Miossec

Pour son septième album, Finistériens, Christophe Miossec lie ses talents à ceux d’un autre Brestois, le compositeur Yann Tiersen. Une union du roc et de l’aquarelle, une œuvre entre terre et mer.

Finistériens

Pour son septième album, Finistériens, Christophe Miossec lie ses talents à ceux d’un autre Brestois, le compositeur Yann Tiersen. Une union du roc et de l’aquarelle, une œuvre entre terre et mer.

Finistère − là où la terre s’achève, s’abîme dans la mer. Finistériens − rime avec "terriens", humains infinis marins, à l’équilibre, en tangage, sur une matière mouillée d’embruns. Deux Brestois, habitués des sentiers de traverse, se croisent à l’orée des chansons, rencontre prédestinée qui devait unir le chant d’amours houleuses de Miossec aux aquarelles de Yann Tiersen.

Après une mini-tournée à guichets fermés début 2009, cette liaison hissée à quatre mains enfante l’album, conçu sans débat, en "épaulé-jeté". Dans ses plages interdites aux touristes, ouvertes aux chasseurs de trésor et aux pêcheurs avides, affluent les vagues incontournables du vocabulaire Miossec : passions brisées, ruptures, décalages, rages, tendresse, larmes, armes, âme. Comme si l’amour tenait justement à sa fuite, son évanescence et inévitable disparition.

S’y niche aussi l’imprévu d’épopées sociales (Les Chiens de Paille, CDD, Jésus au PMU), ou le goût de détails métaphysiques (Les joggers du dimanche). Pas d’énormes surprises, donc, pour ce septième album, mais la voix rocailleuse du chanteur ôte ici sa signature dépouillée, pour revêtir les apparats impressionnistes, foisonnants et orchestraux de Yann Tiersen. Dire que l’un écrivait les paroles quand l’autre composait serait pourtant simplifier. L’harmonie de Finistériens laisse supposer d’incessants allers-retours, une genèse apaisée, et en accord. Il y a de l’eau et de la terre dans l’œuvre, du vent, et le ressac des marées, cogné contre deux phares, qui à l’unisson, envoient leurs signaux lumineux.

- 08/09/2016

Miossec Finistériens (Pias) 2009

- 08/09/2016