June, le fils Voulzy en solo

Après son expérience au sein des Cherche-midi avec Pierre Souchon, June, alias Julien Voulzy, décoche Archange, un premier album inégal, mais fort intéressant. A écouter sans préjugés.

Archange

Après son expérience au sein des Cherche-midi avec Pierre Souchon, June, alias Julien Voulzy, décoche Archange, un premier album inégal, mais fort intéressant. A écouter sans préjugés.

Derrière le doux nom de June se cache le fils aîné de Laurent Voulzy, Julien. Un détail qui, forcément, oriente l’écoute d’Archange. June suit-il musicalement les traces de son père, se demande l’oreille ? Est-il un parvenu de la musique, à qui tout a souri plus facilement qu’un chanteur lambda, questionne l’esprit ? La bio de l’artiste répond entre les lignes que non, insistant sur l’expérience de June (Bébés fous, Poissons Rouges, Rhinocerrosse, Cherche-midi) et racontant qu’il aurait galéré avec les directeurs artistiques (qui ne comprenaient pas qu’un "Black ne fasse pas du reggae", dixit June). L’éternel débat de "fils de" reste ouvert…

Le verdict de la première interrogation sur la filiation d’avec le père tombe, le disque plusieurs fois avalé, dégusté même : June est, dans l’ensemble, bien plus rock et rentre-dedans que Laurent. Il ose, sur l’exaltant Maquille ton visage, des envolées à la Jeff Buckley simplement superbes. Il n’hésite pas à lâcher la bride de l’électrique, en laissant monter au créneau basses et guitares, et en les dotant de quelques textes militants (Dans tous les foyers, Archange). Un choix qui confère à plusieurs morceaux une certaine noirceur, mélodique surtout : June a l’optimisme chevillé au corps côté paroles... C’est peut-être là que le bât blesse, quand certaines chansons frisent la comptine guimauve et bien-pensante, comme sur Un trésor dort ou sur Migrateur, sauvée par une fin foutraque et inventive (après un début limite "comédie musicale" de Walt Disney entonné avec Charles Souchon, aka Ours).

Ce que June partage avec son géniteur ? Le même penchant pour les Beatles (qui s’entend ici sur Where are my Friends, seul titre en anglais), pour le tube (Tu m’emmerdes, récit sexuel et drolatique qui n’est pas sans rappeler la gaîté de Rockcollection) et pour les arrangements longuement sculptés. Non, les chiens ne font pas de chats.

June Archange (Wasabi / Wagram) 2010