Jena Lee, le côté obscur du r'n'b

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur le r'n'b français. Jena Lee, 22 ans, donne une nouvelle couleur à ce genre musical : le noir. Zoom sur une chanteuse atypique qui caracole en tête des meilleures ventes de singles avec le titre J’aimerai tellement.

Premier album

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur le r'n'b français. Jena Lee, 22 ans, donne une nouvelle couleur à ce genre musical : le noir. Zoom sur une chanteuse atypique qui caracole en tête des meilleures ventes de singles avec le titre J’aimerai tellement.

Elle est née au Chili en 1987, a été adoptée par une famille française, a écrit cinq textes du premier album de Sheryfah Luna, est fascinée par Justin Timberlake et Britney Spears. Bref, tout pour faire de Jena Lee la nouvelle Baby Doll du r'n'b français un peu gnangnan. Tout faux. Car cette jeune fille aux cheveux sombres et au look néo gothique (pour le dire vite) apporte à ce genre musical un nouvel éclairage et une nouvelle couleur. Le noir. "Dans beaucoup de mes textes, explique Jena, il y a des allusions au suicide ou à la mort, mais à chaque fois il y a une touche d’espoir. Ça ne se finit jamais mal. Je suis un peu noire dans mes pensées, je suis fascinée par la mort, mais pas suicidaire pour autant. Je suis attirée par le côté sombre, mais pas complètement. Je suis aussi très optimiste, mais avec un côté nihiliste. Je n’arrive à écrire que quand je ne me sens pas bien. Il y a toujours avec quelque chose qui me ronge le cœur".

C’est aussi pour ça que le style de Jena est si différent de celui des divettes du r'n'b français, qui semblent très préoccupées par leur brushing : Jena a créé la nouvelle case "émo r'n'b" une dénomination inédite qui explique bien son positionnement entre deux mondes, entre la chanson et le rock, entre les harmonies vocales et les guitares hurlantes. Comment a-t-elle créé ce concept ? "'Emo', ça vient de 'emotional hardcore', un rock extrême qui n’a rien à voir avec ce que je fais, mais avec comme point commun les guitares, que j’adoucis. C’est surtout dans l’état d’esprit émo que je me reconnais : c’est plus noir, ça évoque le mal-être. Je me cherche encore, je suis en pleine crise d’adolescence ! Le côté r'n'b urbain, c’est plus au niveau du beat et des influences, Timbaland et Timberlake. Mais j’ai aussi des influences metal, genre Linkin Park. J’ai essayé de mixer deux styles que je kiffais. Je ne me retrouve pas complètement dans l’urbain, je ne suis pas strass et paillettes comme dans le r'n'b, et je ne suis pas tout le temps en train de gueuler avec ma guitare comme les punks. Donc j’ai essayé de mixer la musique et l’état d’esprit de ces genres rivaux".

Et à l’écoute de son premier album qui vient de sortir, on comprend qu’avec Jena Lee, on a affaire à un vrai diamant brut, une chanteuse auteur et compositeur qui amène une vraie originalité dans un genre musical qui en manque souvent cruellement. Capable d’incarner la drogue dans la chanson Dépendance, de décrire l’amour impossible et masochiste d’une jeune fille pour un garçon malsain dans Je rêve en enfer, Jena étonne et détonne dans le monde ripoliné du r'n'b.Et avec J’aimerai tellement, son premier single, elle prouve qu’elle est capable de signer un pur tube populaire, aussi puissant que ce Quelque part dont elle a écrit les paroles pour Sheryfah Luna et qui lança la carrière de la gagnante du jeu Popstars.

Pour autant, Jena n’est pas une extra-terrestre ou une nouvelle diva : juste une fille (presque) comme les autres. "Je ne veux pas être à part, c’est ça le truc. Je veux être à part de ce qui se fait actuellement en musique, mais je veux aussi que les gens se reconnaissent dans ce que je fais. Et je pense que beaucoup de gens se reconnaîtront. On me dit souvent ça sur mon blog. Ce que je vis beaucoup de gens le vivent aussi".

Jena Lee Vous remercier (Mercury/Universal) 2009.

En concert à Paris au Sentier des Halles les 11 et 18 novembre