Chamfort raconte Yves-Saint-Laurent

Depuis cinq ans, Alain Chamfort s’était fait plutôt discret. Un nouveau projet vient aujourd’hui rompre le silence : baptisé Une Vie Saint-Laurent, le disque est une collection de chansons impressionnistes retraçant la vie du couturier disparu. Sur une idée et des textes de Pierre-Dominique Burgaud (Le Soldat Rose), l'interprète de Manureva a signé l’ensemble des musiques de cet album entièrement autoproduit et distribué en marge des circuits traditionnels. Retour avec le compositeur et l’auteur sur une aventure discographique atypique.

Une biographie atypique

Depuis cinq ans, Alain Chamfort s’était fait plutôt discret. Un nouveau projet vient aujourd’hui rompre le silence : baptisé Une Vie Saint-Laurent, le disque est une collection de chansons impressionnistes retraçant la vie du couturier disparu. Sur une idée et des textes de Pierre-Dominique Burgaud (Le Soldat Rose), l'interprète de Manureva a signé l’ensemble des musiques de cet album entièrement autoproduit et distribué en marge des circuits traditionnels. Retour avec le compositeur et l’auteur sur une aventure discographique atypique.


RFI Musique : D’où vous est venue l’idée d’un album biographique ? Pierre-Dominique Burgaud : Je me souviens d’un album dont on parlait avec Alain lorsque l’on travaillait ensemble sur le clip des Beaux Yeux de Laure (ndlr : clip qui a valu à Alain Chamfort une Victoire de la Musique en 2005) : Songs for Drella, de Lou Reed et John Cale. Un album hommage qui évoque la vie de Warhol de manière pointilliste.

L’envie est alors venue de faire un album conceptuel sur quelqu’un de vivant, afin d’éviter la fresque historique. Et je me suis rappelé de cette phrase de Warhol sur Yves Saint-Laurent : "le plus grand artiste français vivant du siècle". J’ai donc acheté sa biographie, et me suis pris d’intérêt pour le personnage, sans être passionné par la mode.

Alain Chamfort : Lorsque Pierre-Dominique m’a transmis ce livre, je n’étais pas convaincu par le choix d’Yves Saint-Laurent. C’est en parcourant sa biographie que j’ai progressivement changé d’avis.

En quoi la vie du couturier vous a-t-elle passionné ? AC : Parce qu’il a annoncé des phénomènes qui sont encore présents aujourd’hui dans nos vies. Il a assumé son homosexualité au grand jour, et ce dans le contexte très défavorable des années 50. On connaît son influence sur la condition de la femme, avec l’invention du smoking féminin. Aujourd’hui, les femmes sont plus ou moins admises dans les sphères d’autorité, et son travail n’y est pas étranger.

Il a aussi été le premier à dessiner pour du prêt-à-porter, ou à faire défiler des mannequins de couleur, bien avant Jean-Paul Gaultier. C’était un créateur ouvert aux autres cultures, l’un des rares à faire l’unanimité dans le monde de la mode.

Vous n’avez pas reçu le soutien d’une maison de disques : cela n’a pas pour autant, freiné le projet…AC : Ils trouvaient qu’Yves Saint-Laurent n’était pas une personnalité assez populaire. L’un d’eux nous a même suggéré Zidane ! Mais à vrai dire, ce n’est plus vraiment un handicap de ne pas être signé aujourd’hui. Cela nous a obligés à une démarche alternative, et nous permet de vendre ce disque à 5,50 €, ce qui est assez exceptionnel. Personne ne pourra nous opposer l’argument du prix du disque cette fois-ci. Ou alors cela voudra dire que la musique est totalement dévalorisée.

PDB : La contrepartie est que nous sommes vraiment seuls à tout gérer : de l’achat des timbres aux allers-retours chez l’imprimeur ! Nous avons beaucoup appris, dans la difficulté souvent.

Envisagez-vous une série de concerts ?AC : C’est devenu une évidence à mesure que l’enregistrement avançait. Mais il nous faut attendre pour cela que le disque marche. Un spectacle est également en projet pour 2011 au Palais de Chaillot. Un concert illustré de projections sur la vie et les œuvres du couturier. C’est l’un des développements possibles, mais pour l’heure, aucune certitude…

 Lire la chronique d'Alain ChamfortUne Vie Saint-Laurent

Alain Chamfort La Vie Saint-Laurent En téléchargement légal depuis le 8 février 2010