Kamel El Harrachi

La voix moins rauque que son illustre "voyageur" de père, Kamel El Harrachi rend cependant un hommage appuyé à Dahmane El Harrachi dans Ghana Fenou, son premier album.

Ghana Fenou

La voix moins rauque que son illustre "voyageur" de père, Kamel El Harrachi rend cependant un hommage appuyé à Dahmane El Harrachi dans Ghana Fenou, son premier album.

Toute la problématique de l’album de Kamel El Harrachi se lit sur le montage photographique de la pochette. On y voit un portrait de Kamel, coupé en deux, en noir et blanc, un œil rivé vers le ciel. Une photo du défunt père posée en surimpression, complète la moitié gauche de son visage et prouve une troublante ressemblance.

Difficile, en somme, d’échapper à l’héritage que l’on porte… Kamel, fils de Dahmane, voix inoubliable du chaâbi algérien, a mis du temps à l’assumer. Pourtant, en 1990, près de dix ans après la mort accidentelle de son père, il se consacre à la musique et délaisse le patronyme Amrani pour s’inscrire dans une filiation artistique et devenir El Harrachi. Dans la foulée, il enregistre une première cassette de reprises de son père puis, plus rien.

Après avoir opté pour la discrétion et l’assiduité aujourd’hui, Kamel, très bon joueur de mandole, est prêt à rendre hommage à son père. Son premier album, Ghana Fenou, salue le talent et la créativité de celui qui épousa pleinement son époque. Kamel n’y échappe pas et reprend à sa sauce Ya Rayah ("le Voyageur") et plusieurs autres morceaux paternels, comme pour détourer sa propre personnalité.

Mais, tout au long du disque, au-delà de l’indéniable virtuosité, se pose la question de l’identité. Ghana Fenou serait-il une chrysalide musicale pour Kamel El Harrachi ? Un passage obligé, peut-être, pour le "fils de", avant de voler de ses propres ailes sur de nouvelles partitions chaâbi.

 Ecoutez un extrait de

Kamel El Harrachi Ghana Fenou (Turn Again Music) 2009
En concert le 11 octobre 2009 à l’Européen.