Izia

Après le père et le fils, dans la famille Higelin, voici maintenant la fille : Izia, 18 ans et un coffre de déménageur ! Tout juste signée dans la grande maison Universal, elle propose un premier album rock "rentre dedans" où plane l'image de Janis Joplin. Un déluge sonore plus proche de Mlle K que des sages Plasticines.

Premier album

Après le père et le fils, dans la famille Higelin, voici maintenant la fille : Izia, 18 ans et un coffre de déménageur ! Tout juste signée dans la grande maison Universal, elle propose un premier album rock "rentre dedans" où plane l'image de Janis Joplin. Un déluge sonore plus proche de Mlle K que des sages Plasticines.

Si Izia n'était pas la fille de Jacques Higelin, il serait tout de même amplement justifié de lui consacrer un article. Du haut de ses 18 ans, la demoiselle envoie comme Janis Joplin dans les années soixante. Elle est dotée d'un coffre hallucinant, une puissance vocale exceptionnelle pour un si petit gabarit mais surtout la chanteuse possède un grain de voix à vous retourner les entrailles.

Plus qu'une ascendance prestigieuse, Izia dispose dans ce premier album d'une arme redoutable : Let me alone, tube imparable d'émotion et d'énergie. Le genre de mélodie taillée pour vous hanter toute la journée. D'autres titres comme Blind et son introduction très Red Hot Chili Peppers, ou encore Back in town et Life is going down se révèlent particulièrement convaincants.

En revanche, si Izia n'avait pas été la fille de Jacques Higelin, il est moins évident que la belle eut pu sortir un tel album sur une major. En France, le rock à guitare se vend peu et une tripotée d'artistes dans la même mouvance (The Elderberries, par exemple) rêverait de la même exposition. Si le disque distille des compositions idéales pour ambiancer un pub et capter l'attention d'une audience avinée, on aurait aimé un peu plus de nuances en studio. Avec systématisme, la voix d'Izia s'abîme dans des cris viscéraux sous fond de guitares crasses. D'autant que loin des déflagrations ravageuses quelque peu lassantes, la chanteuse excelle dans le registre en demi-teinte. A la croisée du rock et de la soul, The Light ou Sugar cane apportent quelques bienheureuses modulations.

Le piston n'est énervant que lorsqu'il privilégie les incompétents. Avec ce premier album d'Izia, c'est loin d'être le cas. En revanche, le système médiatique reste lui toujours aussi injuste...

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Izia (AZ/ Universal) 2009