Rock en Seine 2009

Record battu pour cette 7e édition de Rock en Seine. Le festival basé dans le parc de Saint-Cloud (proche banlieue parisienne) a accueilli 97000 spectateurs du 28 au 30 août. Dominée par de grosses têtes d'affiches anglo-saxonnes, la programmation offrait quelques oasis d'artistes francophones, parfois loin du rock (Birdy Nam Nam, Baaba Maal, Hindi Zahra) voire loin de la norme (Zone Libre, Cheveu). Ballade dans trois jours de musique.

Sélection des coups de cœurs francophones

Record battu pour cette 7e édition de Rock en Seine. Le festival basé dans le parc de Saint-Cloud (proche banlieue parisienne) a accueilli 97000 spectateurs du 28 au 30 août. Dominée par de grosses têtes d'affiches anglo-saxonnes, la programmation offrait quelques oasis d'artistes francophones, parfois loin du rock (Birdy Nam Nam, Baaba Maal, Hindi Zahra) voire loin de la norme (Zone Libre, Cheveu). Ballade dans trois jours de musique.

C'est ce qu'on appelle avoir le mauvais œil. Après le feuilleton Amy Winehouse (qui avait annulé ses participations aux éditions 2007 et 2008) c'est au tour du groupe anglais Oasis de jouer un mauvais tour à Rock en Seine. Le groupe s'est séparé quelques minutes avant d'entrer sur scène. Plus de tête d'affiche pour le vendredi 28 août, premier jour du festival ! Une déconvenue qui n'entache qu'à peine le très beau bilan du festival francilien. Les grosses machines anglo-saxonnes ont assuré le spectacle (MGMT, The Prodigy, Faith No More) et l'affluence n'a jamais été aussi forte. Les artistes francophones ont aussi très bien tiré leur épingle du jeu. Birdy Nam Nam, devenu une véritable machine à danser, a fait bouger les foules samedi soir dans un registre très techno dancefloor

Autre artiste un peu inattendu dans un festival très rock, Baaba Maal en partenariat avec RFI Musique. Rude tâche pour le Sénégalais que d'ouvrir sur la grande scène en ce dimanche 30 août, troisième et dernier jour du festival. A 15 h, on compte plus de festivaliers occupés à récupérer de leurs excès que de fans prêts à danser. Pourtant le chanteur est venu avec l'artillerie lourde : trois cuivres chauds-bouillants et deux percussionnistes complètement possédés. Plus ambiance Firin' Fouta que Television (son dernier album en date, aux accents électro), Baaba Maal se démène sous un soleil de plomb. Les rythmes sont contagieux et le concert décolle au bout d'un quart d'heure. Dure loi des festivals, où les prestations sont écourtées, le groupe quitte la scène vingt minutes plus tard, alors que l'assistance commençait vraiment à s'emballer.

Les slows de Zone libre, Casey & D. James

Les défections ont parfois du bon. Samedi 28 août, l'Anglais Esser avait fait pouce, le projet Zone Libre, Casey & B. James l'a remplacé au pied levé sur la scène de l'Industrie. Après un premier morceau massif, Casey s'en amuse : "Il y a quelques mois, on nous a écartés de la programmation au motif qu'on était trop violent. Sur un désistement, on nous a rappelés. Donc j'en conclus que nous sommes maintenant beaucoup moins violents et beaucoup plus tendres. Voici notre prochain slow." La déferlante se met en place. Elle prend au corps. Serge Teyssot-Gay (guitariste de Noir Désir) saute comme un cabri, Marc Sens réinvente les ondes Martenot avec une perceuse en guise de médiator. Casey, la voix éraillée à blanc, et son complice B. James scandent leurs frustrations. Dans la lignée de leur premier album sorti il y a quelques mois*, le quintet assène un mélange hardcore rap des plus teigneux. Sans aucun temps morts, ils proposent une prestation haletante. Très loin, il faut bien l'avouer de l'électro psychédélique de MGMT, groupe de référence de la plupart des lycéens présents sur le festival.

Collée à la droite de l'entrée, la petite scène de l'Industrie est certainement celle qui offre le plus d'heureuses surprises. Une foule souvent compacte a pu apprécier la prestation bon enfant de Jil is Lucky ou le show déroutant de Cheveu (lire encadré). Loin des canons du rock, Hindi Zahra a offert un beau récital entre blues, folk et pop. Française d'origine berbère, la chanteuse égraine sa voix poignante sur des compositions aux accents d'Orient ou du Sahara. Une formule apaisante pour oublier que d'ici quelques heures, ce sera la rentrée.

* Enregistré avec Hamé de La Rumeur, remplacé sur scène pour Rock en Seine par le rappeur B. James.

Focus sur Cheveu
Les avants scènes de Rock en seine

Chaque journée du festival s'ouvre avec les Avant Scènes où deux jeunes groupes franciliens se produisent sur la scène de l'Industrie. Parmi eux Cheveu, Objet Musical Difficilement Identifiable, alliant rock et boucles électro sur un "chant" trituré d'effets. Un mélange aussi déroutant que fascinant. Rencontre.

RFI Musique : Comment est né Cheveu ?
Étienne (Guitare) : Tout s'est greffé autour d'un clavier, le Casiotone. Un jour, on l'a branché sur un ampli et on a mis la saturation à fond. Le son des boîtes à rythme nous a conquis. A l'époque, on ne faisait rien et on s'est enfermé pendant une semaine. On était à fond, on jouait jusqu'à pas d'heure. C'était juste avant la Fête de la musique. On s'est dit qu'il fallait aller dans la rue pour mettre le bordel. Et c'est de là que c'est parti !

Vous semblez tourner plus souvent aux États-Unis qu'en France ?
David (voix) :
Oui, d'ailleurs là, on revient d'une mini-tournée, on a joué à New York et au Québec. Avant de tourner en France et Europe, on a commencé par les États-Unis. Même nos premiers disques sont sortis là-bas en premier.

C'est assez rare !
David :
On fait une musique un peu particulière mais qui reste rock. Aux États-Unis, la variété c'est le rock. Chez eux Michel Sardou, c'est les White Stripes ! Il y a donc un énorme public. Même s'il n'y en a qu'une petite partie qui va s'intéresser à des trucs bizarres, ça fait encore pas mal de monde. Nous, on est dans une clique que les gars appellent du weird punk, qui regroupe plusieurs groupes qui ont le sentiment d'appartenir à une scène particulière. Ici ça ne rassemblerait que trois groupes, ça ne suffit pas pour faire une scène.