Christophe Willem sous <i>Caféine</i>

Deux ans après le succès phénoménal de son Inventaire, premier album écoulé à plus de 700000 exemplaires, Christophe Willem signe son retour avec Caféine. Un disque gorgé de sonorités électroniques, conçu en partie en Angleterre, avec des pointures comme Guy Chambers (Robbie Williams, Kylie Minogue), mais aussi Zazie, Jennifer Ayache et Skye, la guitariste de Christophe Willem.

La "Tortue" se met à l’electro-pop

Deux ans après le succès phénoménal de son Inventaire, premier album écoulé à plus de 700000 exemplaires, Christophe Willem signe son retour avec Caféine. Un disque gorgé de sonorités électroniques, conçu en partie en Angleterre, avec des pointures comme Guy Chambers (Robbie Williams, Kylie Minogue), mais aussi Zazie, Jennifer Ayache et Skye, la guitariste de Christophe Willem.

RFI Musique : Après le succès d’Inventaire, vous aviez forcément la pression pour ce deuxième album…
Christophe Willem : Je ne l’ai pas ressentie. Je cherche en priorité à me faire plaisir, assez égoïstement. Si ce plaisir est sincère, il peut toucher le public. L’album est d’ailleurs né de façon assez fluide, sans douleur. Je travaille dessus depuis décembre 2007. Et on l’a enregistré en trois mois.

Avec Caféine, vous prenez un virage electro flagrant. Vous en aviez marre du disco ?
Je voulais d’abord éviter l’écueil de faire un "Inventaire bis". Pour cet album, je revendique le terme "electro-pop". Je suis très fan de Björk, Pharrell Williams, Kanye West, des productions de Madonna ou de Britney Spears. Je voulais faire un album proche des musiques que j’aime écouter chez moi sans me dire : "Attention, ça va être en français, donc ça va être compliqué, certains vont trouver cette démarche prétentieuse". J’ai travaillé avec l’envie de "m’auto-décomplexer".

Pourquoi avoir enregistré à Londres ?
Il ne s’agit pas d’un dogme. Certains titres comme Berlin ou l’Homme en noir ont été réalisés en France, par et avec des Français. Mais, culturellement parlant, les Anglais ont une façon d’aborder le son et la voix totalement différente.

La voix est d’ailleurs souvent moins mise en avant…
Il ne fallait pas chercher à "variétiser" ces sonorités très riches, très travaillées, lourdes et massives. Je ne voulais surtout pas les mettre aux normes de la chanson française avec une voix en avant. Au contraire, sur certains morceaux, ma voix se fond totalement dans la musique pour devenir un élément parmi les instruments. Je ne voulais pas être dans la démonstration vocale, ni dans la surenchère. La voix ne devait pas chercher à concurrencer le son et les arrangements.

Facile de travailler avec les Anglo-saxons ?
C’était assez simple, même si je ne suis pas complètement bilingue. En arrivant, j’avais quand même l’appréhension d’être le "petit frenchie" de passage. Celui à qui on refile les fonds de tiroir. Mais tout le monde s’est appliqué à fond sur l’album. Nous étions sur la même longueur d’onde.

Vous collaborez essentiellement avec des femmes. Leur sensibilité vous touche plus ?
Oui, surtout en écriture. Les femmes n’ont pas cette fausse pudeur des garçons. Elles ne font pas l’impair d’éviter le cliché romantique. Quand on cherche à éviter le cliché, souvent, on tombe dedans.

Dans le débat sur la Loi Hadopi, vous vous situez parmi les "pro" ou les "anti" ?
J’ai un souci avec le système de double peine. La dimension répressive me gêne clairement. Le gouvernement se penche sur la question du téléchargement alors que toute une génération a grandi là-dedans. C’est un peu tard. Il faut redonner au disque physique toute sa noblesse. Moi, j’apporte un supplément avec mon disque, via Opendisc, qui offre un contenu et des infos exclusives sur le disque et sur mes actualités.

L’album se termine avec une chanson dédiée à votre public, chantée a cappella…
On commence en fanfare et on termine dans l’épure, à nu. Cette chanson fait le bilan de ces deux dernières années, sans peur du lendemain. Même si cet album n’était pas reçu comme je l’espère, même si tout devait s’arrêter un jour… Je ne serais pas déçu car j’aurais eu la chance de vivre cette belle histoire à l’âge de 25 ans.

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 Christophe Willem
 Caféine

Christophe Willem Caféine (Sony-BMG) 2009