Zak Laughed

Son nom circulait depuis déjà deux ans dans les cercles d’initiés, le voici désormais au grand jour. Agé d’à peine 15 ans, le Clermontois Zak Laughed vient de publier son premier album folk pop, The Last Memories of My Old House, et n’entend pas en rester là. Ses armes face aux plus sceptiques : voix innocente, savoir-faire mélodique et culture musicale étonnamment précoce.

La (très) jeune découverte

Son nom circulait depuis déjà deux ans dans les cercles d’initiés, le voici désormais au grand jour. Agé d’à peine 15 ans, le Clermontois Zak Laughed vient de publier son premier album folk pop, The Last Memories of My Old House, et n’entend pas en rester là. Ses armes face aux plus sceptiques : voix innocente, savoir-faire mélodique et culture musicale étonnamment précoce.

Avec sa casquette large vissée sur le crâne et ses cheveux longs, Zak Laughed – amusante traduction littérale de Zacharie, son nom à la ville et au lycée – ressemble à s’y méprendre à un adolescent américain. Comme beaucoup de ses camarades, pourrait-on rétorquer. A ceci près que le jeune chanteur maîtrise déjà les standards de la culture américaine : "J’ai grandi au milieu de la collection de disques de mon père, un passionné de musique, avec Dylan, le Velvet Underground. Mais aussi plein de films et de littérature américaine, Kerouac en tête."

Zak baigne ainsi très jeune dans un environnement musical enviable, se voit offrir son premier ukulélé à 11 ans et signe (déjà !) ses premières chansons. Le songwriter en herbe fait alors une rencontre décisive grâce à son père, photographe. Il croise Mathias Malzieu, leader de Dionysos et l’une des rares idoles francophones de Zak. "Le groupe était en résidence au Maroc avant une tournée et mon père était allé les photographier. J’ai joué mes premières chansons et Mathias m’a encouragé à composer."

Clermont-Ferrand

Un départ sans faute, mais il y a une autre raison à cette éclosion. Zak vient en effet de Clermont-Ferrand et, pour un jeune chanteur de pop-folk, c’est aujourd’hui une chance inouïe. Grâce au travail de défrichage de la Coopérative de Mai, la capitale auvergnate est devenue en quelques années une pépinière de jeunes talents sans équivalent : Cocoon, Elderberries, Delano Orchestra et maintenant Zak Laughed. C’est d’ailleurs à la "Coopé" que Zacharie doit sa première scène mémorable, avec Cocoon, pour la fête de la musique en 2007. "J’avais dû faire un seul mini concert de toute ma vie avant cela. C’était un peu fou !"

C’est encore avec son frère et des amis du coin qu’il monte son groupe actuel – les Hobos Company –. Denis Clavaizolle (Cocoon, Murat) se charge, lui, de la production du premier album. Avec une stupéfiante maturité, Zak s’entoure de personnes de confiance, mène sa carrière patiemment, et semble à peine remué par le buzz autour de sa reprise folk d’un titre des Strokes, choisie comme single par le mythique label anglais Rough Trade.

Enregistré sur plus d’un an, The Last Memories of My Old House est le reflet de cet adolescent tranquille et mature, encore marqué par ses héros mais doté d’un talent mélodique indéniable : des chansons pop folk souvent fraîches comme le single Each Day, parfois adultes et mélancoliques comme Travelling Cat inspiré de Eels, sa "référence absolue en matière de songwriting". La surprise vient de cette voix non muée, donnant à ces chansons en anglais naïf un surcroît d’innocence. "Je tenais à ce que ma voix ne mue pas avant d’enregistrer mon album, explique-t-il. Sinon, les chansons que j’ai composées enfant auraient été dénaturées".

On murmure que l’adolescent est impressionnant sur scène. Pour le moment, Zak pense déjà au prochain album. "Il sera très différent" nous assure-t-il. Sa voix, elle, aura définitivement changé.

- 08/09/2016

Zak Laughed The Last Memories of My Old House (3e Bureau/Wagram) 2009

En concert le 30 septembre à la Maroquinerie

- 08/09/2016