Gush, une fratrie dans le vent

Ils sont quatre, de la même famille, et insufflent un certain vent de fraîcheur à la scène pop rock française. Révélé sur scène l’an dernier, Gush sera ce week end l’une des attractions du festival Solidays. Une marche de plus dans l’ascension de ce quatuor formé il y a six ans et auteur d’un premier album tardif, Everybody’s God, en février dernier. Leurs atouts : l’énergie collective et, surtout, ces superbes harmonies vocales devenues leur signature. Une découverte.

La révélation pop anglophone

Ils sont quatre, de la même famille, et insufflent un certain vent de fraîcheur à la scène pop rock française. Révélé sur scène l’an dernier, Gush sera ce week end l’une des attractions du festival Solidays. Une marche de plus dans l’ascension de ce quatuor formé il y a six ans et auteur d’un premier album tardif, Everybody’s God, en février dernier. Leurs atouts : l’énergie collective et, surtout, ces superbes harmonies vocales devenues leur signature. Une découverte.

Remarqués par beaucoup lors de leur prestation au dernier festival Rock en Seine, les Gush ("jaillissement" en anglais) n’ont pourtant rien de nouveaux venus. C’est même une histoire de famille, commencée dès l’adolescence pour Xavier (basse, claviers et voix) et Vincent Polycarpe (batterie, voix). Deux frères "amoureux des Beatles", dont ils reprennent l’essentiel du répertoire dans le salon des parents, à Versailles.

Le duo est très vite rejoint par leur cousin, Mathieu (guitare, claviers et voix) puis Yan (guitare, voix), dont le père officiait à la fin des années soixante-dix dans un groupe de pop française aujourd’hui oublié, Week-end Millionnaire. 

Outre leurs liens de sang, les quatre jeunes gens ont en commun d’avoir été "marqués à vie" par les harmonies vocales des Beatles ou de Crosby, Stills, Nash & Young : "Nous n’avons jamais arrêté de chanter à plusieurs depuis. C’est un énorme plaisir à chaque fois."

Dès lors, le quatuor s’est mis à enchaîner les concerts : "on jouait des reprises de Bob Marley, Marvin Gaye ou Otis Redding, dans toutes les conditions possibles, y compris le métro ou les bars PMU". L’expérience, rude, leur sert à parfaire ce qui fait aujourd’hui leur charme : ces voix unies, ce mélange de ferveur et de précision vocale que l’on croyait réservé aux groupes anglo-saxons.

Entre les débuts difficiles et la professionnalisation, les membres ont largement prêté leurs talents à d’autres artistes en parallèle à Gush : Emma Daumas, Izia, "une proche du groupe" (Vincent était son batteur), puis le chanteur Adanowsky, dont Gush a été le backing band au cours de sa dernière tournée.

Tout s’est donc accéléré l’année dernière, avec des premières parties prestigieuses (-M-,  Julien Doré) et l’enregistrement de ce premier disque, parfait reflet des progrès du groupe et de son évolution vers un panachage de styles : "Il y a quelques temps, notre son était beaucoup plus rock qu’aujourd’hui. On a intégré plus de soul et de folk à nos chansons".

L’album regorge en effet d’influences noires-américaines, de Let’s Burn Again (et ses claviers façon Stevie Wonder) au très gospel a capella final (Jealousy). L’efficace No Way montre, lui, le goût du quatuor (parfaitement anglophone par ailleurs) pour les mélodies pop sixties.

Que l’album s’aventure vers la folk, l’électro dancefloor ou le rock, un feeling propre au groupe se dégage, vibrant et extatique. "Nous avons surtout appris par nous-mêmes", s’expliquent les Gush. À nous de prendre une leçon.