Boris Vian, inventeur de la pop française

Arrangeur en chef du Sacre du Tympan, Fred Pallem était aux manettes du double album en hommage à Boris Vian, On n'est pas là pour se faire engueuler. Témoignage du maître de céans, avant de monter le 23 juin sur la scène de Pleyel pour une soirée de prestige, où le bassiste sera entouré de ses fidèles musiciens et de certaines des voix (Agnès Jaoui, Jean-Louis Trintignant, Arthur H, François Hadji-Lazaro, Daniel Darc…) qui défilent sur ce double album.

Interview de Fred Pallem

Arrangeur en chef du Sacre du Tympan, Fred Pallem était aux manettes du double album en hommage à Boris Vian, On n'est pas là pour se faire engueuler. Témoignage du maître de céans, avant de monter le 23 juin sur la scène de Pleyel pour une soirée de prestige, où le bassiste sera entouré de ses fidèles musiciens et de certaines des voix (Agnès Jaoui, Jean-Louis Trintignant, Arthur H, François Hadji-Lazaro, Daniel Darc…) qui défilent sur ce double album.

RFI Musique : Quel était votre cahier des charges sur ce projet ?
Fred Pallem : Quand Nicole Berthold et Olivier Nuc, les deux personnes à l’initiative de cet hommage, m’ont proposé le projet, ils m’ont soumis une liste de titres avec à chaque fois un interprète, en suivant quelques consignes : sur les tubes, je ne pouvais pas prendre le total contre-pied. Pas question par exemple, de faire Je bois en reggae punk ! Sur On n’est pas là…, il fallait que je garde le rythme des mots. De toute façon, le feeling d’origine fonctionne. Mais dès que j’ai pu me barrer, j’y suis allé. Voilà comment Natacha chien chien se retrouve relookée dance années 80, avec Lio. Enfin, j’ai également bossé sur un texte qui était sans musique : Le Cancer de la colonne vertébrale dit par Jean-Louis Trintignant, dont je signe la partition. Et puis, il y a un inédit de Goraguer et Vian, La Valse des Mannequins, une mélodie sublime restée, on ne sait trop pourquoi, dans les tiroirs. C’est Carla Bruni qui le chante : le texte lui va comme un gant.

Justement, quels étaient les liens entre ces artistes de toute génération, de Juliette Gréco à Olivia Ruiz, avec Boris Vian ?
Tous étaient très au parfum de Vian. Résultat : ça s’est très bien passé. François Hadji-Lazaro m’a par exemple sidéré : deux prises, juste parfaites. Katerine a aussi été très impressionnant, parce que terriblement musical. Je pourrais aussi citer Michel Delpech, la classe sur Je suis snob. Il faut aussi parler de Daniel Darc, qui est venu avec une idée précise de la musique : là, il s’agit plus d’une collaboration entre nous deux.

Que retenez-vous de cette expérience ?
C’est très agréable de bosser sur des chansons, bien écrites et bien composées. Le travail d’arrangeur en est facilité. Simplement, tous les enregistrements - reprises comprises - de Vian sont anciens, avec un son malgré tout un peu daté. Il s’agissait donc de dépoussiérer. En réenregistrant avec le son actuel, sans trop toucher aux arrangements, ça donne déjà un sérieux coup de frais, ça clarifie les choses. Moi, j’ai juste essayé de "déjazzifier" ce répertoire, pour le "popiser". Ça permet d’ouvrir ce répertoire à un public plus jeune qui finalement le connaît peu… Ils vont (re)découvrir un auteur très moderne : Boris Vian est l’inventeur de la pop française, avec des textes fulgurants et des mélodies extrêmement bien chiadées.


 

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Compilation A Boris Vian, On n'est pas là pour se faire engueuler (AZ/Universal) 2009

Hommage à Boris Vian 23 juin Salle Pleyel