Charlotte Dipanda

Après le décès récent de Charlotte Mbango, grande figure de la chanson camerounaise, une autre Charlotte surgit dans le paysage. A moins de 25 ans, Charlotte Dipanda sort un bel album, Mispa, dédié à sa grand-mère. Elle incarne la relève de la vaste famille d’artistes  originaires du Cameroun qui participent à la richesse de la scène afro-parisienne.

Jeune pousse prometteuse

Après le décès récent de Charlotte Mbango, grande figure de la chanson camerounaise, une autre Charlotte surgit dans le paysage. A moins de 25 ans, Charlotte Dipanda sort un bel album, Mispa, dédié à sa grand-mère. Elle incarne la relève de la vaste famille d’artistes  originaires du Cameroun qui participent à la richesse de la scène afro-parisienne.

RFI Musique : Qu’est-ce qui  vous a amené à vous installer en France, en 2001 ?
Charlotte Dipanda : La musique ! Je chantais déjà au Cameroun et j’ai eu envie d’élargir un peu les horizons, de sortir de l’univers des cabarets dans lesquels je me produisais. Je souhaitais aussi apprendre, me perfectionner, mais au Cameroun, il n’y a pas d’école de musique. Je me suis inscrite dans une école à Paris (IACP) où j’ai appris le solfège, le piano, un peu de chant. J’avais déjà des antennes à Paris. Et puis, j’avais rencontré Lokua Kanza au Cameroun, quelques mois auparavant. Je pouvais donc lui passer un coup de fil en arrivant.

Avant d’enregistrer Mispa, vous avez travaillé avec de nombreux musiciens. Quelle a été votre première collaboration ?
Un enregistrement avec Papa Wemba. Par le biais de Lokua Kanza qui travaillait sur son album Emotion. Quant à la première scène, je ne sais plus vraiment. Ce dont je me souviens c’est qu’il y a eu notamment un concert avec Lokua.

Etre choriste c’est une bonne école ?
Absolument et je ne suis pas certaine d’arrêter d’accompagner certains artistes. J’ai beaucoup appris derrière les autres. Cette possibilité que l’on a en tant que choriste d’entrer dans l’univers de l’autre, c’est extrêmement enrichissant. Je chante toujours avec Lokua avec qui nous avons un projet mêlant théâtre et chant, Carnet Sud Nord 17, qui a déjà été présenté sur scène. J’ai par le passé collaboré avec, entre autres, Idrissa Diop, Manu Dibango et Rokia Traoré.

Un des titres de l’album, Eyaya, évoque l’enfance. Quel souvenir gardez-vous de ce cette période?
Une certaine insouciance et puis une vie un peu nomade. Des allers-retours entre Yaoundé où je suis née, Douala où vivait ma grand-mère qui m’a élevée (ma mère m’a eu très jeune, mon père, je l’ai à peine connu) et l’ouest du Cameroun, chez un oncle. En fait, j’aurais aimé grandir dans une famille classique, avec un père et une mère. Cela m’a manqué de ne pas avoir de figures maternelle et paternelle auxquelles me raccrocher.

Ce manque a-t-il participé à l’éveil de votre sensibilité, exprimée aujourd’hui à travers l’écriture de chansons ?
C’est évident que du fait d’avoir manqué de structuration  familiale, cela a développé en moi une sensibilité un peu à fleur de peau. Une sensibilité qu’à un moment, j’ai eu envie d’exprimer dans mes propres chansons, après avoir été l’interprète des autres. Soit à travers des reprises de la variété française et américaine, quand j’étais au Cameroun, soit en tant que choriste. Cet album me permet de parler de certains sujets personnels, de me mettre à nu en quelque sorte.

Avez-vous toujours songé à devenir chanteuse professionnelle ?
La chanson, pour moi, cela a juste été un moyen pratique d’échapper à l’école. J’en avais marre de me lever à 6 heures du matin pour aller au lycée !

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 Charlotte Dipanda
 Mispa

Charlotte Dipanda Mispa (Cano Production/Rue Stendhal) 2009

En concert à Paris à la Java le 10 juin