano pour jouer." C’est bien connu : Michel Legrand a le sens du bon mot. Il a surtout le don d’écrire des musiques qui ont fait le tour du monde. C’est à lui que l’on doit des bandes originales qui ont marqué des générations. Celles réalisées en complicité avec Jacques Demy, dont les inoubliables Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort, Peau d'Âne, celle de L'Affaire Thomas Crown, celle de L'Eté 42, pour laquelle il recevra un Oscar.

Un Oscar parmi tant de récompenses qui jalonnent la carrière du natif de Bécon-les-Bruyères dont le carnet de commandes et d’adresses ressemble au who’s who du septième art : de Jean-Luc Godard à Clint Eastwood, de Louis Malle à Orson Welles, il a composé pour tous. Même pour Costa-Gavras, président de la Cinémathèque française, l’institution qui a honoré ce musicien en projetant une partie de sa filmographie, mais aussi au travers de séances spéciales, commentées par le maître lui-même. Cet hommage à son écriture cinématographique se termine le 27 février par un concert à la Salle Pleyel où il revisitera certains classiques avec l’Orchestre National d’Ile de France et les voix de Patrick Fiori, Liane Foly, Dany Brillant et Maurane… Curieux casting, tout de même.

Un récital enchanteur

Tel n’était pas le cas le 4 février à la Cinémathèque française pour le concert introductif à cet hommage amplement mérité. En présence de nombreux amis, dont les cinéastes Jean-Paul Rappeneau et Bertrand Tavernier, Michel Legrand y a délivré un récital enchanteur, multipliant les formats, en duo complice, avec sa sœur la chanteuse Christiane Legrand ou avec son amie la harpiste Catherine Michel, invitant même son fils à le rejoindre sur scène pour un beau moment de swing vocal.

Du jazz, il fut d’ailleurs largement question puisque le pianiste, étonnant de verdeur sur les 88 touches, bénéficiait du soutien d’une rythmique orfèvre : Thomas Bramerie à la contrebasse et André Ceccarelli, son vieux complice, aux baguettes. Lui aux manettes alterna les classiques (Yentl, La Piscine…) et les pièces moins connues dont Dingo, "la dernière pièce que j’ai écrite avec mon Miles, qui était présent sur mon disque de jazz. Une manière de boucler la boucle", a-t-il rappelé au micro.

Michel Legrand et le jazz, c’est en fait une histoire qui dure depuis toujours. Legrand jazz, c’est surtout un album sorti voici un demi-siècle. Loin d’usurper son titre, ce disque est un modèle du genre, un monument du style où le Français est à la tête d’une équipe incroyable : Ben Webster, Donald Byrd, John Coltrane, Miles Davis, Bill Evans, Hank Jones, Paul Chambers… Le tout sur un répertoire composé de standards, arrangés par ses bons soins.

De ce disque, de toutes les autres expériences en jazz, dont ce disque en big band daté des années 80 (Gerry Mulligan, Jon Faddis, Ron Carter, Phil Woods… excusez du peu !), il sera largement question dans le concert de clôture. Michel Legrand y sera entouré d’un grand ensemble, peuplé de sérieux solistes dont le guitariste Sylvain Luc. Et cette fois, plus que de rétrospective, il devrait être question de nouvelles aventures, puisqu’il se murmure que ce concert annonce de nouveaux lendemains qui swinguent, entendez un futur disque de jazz en big band.

 Ecoutez un extrait de

Concerts Salle Pleyel
Michel Legrand et le cinéma avec l’Orchestre National d'Ile-de-France : Vendredi 27 février, 20h
Michel Legrand Big Band : samedi 28 février, 20h