Laurent Garnier, le kleptomane

DJ et producteur de musique, Laurent Garnier a patiemment affiné son style sur disques et sur scène : éclectique, entre machines et instruments plutôt jazz. À l’occasion de la sortie de son album Tales of a kleptomaniac, le DJ français revient pour RFI Musique sur ses concerts et son dernier opus.

Le DJ n’est pas sans voix

DJ et producteur de musique, Laurent Garnier a patiemment affiné son style sur disques et sur scène : éclectique, entre machines et instruments plutôt jazz. À l’occasion de la sortie de son album Tales of a kleptomaniac, le DJ français revient pour RFI Musique sur ses concerts et son dernier opus.

RFI Musique : Qui est le kleptomane de ce Tales of a kleptomaniac ?
Laurent Garnier : C’est moi ! Même si j’ai assez peu samplé d’autres titres pour réaliser cet album. Je ne connais personne qui fasse de la musique sans s’inspirer de celle des autres. Encore moins les DJs, notre métier c’est un peu de la kleptomanie —sans être du vol— puisque cela consiste à prendre la musique des autres pour raconter notre propre histoire.

Dans son ensemble, c’est un album assez sombre…
J’ai toujours aimé la musique un peu sombre, la techno de Detroit par exemple, c’est quelque chose qui me touche. On ne se refait pas ! (rires) C’est pour cette raison que je préfère les Stones aux Beatles, que je déteste la pop ou que j’aime le blues et le punk. Parce qu’il y a des gens qui ont des choses à dire, des souffrances à exprimer, cela me touche. La musique est un exutoire.

Réaliser un concert de musiques électroniques n’a pas été chose évidente à vos débuts…
J’ai commencé à faire des live en 1997. A l’époque, c’était difficile d’être DJ et de faire de la musique, qui plus est sur une scène. C’est pourquoi Éric Morand, avec qui nous avions créé F. Com, m’avait déconseillé de prendre mes platines sur scène, afin de ne pas alimenter la confusion entre mon travail de DJ et mes concerts. Encore aujourd’hui, il y a des gens qui pensent que je mixe des disques sur scène ! Et puis, contrairement à un DJ, je ne suis pas seul sur scène, je me suis entouré de musiciens : batteur, violoniste… Je voulais qu’il y ait un vrai spectacle, donc j’avais sollicité une troupe de théâtre de rue, très intégrée au monde des musiques électroniques. C’était compliqué à gérer sur scène et ce n’était pas bien perçu. Je me suis donc ensuite concentré sur l’essentiel, sur la musique.

Et un concert de musiques électroniques sans musiciens, cela vous ennuie ?
Beaucoup de live électro se résument à un type derrière un ordinateur, qui envoie des séquences pré-programmées. Quand j’assiste à un concert, je veux voir quelque chose qui vit. Je ne veux pas non plus avoir l’impression que c’est le même concert que la veille ou que celui du lendemain, en électro comme en rock. Mais ce n’est pas forcément un groupe de musiciens. Les Chemical Brothers, Underworld ou Kraftwerk font d’excellents live.

En concert ou comme DJ, y a-t-il encore des territoires que vous n’avez pas parcourus ? Le public varie t-il beaucoup d’un pays à l’autre ?
Je n’ai jamais joué en Afrique ! Il y a aussi beaucoup à découvrir en Amérique du Sud.  De plus en plus de pays s’ouvrent aux musiques électroniques. J’ai récemment été au Liban, au Chili et au Luxembourg. Les artistes français voyagent énormément, tu te déplaces rarement dans un pays sans rencontrer un de tes compatriotes : Yuksek, Birdy Nam Nam… Le public le plus réceptif, le plus éduqué musicalement, ce sont sans aucun doute les Japonais. Plus la musique est différente, plus elle leur plaît, c’est un public incroyable.

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 Laurent Garnier
 Tales of kleptomaniac

Laurent Garnier Tales of a kleptomaniac (Basic Groove/Pias) 2009