Le rock intime de Florian Mona

Après plus de dix ans passés au sein de groupes, Florian Mona tente l’aventure en solitaire avec un premier disque éponyme, testé sur les planches en premières parties de Katerine, Keren Ann, Vénus, Emily Loizeau… Un joli univers, intimiste, orchestral et en français… Assurément rock !

Premier album solo

Après plus de dix ans passés au sein de groupes, Florian Mona tente l’aventure en solitaire avec un premier disque éponyme, testé sur les planches en premières parties de Katerine, Keren Ann, Vénus, Emily Loizeau… Un joli univers, intimiste, orchestral et en français… Assurément rock !

RFI Musique : Pourquoi cette échappée en solitaire, après dix ans dans des groupes ?
Florent Monna : J’ai débuté en tant que batteur à 18 ans dans le groupe Twirl Comics, qui surfait sur la vague alternative du courant pop-rock. Fous de Nirvana, nous vivions de musique, habitions ensemble… une expérience conceptuelle ! De tournées incessantes en amitiés usées, l’histoire s’est achevée au bout de cinq ans. J’ai alors suivi le chanteur Maël et commencé à tâter de la guitare. Premiers textes, premières compos : à la fin de cette deuxième aventure, j’ai fondé Monarica. Pourtant, je n’assumais pas d’écrire pour un groupe. Je ne m’y retrouvais pas. J’ai donc décidé de repartir à zéro. Seul. Formule guitare-voix. En fait, je me suis toujours imaginé entouré de musiciens, mais comme je ne savais pas où j’allais, je ne souhaitais pas embarquer d’autres personnes. J’avais besoin de jouer ma propre histoire, une traversée en solitaire. Dès le début, il y a eu un petit buzz, car je samplais pas mal de trucs – chœurs, batterie – de manière ludique. J’ai tourné ainsi pendant un an, avant d’être rejoint par Nico (basse), Vincent (guitare), et enfin Gilles (batterie). Je voulais me recentrer, sans pression, construire une structure brute, pour l’étoffer de nouveau.

Quelles sont vos influences ?
Principalement anglo-saxonnes. J’étais à fond dans le mouvement grunge ! J’ai puisé ma motivation dans Nirvana et Sonic Youth, plus toutes leurs connexions. La BO du film Pump up The Volume par Leonard Cohen a également été un choc pour moi ! Côté français, J’aime Miossec et Dominique A. A l’époque, dans les festivals, il y avait Nirvana… et chez nous, il y avait ces mecs-là ! Grâce à eux, j’ai compris qu’il était possible de faire des trucs en français. Mais les influences ne sont pas faciles à gérer ! Parfois, tu fais attention à ne pas trop les écouter, pour ne pas chopper leurs tics.

Pourquoi avoir choisi le français?
Plein de groupes chantent en anglais et je trouve que ça ne le fait pas ! Ce n’aurait pas été spontané pour moi, je n’aurais pas assez maîtrisé la langue ! J’assume pleinement de chanter en français… Mais du coup, je me suis forcé à bosser jusqu’à ce que ça sonne bien, jusqu’à trouver des mots qui chantent. Là réside peut-être mon approche anglo-saxonne. Quand je compose, je commence toujours par la musique, qui lance les mots, à l’inverse de la chanson réaliste où tout tourne autour du texte, à la Brassens.

On dit que vous avez le goût du détail…
J’aurais aimé composer pour des films : une musique qui créé des univers, t’emmène. Je tisse des ambiances à la Truffaut, avec des boîtes à musique, le son de vieux vinyles, pour donner une texture au son, une patine. J’ai ce goût du détail, peut-être… Mais je le fais de façon aléatoire, avec des accidents que je garde.

Ressemblez-vous à votre ville, Rennes ?
Rennes est une ville rock, avec sa rue de la soif, ses vieux bars roots où l’on joue à burne. Je ne me voyais pas aux Transmusicales, mais Jean-Louis Brossard, le directeur, a complètement trippé sur nous : il nous a offerts une résidence à l’Ubu, nous a sacrés "coup de cœur" du festival 2008. En cela, je suis à l’image de ma ville : en français, mais complètement inscrit dans le circuit rock !

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 Florian Mona

Florian Mona Florian Mona (Naïve) 2009
Actuellement en tournée, en concert au Zèbre de Belleville, à Paris, le 2 juin 2009