Christophe Maé trace sa route

Révélé au grand public en 2007, avec son album précédent Mon Paradis, Christophe Maé est de retour avec On trace la route, un nouvel opus foncièrement positif. Portrait d'un jeune homme déterminé à mener une carrière longue et balisée de succès.

Deuxième album

Révélé au grand public en 2007, avec son album précédent Mon Paradis, Christophe Maé est de retour avec On trace la route, un nouvel opus foncièrement positif. Portrait d'un jeune homme déterminé à mener une carrière longue et balisée de succès.

Pour décrire sa carrière, Christophe Maé file volontiers la métaphore du marin parti accomplir son destin contre vents et marées : "J’ai longtemps mené ma barque en solitaire. Aujourd’hui, je ne me sens plus seul dans le bateau" explique le chanteur dans les locaux de sa maison de disques, où il enchaîne les interviews pour la sortie de son nouvel album, On trace la route.

Souriant et décontracté, le teint hâlé et la faconde toute provençale, l’artiste révélé au grand public avec Mon Paradis (2007), un premier album léger solaire et sautillant, vit le succès avec humilité. Et ce, malgré le carton de son disque (1,5 million d’exemplaires), suivi d’une tournée hexagonale triomphale – "j’ai fait la fête à un million de spectateurs" - et son intronisation dans le petit cercle des chanteurs les mieux payés de France. Sans oublier sa rencontre avec Johnny Hallyday pour lequel il a écrit la chanson Etreintes fatales et assuré les premières parties de sa tournée, notamment au Stade de France.

Devenir chanteur

Christophe Maé, de son vrai nom Christophe Martichon, a trop longtemps roulé sa bosse pour prendre la grosse tête. "Une carrière d’artiste se gère sur le long terme. Je n’ai pas envie d’être de passage", précise l’intéressé. Et quand on lui demande le mot susceptible de le résumer au mieux, il répond : "travail, détermination. J’ai grandi avec cette phrase de mon père : 'la mère de la réussite, c’est la persévérance'". C’est ce père, pâtissier de profession et mélomane averti, saxophoniste dans un groupe de jazz, qui lui insuffla sa passion pour la musique. "Il possédait un poster avec tous les instruments possibles et inimaginables. Un jour, il a fermé les yeux et posé le doigt au hasard sur l’affiche. C’était le violon". De six ans à douze ans, le jeune Christophe va donc s’initier, en autodidacte, à cet instrument ingrat par excellence, pour bifurquer vers la batterie, puis l’harmonica à l'âge de seize ans. Il écoute alors en boucle Stevie Wonder – "une révélation artistique" - via son classique Songs Is The Key Of Life ("Les chansons sont la clef de la vie"). Un titre quasi-prophétique. "J’ai su à cette époque que je deviendrais chanteur".Entre deux stages d’harmonica avec Jean-Jacques Milteau et son boulot dans la pâtisserie familiale de Carpentras - devenue aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour ses fans - le jeune Maé rêve de gloire et se présente, en 1997, à l’émission Graines de Star sur la chaîne M6. Il réussit les auditions à Montpellier mais échoue dans l’épreuve de sélection finale, au Zénith de Paris : "C’était trop tôt, je n’avais aucun bagage, aucun univers, je m’étais contenté de chanter une chanson de Jamiroquai en yaourt".

Une vie de saltimbanque

Cet échec renforce sa détermination. Deux mois avant de passer son CAP de pâtissier, il prend la route, direction Saint-Tropez, avec un copain percussionniste. C’est le début d’une vie de saltimbanque, dix années de "bonnes galères", selon son expression : "Je jouais sur les plages privées, dans les piano-bars. Ces dix années m’ont permis de me construire, m’ont appris à tenir une audience". L’été à Saint-Trop’ et à Bonifacio ; l’hiver à l’Alpe d’Huez…

Une vie dont il finit par entrevoir les limites. "J’avais peur de rester saisonnier à 40 balais". Saint-Tropez, la ville de villégiature du show biz, se révèle une impasse. En 2003, il croise finalement le chemin d’Olivier Schultheis, le chef d’orchestre de La Nouvelle Star qui lui propose d’enregistrer des titres. "J’ai commencé à faire des allers et retours à Paris. Je logeais dans une chambre de bonne de la place Dauphine, un quartier huppé, mais je n’avais pas un kopeck".

Grâce à Schultheis, il croise la route de Zazie et de Boris Bergman. Elle lui écrira deux chansons. Le parolier fétiche de Bashung lui prêtera ses mots et son univers surréaliste avec la chanson Donald dans les docks, reprise sur le second album de Maé. La même année,  il décroche une signature chez Warner, enregistre son premier album qui… sera envoyé au pilon avant sa sortie : "Heureusement pour moi, s’amuse aujourd’hui Christophe Maé. A 24 ans, je voulais créer un mix entre Jamiroquai et Tracy Chapman, les chansons manquaient de personnalité". Trois ans plus tard, il se fait remarquer dans la comédie musicale Le Roi Soleil. Il incarne Monsieur Frère du Roi, et éclipse totalement le fade Louis XIV campé par Emmanuel Moire. On connaît la suite… Devenu un enjeu majeur pour sa maison de disques, Christophe Maé trace sa route sans pression excessive, ni caprices de divas. Il aurait pu exiger de travailler à Londres ou Los Angeles avec des requins de studios. Il a conçu son disque chez lui, dans son home studio, avec ses anciens complices de galère tropézienne- notamment le guitariste Bruno Dandrimont - devenus les complices de son succès.

Une positivité à toute épreuve

Pour son nouvel album, il a certes connu "l’angoisse de décevoir" son public. Ce dernier devrait trouver son compte dans les nouvelles chansons ensoleillées et rythmées ; lisses, consensuelles et inoffensives, diront ses détracteurs. "Je fais simplement de la variété française avec des influences caribéennes et africaines". Au casting, on retrouve une armada d’auteurs : Boris Bergman donc, mais aussi Lionel Florence et Diam’s – "elle est venue chez moi pendant quatre jours pour écrire deux titres, tout s’est fait très naturellement". Sans surprise, Maé célèbre l’amour fané et salvateur, l’écologie, la foi en la vie, le soleil de l’Afrique et la grisaille parisienne, la tolérance… Nulle trace d’ironie, de cynisme ou de second degré dans ses chansons, mais une positivité à toute épreuve. "Je pense véhiculer des idées plutôt saines, je ne suis ni un énervé, ni un violent encore moins un dépressif" assure le chanteur préféré des 7-14 ans (selon un sondage Mickey Magazine). La consécration le ravit : "C’est hyper touchant. Les enfants incarnent l’innocence. Avec eux, il est impossible de tricher. Si je peux leur transmettre mes valeurs, je suis le plus heureux du monde".

Christophe Maé On trace la route (Warner) 2010

En tournée en France à partir du 1er juin 2010.