The Inspector Cluzo

Dans la famille "groupe qui ne fait pas de clapotis en France mais provoque des déferlantes à l’étranger", voici The Inspector Cluzo. Un duo rock guitare-batterie originaire des Landes et réputé pour son énergie scénique dans plus de vingt-trois pays. Des prestations furieuses qui leur ont valu le doux surnom de "French Bastards", en Australie. Un hommage sincère que le groupe porte comme un honneur puisqu’il s’agit du titre de leur deuxième album !

The French Bastards

Dans la famille "groupe qui ne fait pas de clapotis en France mais provoque des déferlantes à l’étranger", voici The Inspector Cluzo. Un duo rock guitare-batterie originaire des Landes et réputé pour son énergie scénique dans plus de vingt-trois pays. Des prestations furieuses qui leur ont valu le doux surnom de "French Bastards", en Australie. Un hommage sincère que le groupe porte comme un honneur puisqu’il s’agit du titre de leur deuxième album !

 

Avec une telle énergie, les bassistes ont du souci à se faire pour leur survie ! En moins de 45 minutes, The French Bastards (non, on ne traduira pas !), deuxième album de The Inspector Cluzo aligne le meilleur des riffs gras à la Urban Dance Squad, la crème du groove cher aux Red Hot Chili Peppers et l’efficacité brut d’AC/DC.

 

Si le duo est originaire des Landes, ses influences proviennent, elles, bien de l’autre côté de l’Atlantique, en direct du pays où la six-cordes voisine le six-coups. Dès l’introduction TIC Theme, le ton est donné : une guitare entre funk et rock, des cuivres en guise de refrain et cette énergie implacable qui ne faiblira pas tout au long des douze titres.

Entre le gros rock US de The Empathy Blues, aux riffs et hurlements calibrés pour les stades, le très AC/DC Terminator is Black in his Back à reprendre d’un seul homme ou le plus funky-pop Zombie Dj’s Killers, le duo enchaîne les titres immédiats et imparables comme un sumo les sushis au petit-déjeuner.

Le son est lourd et gras mais, si le duo adore balancer gros riffs et hurlements, The French Bastards ne ressemble en rien à une débauche "testostéronée" de décibels. Epaulés par Bart et Bruno, deux membres de la fanfare funk Ceux Qui Marchent Debout, ils balancent des invitations à danser impossibles à refuser comme le titre French Bastards #1 qui aurait tout pour remplacer notre hymne national. Le clou de l’album revenant à F*** Michael, une déclaration d’amour au leader des Jackson 5 et de haine au pantin médiatique des années 2000. Une mélodie à vous scotcher la banane pour la journée et à faire revenir Bambi parmi les vivants.

Si on ajoute à ce filet bien garni, un album édité en format cartonné très soigné (on salue les visuels du graphiste taiwanais Chaos), la bénédiction d’Angelo Moore, figure emblématique de Fishbone, et une autoproduction complète de A à Z, on se demande pourquoi on parle encore de crise du disque.

 

Pourquoi une tournée chinoise ?

Shanghai, Suzhou, Wuhan… Pour la sortie de ce deuxième album, The Inspector Cluzo s’offre des dates dans plusieurs villes de Chine. Ce point de chute assez inhabituel méritait quelques explications avec le chanteur/guitariste Malcom Lacrouts et le batteur/percussionniste Phil Jourdain…

 

 

Dans quels types de salles allez-vous jouer en Chine ?
On fait un des plus gros festivals du pays à Pékin, où on est invités par le label de Radiohead en Chine, qui nous a vus au Fuji Rock, au Japon, l'année dernière. Et quatre gros clubs à Shanghai ainsi que dans des villes plus à l'intérieur du pays, où nous avons demandé à notre tourneur chinois de jouer pour sortir des circuits culturels traditionnels et aller rencontrer la VRAIE Chine.

 

Comment est-ce que vous allez présenter le titre Giving his opinion is not a job, this is a right* lors de vos concerts en Chine ?
C'est une chanson qui s'appelait au départ Journalism et qui est sur le métier de journaliste qui  n'est plus aujourd’hui ou qui est complètement galvaudé. Vous n'avez plus le temps de relater, de recouper, d’analyser, d’enquêter à cause de votre système de financement ou par rapport à l'audimat. Le métier se résume, à de rares exceptions près, à donner votre opinion, comme "Monsieur tout le monde". On rappelle gentiment aux pseudos journalistes que donner son opinion, ce n’est pas un métier, c'est juste le droit de tout le monde en démocratie.

Par rapport à la Chine, on a joué dans 23 pays, dans des endroits improbables, et on a assez d'empathie et d'humilité pour ne pas donner de leçons aux autres. Avoir la liberté d'expression, c'est super mais ça ne représente pas grand chose quand on a le ventre vide, qu’on ne sait ni lire, ni écrire... Ça devient tout de suite un propos de vieux bourgeois occidental et ça sonne creux, là-bas. La liberté d'expression découle d'un lent processus d'évolution de la société contrairement à ce que croient les Américains, par exemple, en voulant amener la démocratie dans des pays qui n'y sont pas prêts. Si les Chinois ont un jour le droit de dire tout et n'importe quoi comme en France au nom de ce qu’on appelait autrefois la liberté d'expression (plus communément appelée aujourd’hui la liberté de consommer tranquille [rires]), c'est qu'il y aura beaucoup de choses qui auront évolué avant ça !!!

* "Donner son opinion n’est pas un travail mais un droit"

The Inspector Cluzo The French Bastards (Teraterre/Discograph) 2010

En tournée mondiale. En concert à Paris le 26 juin 2010 au festival des Solidays