Mara Tremblay, rien à cacher

Mara Tremblay © Marie Mello

À 40 ans, Mara Tremblay confirme la place de choix qu’elle occupe dans l’univers de la chanson québécoise. Avec son disque Tu m’intimides, la multi-intrumentiste mise avant tout sur l’authenticité. RFI Musique l’a rencontrée aux Francofolies de Montréal.

Lancée en 1999, la carrière solo de Mara Tremblay va de pair avec une remise au goût du jour des influences country au sein de la nouvelle chanson québécoise. Maîtrisant le violon depuis l’âge de cinq ans et dotée d’une voix nasillarde caractéristique, l’auteure-compositrice-interprète en a surpris plus d’un avec les chansons western réactualisées de son premier album Le chihuaha.

On la connaissait alors surtout en tant que bassiste et aussi pour son travail avec des groupes importants des années 1990 tels Les Colocs et Les Frères à Ch’val. Elle passait soudain à l’avant-scène et chantait ses propres textes. "À la sortie de mon premier disque, j’ai dû affronter tous les préjugés envers la country et ça m’a étonnée. J’ai grandi avec cette musique qui vient du cœur, mais je n’ai pourtant jamais eu l’impression de jouer de la country en tant que tel, raconte Mara. La vague des Cowboys Fringants a beaucoup démystifié la chose et je crois qu’il existe une nouvelle génération beaucoup plus ouverte musicalement qu’à mes débuts."

Récipiendaire du Prix Félix-Leclerc de la chanson en 2000, l’artiste a poursuivi avec les albums Papillons (2001) et Les nouvelles lunes (2005), a collaboré avec des musiciens de divers horizons (Vincent Vallières, Lhasa de Sela, Mononc’ Serge) avant de lancer l’an dernier Tu m’intimides, un disque moderne et épuré, qui renferme plusieurs balades aux sonorités pop aux arrangements tantôt seventies, tantôt ultra contemporains.

"Quand je prends ma guitare pour composer, le résultat est encore très folk country. Mais d’autres chansons comme Tu n’es pas libre ont été faites au piano. Le contact avec l’instrument change tout pour moi. La naissance d’une chanson, c’est toujours très magique." Les jolis textes de Mara, qu’elle met parfois en contexte lors de ses spectacles, sont avant tout sincères : ils racontent ouvertement l’amour, le désir, l’angoisse et le chemin vers une sérénité qui guide toute sa démarche artistique.

Son amour de la scène

Bien accueilli en janvier 2009, Tu m’intimides a donné lieu à une importante tournée qu’elle a toutefois dû interrompre en raison de problèmes de santé. Revenue sur les planches depuis l’hiver dernier, elle paraît plus en forme que jamais sur scène. "Le premier show que j’ai fait après avoir arrêté, a été l’un des plus enivrants de ma vie. Depuis ce temps, presque tous les shows le sont de plus en plus parce que j’essaie de ne pas oublier que tout ça est très fragile."

Même si elle adore les périodes de travail en studio avec son complice musicien Olivier Langevin, Mara ne cache pas son amour du spectacle: "Le bien-être sur scène est une ivresse qui n’a rien d’artificiel. Ça ressemble à une drogue, mais c’est bien réel et ça se passe parce qu’il y a de la musique, des gens, un échange. Je savoure mieux ces moments maintenant et j’élimine les barrières. Plus rien ne m’énerve, j’ai juste envie d’y aller." Ce sentiment, elle le communique bien à son public, qu’elle remercie toujours chaudement et avec une émotion tout à fait palpable.

 

Mara Tremblay Tu m'intimides (Audiogram) 2009
Mara Tremblay en tournée québécoise de juillet à septembre