Diam’s, impudeur rapologique

Après l'éclatant succès de l'album Dans ma bulle, Diam's, la plus populaire des rappeuses hexagonales, revient avec SOS, son nouvel opus très autobiographique sur lequel elle livre ses états d'âme. Une façon pour elle de retrouver la paix intérieure tout en laissant de côté les medias et l'infernale ronde de la promo.

SOS, nouvel album

Après l'éclatant succès de l'album Dans ma bulle, Diam's, la plus populaire des rappeuses hexagonales, revient avec SOS, son nouvel opus très autobiographique sur lequel elle livre ses états d'âme. Une façon pour elle de retrouver la paix intérieure tout en laissant de côté les medias et l'infernale ronde de la promo.

Où en est Diam’s alors que sort son nouvel album ? Ceux qui ont entendu son premier single Enfants du désert savent que Mélanie -son vrai prénom- est "sortie de sa bulle", référence transparente à son précédent album sorti voilà trois ans et écoulé à plus d’un million d’exemplaires.

Ceux qui l’ont vue sur la scène des Victoires de la musique en 2008 savaient que quelque chose s’était brisée chez miss Diamant. Ceux qui écouteront son nouvel album SOS comprendront de quoi il en retournait : la rappeuse générationnelle avait sombré dans la dépression. Trop de gloire, trop d’argent, trop de pression. D’où un passage en hôpital psychiatrique, raconté avec une splendide impudeur dans Si c’était le dernier, ultime chanson de ce nouvel album en forme de thérapie musicale, 158 rimes comme autant de missiles venus du cœur qui prennent l’auditeur aux tripes.

Car oui, et Diam’s l’avoue sans détour, le succès peut aussi détruire une artiste. Adulée sur les scènes de France et d’ailleurs, seule une fois de retour dans sa chambre d’hôtel. Présente sur les plateaux télé et adorée par ses nombreux fans, mais haïe par les jaloux et tous ceux qui ne supportent pas de voir une femme, rappeuse de surcroît, dépasser ses homologues masculins.

Elle dit tout dans son disque

Récupérée par les politiques, brocardée dans la presse people, Mélanie a pété les plombs. Par chance pour ceux qui ont des oreilles, elle en a profité pour transcrire sur le papier, puis sur CD, cette descente aux enfers. Ouvrant la porte de son intimité, Diam’s a voulu tout dire. Pas aux médias, qu’elle a choisi d’ignorer pour des raisons qui lui appartiennent, mais à tous ceux qui vont écouter la douzaine de titres bouleversants qui composent ce nouvel album à la sensibilité aiguisée comme les griffes de Freddy Kruger.

Seule ombre au tableau : l’absence de ces bulles de bonheur insouciant qu’étaient les hits La boulette, Jeune demoiselle ou même Confessions nocturnes. Car sur SOS, la seule respiration fun est Peter Pan, morceau anecdotique racontant la crise d’enfance d’une chanteuse qui refuse de grandir et affirme que "C’est la crise, ouais, chez moi y a plus de Haribo/Papa dit que c’est d’la faute à Sarko". Bon. Pas de quoi en faire un tube, mais le propos de ce disque adulte et écorché est à chercher du côté de Cœur de bombe, déchirante histoire d’une rupture sentimentale, de Poussière, texte lacrymal surpuissant, ou encore de Mélanie, intro schizo où Diam’s discute avec elle-même, en pleine crise de doute.

Les musiques de Tefa & Masta, boostées par les guitares de Christophe Minck et les pianos de Marc Chouarain, sont au service d’une artiste qui étale ses états d’âme et nous entraîne dans son gouffre, mais aussi là où elle a trouvé de quoi être, dit-elle, "en paix avec elle-même". On peut craindre pour la promo de ce disque sombre et intense tant l’absence médiatique sera dure à gérer, mais on ne saurait douter de la sincérité de son auteur, qui s’y livre comme rarement artiste l’aura fait. Un disque suffit-il pour parler au public en cette époque médiatique ? Le silence radio de Diam’s jettera-t-il de l’ombre sur les ventes de ce SOS aux teintes noires ? Réponse après les premières semaines de vente.

Diam’s SOS (EMI) 2009