Mamiso, dans l’esprit de Senge

Cofondateur du trio Senge qui avait reçu le Prix Découvertes RFI en 1999, Mamiso s’est désormais mis à son compte pour poursuivre sa carrière. Avec son premier album Espoir Fanantenana, le chanteur malgache fait découvrir ses propres compositions tout en conservant la spécificité artistique de son ancien groupe : les polyphonies.

Polyphonies en solo

Cofondateur du trio Senge qui avait reçu le Prix Découvertes RFI en 1999, Mamiso s’est désormais mis à son compte pour poursuivre sa carrière. Avec son premier album Espoir Fanantenana, le chanteur malgache fait découvrir ses propres compositions tout en conservant la spécificité artistique de son ancien groupe : les polyphonies.

Il a troqué son prénom français contre un prénom malgache. Installé à Lyon, à 10000 kilomètres de sa terre natale, Yvon a choisi de devenir Mamiso, diminutif de Mamisolofo, pour réapparaître sur le devant de la scène musicale. Après la disparition du leader de Senge en 2000, le trio dont il était membre a poursuivi en duo le temps d’un album paru trois ans plus tard.

S’il a, depuis, pris part à des projets collectifs tels que le Global Meeting Vocal, "un ensemble de chanteurs qui viennent des quatre coins du monde", ou le groupe Ketsa qu’il a formé en 2003, c’est aujourd’hui en solo que rebondit cet artiste bientôt quarantenaire. "C’est toujours mieux de travailler à plusieurs, de partager. Mais quand tu es seul, tu as un petit avantage : tu avances plus vite, parce que tu as l’idée, le schéma en tête et tu n’as pas besoin de l’expliquer à quelqu’un d’autre", analyse-t-il.

La méthode était certainement la plus efficiente pour enregistrer les morceaux d’Espoir Fantanenana, d’autant que sur cet album autoproduit − et partiellement financé par une souscription − Mamiso a opté pour une formule a cappella qu’il maîtrise parfaitement. "Je voulais encore rendre hommage à la voix malgache", souligne celui qui, au regard de son parcours, fait figure de spécialiste des polyphonies.

De la variété aux polyphonies

Marqué par les chants qui rythmaient la vie quotidienne dans la campagne de la région de Fianarantsoa où il a passé son enfance, ce fils d’instituteur a pourtant débuté dans un tout autre registre : "Quand j’étais à la fac de Tuléar [sud de Madagascar, ndlr], j’avais mon groupe. On avait sorti un album, Fitiavana Feno. C’était une cassette pour le marché local. Pas du tout a cappella, mais de la variété parce que j’étais influencé par ce que j’entendais."

Lorsque Sengemana le sollicite au milieu des années 90 pour participer au trio vocal que ce chanteur réputé veut monter afin de défendre le chant beko du sud de la Grande Île, le jeune homme prend alors conscience de la richesse culturelle de son pays. "Ça m’a conduit à revenir à la source de la musique malgache." A son tour, il a appris à faire découvrir sa propre culture et son pays. D’abord à l’occasion des tournées internationales effectuées avec Senge, puis à travers les nombreux ateliers qu’il anime et les interventions qu’il aime faire devant des publics de circonstance, auprès des enfants comme en maison de retraite.

Mais le savoir faire de Mamiso est loin de se limiter à ces cercles quasi confidentiels ou communautaires. Depuis qu’il est arrivé en France en 2001, il accompagne également d’autres artistes qui ont été séduits par ses qualités et son expérience pour l’embaucher en tant que choriste, en particulier le Mahorais Mikidache avec lequel il part régulièrement sur les routes. Entre voisins de l’Océan Indien, le courant passe naturellement.

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 Espoir Fanantenana

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Mamiso - Espoir Fanantenana (Nuage 7) 2009