Pierre Souchon, autoportrait réussi

Pierre Souchon sort Piteur’s Friends, bel album pop aux chansons d’une finesse attirante, après des années d’une carrière trop discrète qui commença avec le groupe Cherche-Midi, en 1994.

Nouvel album, Piteur’s Friends

Pierre Souchon sort Piteur’s Friends, bel album pop aux chansons d’une finesse attirante, après des années d’une carrière trop discrète qui commença avec le groupe Cherche-Midi, en 1994.

Cela fait une quinzaine d’années que Pierre est apparu dans la chanson. Ce fut d’abord dans les Cherche-Midi, en duo avec Julien Voulzy (qui, depuis, est devenu June), puis avec un premier album en solo (Pareil jamais en 2004), des chansons écrites pour Sandrine Kiberlain, Jane Birkin, Elie Semoun ou Patxi, mais aussi beaucoup de compositions pour les albums de son père.

Dans cette carrière, il nous manquait encore d’entendre mieux sa voix pop et tendre et de mieux découvrir son univers. Alors, pendant quatre ans, il a travaillé à un nouveau répertoire : "J’avais toujours travaillé plutôt sur la composition. Je me suis mis à faire des textes pour que ça me ressemble plus." Il a inventé des personnages rêveurs et amoureux, des histoires d’amour avec la tête dans les nuages…

"On a tous envie de changer quelque chose à notre vie, de se redonner de la liberté", dit-il, comme pour expliquer son goût pour une futilité rêveuse, pour une certaine légèreté intellectuelle, pour "l’insouciance des enfants qui savent ne pas être encore dans le sérieux de la vie". Mais il sait aussi s’attarder sur des souffrances très contemporaines, comme Fil de fer qui évoque avec beaucoup de délicatesse et de compréhension le drame de l’anorexie.

Une génération bobo

A trente-six ans, son nouvel album est le portrait d’une génération bobo mi-choyée, mi-désenchantée, et un étonnant gisement d’émotions fortes et douces à la fois. Mélodiste hors pair (et aussi hors père, osons le jeu de mots !), il a maintenant trouvé les textes et les personnages qui conviennent à cet univers, légèrement mélancolique mais jamais spleenétique, sobrement joyeux mais jamais envahi d’une allégresse trop tapageuse. Et des chansons comme Piteur’s Friends ou Il et elle semblent taillées pour être écoutées par le grand public.

L’album Piteur’s Friends s’est construit lentement, à la maison. Pierre a fait appel à Pierre-Dominique Burgaud, l’auteur des chansons du Soldat rose. Il a travaillé avec lui sur quelques textes, a fait beaucoup de guitares la nuit avec son frère Charles (entretemps apparu au grand jour comme le chanteur Ours), travaillé ses arrangements avec Régis Ceccarelli, qui a joué quelques batteries, pendant que l’ingénieur du son Jean-Pierre Sluys jouait un peu de basse.

Au bout du compte, l’album a apprivoisé tous les incidents de sa gestation : la guitare qui se désaccorde, le bois du piano qui grince, l’atmosphère singulière de la nuit dans un appartement parisien pour les prises de voix… Avec son équipe de copains, il a poursuivi dans la même veine avec une série de petits films délirants pour présenter ses chansons et qui ont suscité un joli petit buzz sur internet avant la sortie de son album et le début de sa tournée.

Pierre Souchon Piteur’s Friends (Naïve) 2010En concert : le 16 février à Paris (Trois Baudets), le 27 à Marseille, le 18 mars à Reims, le 19 à Lille…