Michel Delpech dans son bel âge

Avec un nouvel opus original et une tournée à venir, la retraite n’a pas encore sonné pour Michel Delpech. A 60 ans passés, le chanteur vivrait même, à en croire son site, ses meilleures années : ambitions artistiques, sagesse et vitalité retrouvée. Une impression que confirme le très réussi Sexa, fruit d’un travail collectif de longue haleine et reflet fidèle de ses amours musicales. Rencontre.

Sexa, nouvel album

Avec un nouvel opus original et une tournée à venir, la retraite n’a pas encore sonné pour Michel Delpech. A 60 ans passés, le chanteur vivrait même, à en croire son site, ses meilleures années : ambitions artistiques, sagesse et vitalité retrouvée. Une impression que confirme le très réussi Sexa, fruit d’un travail collectif de longue haleine et reflet fidèle de ses amours musicales. Rencontre.


RFI Musique : Comment en êtes-vous venu à travailler sur ce nouvel album, après l’épisode des duos ?


Michel Delpech : Le succès de l’album précédent [Ndlr, Michel Delpech &…, album de duos reprenant ses anciens tubes] m’en a imposé le jeu. Il fallait que je revienne avec un disque entièrement inédit, tout en poursuivant sur l’excellente dynamique du précédent. J’ai donc gardé Jean-Philippe Verdin à la réalisation. Il avait modernisé les anciennes chansons et leurs arrangements avec beaucoup d’intelligence, de finesse.

Cela donne un résultat assez exigeant …
Je crois oui. Je voulais que Sexa soit un disque populaire, accessible à tous les publics, et en même temps exigeant, d’un certain raffinement orchestral, ce qui est toujours très difficile à concilier. Mais c’est à ce prix que l’on produit de bons disques.

L’album a mûri pendant deux ans. Pourquoi une si longue gestation ?
Avec Francis Basset [co-auteur de l’album, ndlr], l’album s’est construit quasiment phrase par phrase, au gré des conversations téléphoniques, en voiture ou au bistrot. Lui était chargé de compiler tous nos échanges, puis il me proposait une mouture que nous retouchions ensemble, dans le détail. Il vient d’ailleurs de terminer un livre sur le making of de l’album. J’ai pris l’habitude de m’immerger dans l’écriture d’un album sur un temps long. J’en arrive à changer mes habitudes, comme cesser de fréquenter les restaurants, mon péché mignon.

Des chansons comme Johnny à Vegas ou Lettre à tous ceux-là semblent s’adresser à votre génération, celle qui avait connu les années 1970. Gardez-vous une nostalgie de cette période ?
Aucune. A part quelques-unes de mes chansons. Ce qu’il me reste de cette période me paraît sans importance : un sentiment d’avoir brûlé la vie par les deux bouts, joué avec le feu, vécu à fond cette immense et vaine "déconnade" des seventies. Musicalement, c’est autre chose. Beaucoup des artistes pop de cette période sont encore mon pain quotidien, et ont inspiré Verdin dans la réalisation de cet album : Bowie, Robert Wyatt, George Harrison ou Roxy Music… Il y a quelque chose de Bowie ou de Brian Ferry dans la mélodie très déstructurée, aérienne de Lettre à tous ceux-là.

Ce disque vous distingue un peu plus de la nouvelle chanson française, plus cocardière, même si un chanteur comme Bénabar se revendique de votre influence…
On a en commun d’être tous les deux des chroniqueurs, mais la filiation s’arrête là. Musicalement, cette génération de jeunes chanteurs est plus proche des chansons d’avant le rock, de la tradition du cabaret. Moi, mon imaginaire, c’était l’Amérique. Je voulais faire des chansons avec des histoires françaises, mais j’ai eu besoin que ma musique fasse un effet physique, presque sexuel. J’ai été amoureux toute ma vie de musiques dansantes. Pour moi, le chanteur idéal, c’était Marvin Gaye. Il y avait tout chez lui : la sexualité, la spiritualité, la simplicité, le cérébral. C’est ce que je vais chercher dans la pop anglo-saxonne.

 Ecoutez un extrait de

 Lire la chronique de l'album
 Michel Delpech
 Sexa

Michel Delpech Sexa (AZ) 2009
En tournée en France