Lionel Loueke

Mwaliko, le nouvel album de Lionel Loueke, le guitariste et chanteur béninois, confirme que son talent va bien au-delà de la galaxie jazz dans laquelle il excelle.

Mwaliko

Mwaliko, le nouvel album de Lionel Loueke, le guitariste et chanteur béninois, confirme que son talent va bien au-delà de la galaxie jazz dans laquelle il excelle.

"Mwaliko" signifie "invitation" en swahili. C’est donc la base du programme de ce second album de Lionel Loueke pour Blue Note, suite à Karibu en 2007 où il conviait Herbie Hancock et Wayne Shorter, ses deux parrains dans le métier.

Cette fois, le guitariste que l’on découvrit avec le génial solo In A Trance instruit des dialogues avec Angélique Kidjo, Marcus Gilmore, Esperanza Spalding et Richard Bona. La première avec qui il a activement participé au nouvel Õÿö débute ainsi cet album par une reprise du classique Ami Oh, totalement transfiguré par les percussions de bouche et le phrasé léger de Loueke. Superbe.

Le second, pour être le plus jeune, n’est pas le moins doué : ce batteur, petit-fils de l’immense Roy Haynes, revisite ici le standard Nefertiti avec une maestria digne des meilleurs. Le sommet instrumental de cet album !

Quant à la bassiste et chanteuse Esperanza Spalding, sa voix légèrement voilée brille sur Twins, un thème du trio régulier de Lionel Loueke, ses fidèles complices Ferenc Nemeth et Massimo Biolcati d’ailleurs présents ici sur trois titres.

Enfin, "last but not least", l’aîné Richard Bona - dont le parcours Afrique/Paris/New York n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Loueke – donne la réplique au guitariste sur deux thèmes. Tout d’abord, Wishes, spécialement composé pour ce duo d’une sensibilité à fleur de cordes (celles de la basse et de la guitare, mais aussi de leurs voix) et puis Hide Life, la chanson qui clôt Mwaliko de la plus belle des manières, entendez sur le fil subtil d’une mélodie gorgée de vin de palme qui n’a pas fini de nous faire danser collé-serré.

Lionel Loueke Mwaliko (Blue Note/EMI) 2010.